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sénilité ou vieillissement pathologique

Domenico Ghirlandaio, Portrait d'un vieillard et de son petit-fils
Domenico Ghirlandaio, Portrait d'un vieillard et de son petit-fils

Cet article est extrait de l'ouvrage « Larousse Médical ».

Détérioration pathologique des facultés physiques et psychiques d'une personne âgée.

Le terme de sénilité est employé dans le langage courant pour décrire, chez une personne âgée, une atteinte simultanée des facultés physiques et psychiques (→ vieillesse).

1. Les causes et les symptômes d'une sénilité

La sénilité est la résultante de pathologies chroniques invalidantes dont l'incidence croît avec l'âge.

• Les affections psychiatriques les plus fréquentes sont la dépression (dont la mélancolie délirante pseudo-démentielle est la forme majeure) et les délires.

• Les cancers touchent le plus souvent le côlon, le rectum, l'estomac, le sein, la prostate, la vessie et la peau.

• Les maladies dégénératives affectent surtout le cerveau (maladie d'Alzheimer, maladie de Parkinson, → dégénérescence du système nerveux) ainsi que les os et les articulations (arthrose, ostéoporose [raréfaction du tissu osseux]).

• Les maladies vasculaires les plus fréquentes sont l'insuffisance coronarienne, l'infarctus du myocarde, l'artériopathie des membres inférieurs, l'insuffisance cardiaque, les troubles du rythme cardiaque (→ arythmie cardiaque), les accidents vasculaires cérébraux et les démences vasculaires.

• Les troubles sensoriels visuels sont essentiellement la cataracte, le glaucome chronique et la dégénérescence de la macula (petite zone située au centre de la rétine et où l'acuité visuelle est maximale).

• Les troubles sphinctériens sont l'incontinence urinaire et fécale.

2. Le diagnostic d'une sénilité

L'interrogatoire du sujet et de ses proches permet de préciser la nature des troubles, la façon dont ils ont débuté (brutalement ou non) et la durée de leur évolution. Une liste exhaustive des médicaments retrouvés chez la personne âgée (et non pas seulement de ceux prescrits sur ordonnances) doit être établie : les pathologies dues à la prise excessive de certains médicaments sont fréquentes. Une évaluation des conditions de vie du sujet est indispensable : logement insalubre, déménagement récent, rupture des aides habituelles ou modification de l'environnement familial (décès du conjoint), etc.

L'examen clinique doit être minutieux et complet, surtout sur les plans cardiovasculaire, neurologique, urologique et digestif. Une évaluation du fonctionnement cérébral est nécessaire, à l'aide de tests simples, réalisables en consultation, étudiant la mémoire immédiate du sujet, sa mémoire à court terme, ses mécanismes opératoires, sa capacité à reproduire une figure géométrique, etc. Au besoin, on la complète par une évaluation neuropsychologique spécialisée. Cet examen consiste en une batterie de tests permettant une analyse qualitative et quantitative des différentes fonctions cérébrales (mémoire immédiate, mémoire autobiographique, capacités d'analyse, de synthèse et de classification, exploration visiospatiale, etc.). Il doit être systématique lorsque le sujet se plaint de troubles de la mémoire, est désorienté dans l'espace ou dans le temps ou encore lorsqu'il présente un syndrome dépressif ou d'autres troubles psychiatriques : délire de persécution, troubles du comportement, etc. Le choix des examens complémentaires dépend des hypothèses diagnostiques.

3. La prévention de la sénilité

L'ensemble des progrès thérapeutiques et la mise en place de campagnes de sensibilisation du public devraient permettre d'abaisser encore le nombre de sujets atteints de maladies responsables de sénilité dans les prochaines décennies.

Un certain nombre de facteurs de risque de ces maladies sont bien connus : hypertension artérielle, surpoids, tabagisme, anomalies métaboliques majeures (diabète, hypercholestérolémie), stress, etc. La diminution de l'incidence des accidents vasculaires cérébraux et des démences vasculaires durant les vingt dernières années peut ainsi s'expliquer en grande partie par la maîtrise de ces facteurs.

En outre, une surveillance médicale régulière permet de dépister plus tôt et donc de traiter plus efficacement certaines affections dont la fréquence augmente avec l'âge. Ainsi, le traitement de l'hypertension artérielle permet de diminuer l'incidence des accidents vasculaires cérébraux, des infarctus du myocarde, des insuffisances cardiaques, de la même façon que le traitement hormonal de la ménopause permet de diminuer l'incidence des fractures du col du fémur.

Voir : vieillesse, syndrome de vieillissement précoce.