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Jeanne Seymour

les Holbein

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les Holbein

Famille de peintres, dessinateurs et graveurs allemands.

Les plus importants sont :  Hans l'Ancien ou le Vieux (Augsbourg vers 1465-Issenheim vers 1524) et son fils, Hans le Jeune (Augsbourg 1497 ou 1498-Londres 1543).

HANS HOLBEIN L'ANCIEN

Proche du style gothique tardif et influencé par l'art flamand, Holbein l'Ancien est l'auteur de retables et de portraits. Il a créé un art original, caractérisé par l'hiératisme des figures, l'expression intense des visages et une palette à base de gris rehaussés de couleurs vives (Scènes de la vie de la Vierge, cathédrale d'Augsbourg).

HANS HOLBEIN LE JEUNE

Hans Holbein le Jeune fut l'un des plus grands portraitistes de tous les temps. Son art, qui domina l'histoire de la peinture anglaise dans la première moitié du XVIe s., offre une synthèse unique de multiples influences.

Le choix de Bâle

Après s'être formé au métier de peintre auprès de son père, Hans Holbein le Jeune arrive à Bâle vers 1515. Introduit dans les cercles humanistes, il se lie d'amitié avec Érasme, dont il illustre un exemplaire de l'Éloge de la folie et dont il fera plusieurs portraits (Louvre, musée de Bâle). Outre les œuvres de commande qui sortent de son atelier (parmi lesquelles de nombreux portraits), il exécute des peintures religieuses : Christ mort (1521, Bâle) ; Scènes de la Passion (vers 1526, ibid.) ; la Vierge et l'Enfant avec la famille du bourgmestre Meyer (vers 1528, Darmstadt), qui est son œuvre maîtresse. Lors d'un séjour en France en 1524, il a fait la découverte de Léonard de Vinci, dont il retient les leçons. De cette première époque bâloise datent aussi trois planches de la célèbre Danse des morts, qui en comportera au total quarante et une (imprimées à Lyon en 1538).

   Sans doute sur les conseils d'Érasme, Holbein fuit la Réforme et, en 1526-1528, s'exile à Londres, où sa renommée de portraitiste s'étend rapidement (Sir Thomas More, 1527, Frick Collection, New York ; Nicolas Kratzer ([astronome du roi d'Angleterre Henri VIII], 1528, Louvre). Revenu à Bâle, Holbein se limite au portrait (Famille de l'artiste, 1528-1529, Bâle), à la peinture de façades (maison Zum Kaiserstuhl) et à la gravure sur bois (94 illustrations de l'Ancien Testament). Un décret du conseil de la ville ayant interdit toute peinture religieuse, Holbein décide de repartir pour l'Angleterre en 1532.

Le choix de Londres

À Londres, Holbein déploie son activité de portraitiste, en prenant pour modèles de hauts personnages de la Ligue hanséatique, qui lui passent aussi commande d'œuvres décoratives, telles que l'Arc de triomphe pour le couronnement d'Anne Boleyn ou le Triomphe de la Richesse et le Triomphe de la Pauvreté (1533, dessin et gravure au Louvre). Entré au service du roi Henri VIII lui-même, en 1536, Holbein se consacre aussi bien à l'art de la miniature qu'à l'étude de pièces de joaillerie, tout en exerçant ses fonctions de portraitiste attitré de la cour : les Ambassadeurs (1533, National Gallery, Londres), Anne de Clèves (1539, Louvre), Édouard, prince de Galles (id., National Gallery of Art, Washington), Henri VIII (1540, galerie nationale d'Art ancien [palais Barberini], Rome). De nombreux tableaux ne sont connus que par les dessins préparatoires qu'abritent les collections royales du château de Windsor. Dans plusieurs d'entre eux, on décèle l'influence du maniérisme, introduit à la cour d'Angleterre par des peintres italiens.

   Envoyé en mission en Bourgogne en 1538, Holbein fait un détour par Lyon et par Bâle, où le conseil de la ville cherche à le retenir en lui offrant d'avantageuses conditions, mais il ne s'y réinstalle pas. En 1541, il se trouve de nouveau à Londres, où sa dernière œuvre connue est le dessin d'une pendule destinée à Henri VIII (1543). Le 29 novembre 1543, l'épidémie de peste emporte un artiste qui est au faîte de sa gloire.

L'ami des humanistes

C'est au contact d'Érasme que Holbein le Jeune se pénétra de l'humanisme. Il s'honorait de l'intérêt que le grand homme portait à sa peinture et de l'amitié qu'il lui témoignait. À une époque où la réputation de Holbein avait eu à souffrir d'une illustration licencieuse faite en marge de l'Éloge de la folie, il eut beau jeu de se prévaloir de la confiance que lui témoignait l'auteur de cet ouvrage pour faire taire ses détracteurs. C'est aussi sur la recommandation d'Érasme qu'il fut introduit, en Angleterre, auprès de Thomas More, autre figure éminente de l'humanisme.

   Holbein transcrivit l'esprit humaniste dans ses peintures religieuses, qui baignent dans une forme de doute rationaliste, et plus encore dans ses portraits, qui trahissent une recherche constante et inquiète de la signification profonde de l'être derrière l'apparence. L'arrivée à la cour d'Henri VIII, en 1540, de nombreux artistes flamands étouffa son influence sur les générations postérieures.

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