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Les travaux des historiens, des archéologues, des anthropologues ont mis en évidence des structures communes aux différentes mythologies, ensembles d'histoires fabuleuses que leur fonction distingue d'autres genres narratifs appartenant au patrimoine culturel d'une même société.
On peut classer les mythes en fonction de ce qu'ils relatent. Les principaux mythes sont de types cosmogoniques (sur la création du monde) ou eschatologiques (sur la destruction du monde), et développent des thèmes liés à la naissance ou à la renaissance, à la civilisation (notamment en mettant en scène des héros dits civilisateurs ou culturels), ou encore à la fondation (d'une ville, d'un Empire).
Si, comme la fable, le mythe met en scène des animaux, des éléments, des plantes et des objets auxquels il confère des attributs humains, il ne vise pas d'abord à dégager d'une fiction un enseignement moral applicable à la vie quotidienne. Contrairement au conte, dont l'action – perçue comme entièrement imaginaire – se déroule en un temps indéterminé (« Il était une fois… »), le mythe est situé en un temps défini, mais par nature hors de l'histoire, puisqu'il va des origines du monde à une époque si reculée qu'aucune mémoire ne saurait plus en témoigner.
Le mythe se distingue par là de l'épopée et de la saga, qui, tout en comportant des éléments d'ordre fantastique ou mythique, retracent les exploits de héros qui ont pu exister à un moment précis, datable.
Essentiellement invérifiables, les faits les plus invraisemblables narrés par les mythes d'une même communauté sont cependant tenus pour vrais par l'ensemble de ses membres. Cette adhésion du groupe à sa mythologie fait donc de celle-ci une sorte d'histoire avant la lettre, histoire du cosmos explicitant aussi l'origine des savoirs et des institutions.
De fait, le mythe ne peut être perçu comme fiction que par une conscience extérieure à la culture qui l'a produit. Son caractère de vérité première ne s'estompe que lorsque des changements mettant en jeu la société tout entière rendent sa fonction caduque, ou lorsque deux théologies concurrentes, deux conceptions (religieuses) du monde s'affrontent.
C'est ainsi que, vers l'an 3000 avant J.-C., alors que les deux parties de l'Égypte tendaient vers l'unité et la stabilité, la théologie de Memphis intégra les divinités de la Haute et de la Basse-Égypte, modifiant parfois leurs attributs au sein d'un nouveau panthéon. Histoire et mythologie sont donc unies de manière indissociable par le lien qui les fait évoluer de concert.
Comme les fables, contes et épopées, l'ensemble des récits mythologiques a valeur d'enseignement et appartient au système de pensée qu'une société élabore pour transmettre ses connaissances et sa mémoire. Dans ce contexte, les mythes occupent une place privilégiée, car les fictions qu'ils mettent en œuvre s'attachent à éclairer des phénomènes en apparence inexplicables, et donc générateurs d'angoisse.
Les anciens Égyptiens croyaient, par exemple, qu'Atoum, le chat-Lumière – généralement représenté sous une forme humaine – tranchait chaque nuit la tête du serpent Apopis, qui menaçait la barque du Soleil pendant sa traversée du royaume souterrain. En garantissant l'alternance régulière du jour et de la nuit par un récit métaphorique, imagé, fondé sur le trajet visible du Soleil, ce mythe contribuait à dissiper la crainte d'éternelles ténèbres commune à tous les hommes.
On conçoit que de telles croyances aient engendré des rituels propres à obtenir les bonnes grâces de divinités protectrices, propres aussi, par des pratiques communes, à entretenir les liens qui unissent le groupe social.
À l'origine du culte, le mythe en propose parfois jusqu'à la forme. Par exemple, de nombreuses sociétés agraires ont, dans leur panthéon, des divinités liées à la végétation qui, démembrées et enterrées, donnent naissance à l'aliment de base du groupe. Le plus souvent, ces mythes engendrent, en même temps qu'ils les valident, des rites, des pratiques sacrificielles reproduisant l'aventure de la divinité. En le réitérant, le rituel renforce le mythe, qui, lui-même, justifie une conduite « ancestrale » par une explication d'ordre symbolique : comme le dieu, la plante alimentaire doit mourir pour renaître sous une nouvelle forme, être coupée ou arrachée, puis enterrée afin de susciter une nouvelle récolte.
Cette fonction de validation apparaît encore dans les mythes touchant à l'origine du pouvoir. Dans l'ancienne Mésopotamie, l'année nouvelle était rituellement célébrée par la lecture de l'Enouma Elish, une épopée qui relatait la création du monde et son évolution, de l'état d'anarchie première à l'avènement de l'ordre incarné par le dieu Mardouk. Dans l'Égypte ancienne, la théologie de Memphis identifiait le pharaon au dieu Horus, fils d'Isis et d'Osiris et vainqueur de Seth, symbole d'anarchie et de désordre. En valorisant l'origine divine de l'ordre politique représenté par le souverain, le mythe renforce le pouvoir de ce dernier, le rend incontestable. De la même manière, certaines mythologies justifient des inégalités sociales ou raciales (le système des castes en Inde, par exemple).
La mythologie peut ainsi se définir comme un système permettant d'organiser le monde en proposant, à travers des récits symboliques, des réponses aux questions concernant les origines. À leur tour, ces réponses engendrent des rituels et des hiérarchies, qui structurent la société, ainsi que des catégories et des oppositions (jour/nuit, bien/mal, création/destruction, fécondant/fécondé, etc.) qui structurent la pensée. La mythologie est donc à la fois instrument de connaissance et de cohésion sociale.
Voir l'article spécialisé mythologie grecque.
Voir l'article spécialisé mythologie romaine.
Voir l'article spécialisé mythologie égyptienne.
Voir l'article spécialisé mythologie mésopotamienne.
Voir l'article spécialisé mythologie indienne.
Voir l'article spécialisé mythologies précolombiennes.
Voir l'article spécialisé mythologies nordiques.
Voir l'article spécialisé mythologie celtique.
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