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Actes d'union

Nom porté par deux lois qui établirent, la première, l'union de l'Angleterre et de l'Écosse (1707), formant le royaume de Grande-Bretagne, la seconde l'union de la Grande-Bretagne et de l'Irlande (1800), formant le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande.

1. L'union avec l'Écosse

En 1603, la mort d'Élisabeth Ire marque la fin de la dynastie Tudor et provoque une crise dynastique. C'est son cousin le roi d'Écosse, Jacques VI Stuart, anglican, qui accède au trône d'Angleterre, sous le nom de Jacques I er d'Angleterre, et qui instaure une union à titre personnel entre les deux royaumes. Cependant, malgré cette union, la rivalité religieuse et économique qui oppose les deux États demeure très vive : l'Angleterre pratique une politique religieuse absolutiste, que réprouvent les bourgeois puritains.

Ainsi, Jacques Ier et son successeur Charles Ier vont réunir dans une même opposition leurs sujets anglais et écossais. Après la révolte écossaise de 1638 et la tentative de Charles Ier de prendre le contrôle du Parlement de Londres, celui-ci s'allie aux Écossais (1643) alors que la première révolution ravage les deux royaumes (1642-1649). Les adversaires du roi (parlementaires, puritains, presbytériens écossais, commerçants) se regroupent autour du chef des puritains Cromwell qui défait l'armée royale à Naseby (1645) et instaure la république d'Angleterre. Mais l'exécution du roi Charles Ier (1649) réveille le loyalisme dynastique des Écossais, qui reconnaissent roi son fils, Charles II. Mais les victoires de Cromwell à Dunbar (1650) et à Worcester (1651) assurent pour dix ans la soumission de l'Écosse à l'Angleterre.

En 1660, le rétablissement de la dynastie des Stuarts réinstaure l'union à titre personnel. Celle-ci survit à la seconde révolution de 1688 qui amène sur le trône Marie II Stuart, fille d'un premier mariage de Jacques II, et Guillaume d'Orange, mais se trouve bientôt menacée par la proclamation de l'Acte d'établissement (1701) qui désigne la dynastie protestante des Hanovre pour succéder aux Stuarts et stipule que les prétendants au trône doivent obligatoirement adhérer à la communion de l'Église d'Angleterre. En effet, devant le mécontentement des Écossais de voir des Hanovre sur le trône des deux royaumes, les tenants de l'unité pouvaient craindre une restauration des Stuarts en Écosse. L'urgence d'une solution pousse alors le gouvernement anglais à voter une loi en 1705, permettant l'union de l'Écosse et de l'Angleterre, loi assortie de menaces économiques en cas de refus des Écossais.

L'Acte d'union fut voté à une très faible majorité par le Parlement d'Édimbourg, en 1707. Les Écossais obtinrent l'entière égalité économique, le droit à 45 députés et à 16 pairs, une fiscalité relativement réduite, le maintien de leurs lois particulières, la liberté de leur Église presbytérienne. En échange, ils consentirent à souscrire à l'Acte d'établissement. L'Angleterre obtint ainsi la pleine sécurité de ses frontières et la garantie qu'un changement de dynastie ne remettrait pas en question l'union de la Grande-Bretagne ; quant à l'Écosse, elle put participer à une économie en pleine expansion.

Pour en savoir plus, voir l'article Histoire de la Grande-Bretagne.

2. L'union avec l'Irlande

Le réveil irlandais se manifeste alors que la Grande-Bretagne est engagée dans une guerre difficile avec la France. Grâce à l'action de jeunes protestants, parmi lesquels figure l'avocat Henry Grattan, organisateur des Irish Volunteers, la Grande-Bretagne consent aux Irlandais quelques réformes (liberté du commerce, autonomie législative) qui leur permettent de sortir quelque peu de l'état colonial où ils se trouvaient.

En 1791, Wolfe Tone fonde le parti des Irlandais-Unis, qui regroupe protestants et catholiques dans un même combat. Le gouvernement britannique prend alors quelques mesures en faveur des catholiques Relief Act qui mécontentent les protestants irlandais intransigeants.

En 1794, la société des Irlandais-Unis est dissoute et Tone passe à l'action directe. Plusieurs insurrections éclatent entre 1796 et 1798 qui incitent Pitt à entreprendre l'union de l'Irlande et de la Grande-Bretagne. Dans cette période difficile pour l'Angleterre, cette union devait en effet permettre de substituer les intérêts particuliers des Irlandais à l'intérêt supérieur du Royaume-Uni.

La loi fut votée par le Parlement irlandais en 1800 mais le roi George III refusa d'accorder l'émancipation des catholiques promise par Pitt, qui démissionna (1801). L'Acte d'union ne satisfit jamais les Irlandais, qui continuèrent la lutte. Il fut abrogé en 1920.

Pour en savoir plus, voir l'article Histoire de l'Irlande.