Consulter aussi dans le dictionnaire : consulat

Au lendemain de la révolution de 509 avant J.-C., Rome remplace le roi par un magistrat, le préteur, dont la fonction annuelle est bientôt dédoublée. Au milieu du Ve s. avant J.-C., ces deux préteurs prennent le nom de consuls (ceux qui « siègent ensemble »). Pour éviter que des plébéiens n'accèdent à cette magistrature, les patriciens la font supprimer en 445 avant J.-C. C'est seulement en 366 (lois liciniennes) que le consulat reparaît, partagé entre un plébéien et un patricien ; la réélection au consulat n'est autorisée qu'au bout de 10 ans (172), puis elle est strictement interdite (151).
À l'apogée de la République romaine, au IIe s. avant J.-C., le consulat est la principale magistrature curule ordinaire, disposant de l'imperium complet (droit de commandement et de mort, symbolisé par le droit d'être précédé de licteurs) et du jus auspiciorum majorum (droit de prendre les auspices où que se trouve le consul). Le consulat est au sommet de la carrière politique définie par le cursus honorum ; l'âge requis est d'abord de 33 ans, minimum porté très vite à 37, puis à 43 ans. Les deux consuls sont élus par les comices centuriates. Ils sont ensuite revêtus de l'imperium par une lex de imperio votée par les comices curiates. Leur entrée en charge a lieu le 1er mars (avant 153 avant J.-C.), puis le 1er janvier (à partir de 153 avant J.-C.). Ils sont, pendant un an, les véritables chefs de l'État romain ; ils donnent leurs noms à l'année durant laquelle ils exercent leurs fonctions. Ils sont chargés d'exécuter les décisions du sénat et du peuple ; ils convoquent et président le sénat, les comices curiates et les comices centuriates. Ils sont les chefs de l'armée, qu'ils lèvent et qu'ils commandent au combat. De plus, ils exercent l'intérim des censeurs pendant l'intervalle qui s'écoule entre deux mandats censoraux, c'est-à-dire pendant trois ans et demi sur cinq. À ce titre, ils sont les maîtres des deniers publics en mettant en adjudication la ferme des impôts, les fournitures et les travaux publics. Leur pouvoir connaît des limites : le veto tribunicien ou l'intercessio (droit d'opposition) d'un consul vis-à-vis de son collègue, interdiction de réélection, collégialité (même sans intercessio) et non-disposition des clés de l'Aerarium (trésor public). La charge de consul est en principe gratuite et le recrutement se fait presque exclusivement parmi le patriciat et les riches familles plébéiennes. Enfin, en cas de menace majeure pour l'État et d'insuffisance des consuls, le sénat donne l'ordre à l'un d'entre eux de nommer pour six mois un dictateur. À leur sortie de charge, les anciens consuls (consulares) sont inscrits de droit sur la liste du sénat. C'est parmi les anciens consuls que se recrutent les censeurs.
Le consulat se dégrade dès la fin du IIe s. avant J.-C. : Marius se fera réélire consul plusieurs années de suite (105-100 avant J.-C.), et Sulla enlèvera aux consuls leurs pouvoirs militaires. À l'époque impériale, désignés en fait par l'empereur, les consuls perdent leurs hautes fonctions civiles et judiciaires au profit des agents impériaux. L'empereur fait désigner consuls ceux qu'il veut honorer et remplace les consuls ordinaires au bout de deux, quatre ou six mois. Au IVe s. après J.-C., certaines fonctions entraînent automatiquement l'inscription sur la liste consulaire, et une caste consulaire héréditaire est créée. Finalement, il n'existera plus qu'un consulat honoraire.