Cet article fait partie du DOSSIER consacré à la Rome antique.
La mythologie romaine emprunta au fil des siècles des conceptions religieuses et culturelles aux pays du Bassin méditerranéen, en premier lieu à la Grèce, ainsi qu'à l'Égypte, la Phrygie (ancienne région occidentale de l'Asie mineure) ou la Syrie. Mais elle ne présente pas la richesse intellectuelle et poétique de la mythologie grecque.
Même si les Romains sont un peuple profondément religieux, leurs dieux sont avant tout des dieux utiles, desquels ils attendent action et efficacité. On célébrait ainsi Fons, dieu des sources, Flore, déesse des arbres, Pomone, qui veille sur les fruits, ou encore Fidès, personnification de la parole donnée. À Rome, sous l'Empire, on célébrait encore Faunus, un très ancien dieu, protecteur des troupeaux et des bergers, ou Terminus, gardien des bornes des champs.
Les dieux les plus vénérés étaient les protecteurs de la maison et de la famille, les lares, esprits des ancêtres, et les pénates, gardiens du foyer, à qui chaque habitation réservait une place.
Un grand nombre de fêtes et de sacrifices étaient dédiés durant l'année à toutes ces divinités.
Il existait cependant quelques fortes personnalités, comme Saturne, un très ancien dieu italique identifié tardivement à Cronos, qui passait pour avoir fui de Grèce après que Zeus l'eut détrôné. S'installant sur le Capitole à l'époque de l'âge d'or, où tous les humains vivaient dans le bonheur et ne connaissaient pas la guerre, il leur enseigna la culture de la terre.
Janus passait aussi pour l'un des plus anciens dieux romains. Doté de deux visages, l'un regardant devant, l'autre derrière, c'était le dieu des passages, des commencements, le gardien des portes. La légende rapporte que celles de son temple étaient toujours ouvertes en temps de guerre pour lui permettre de secourir les habitants de Rome.
Enfin, selon l'historien français des religions Georges Dumézil, le dieu guerrier Quirinus, originaire du pays des anciens Sabins (Italie centrale), aurait été anciennement le protecteur des agriculteurs. Associé à Jupiter et à Mars, il constituerait la triade primitive de la mythologie romaine.
Les mythes grecs et romains, après avoir été au cœur des œuvres des poètes antiques, ont traversé le temps, inspirant peintres, écrivains, musiciens et cinéastes. Ils se sont imposés aussi dans la langue : un dédale, une chimère ou la corne d'abondance, par exemple, puisent leur origine dans la mythologie. « Naître de la cuisse de Jupiter », « le complexe d'Œdipe », « le mythe de Sisyphe » : certaines des expressions modernes évoquent ainsi des personnages presque familiers, derniers avatars des dieux et des héros antiques.