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exode rural

Migration des habitants des zones rurales, et principalement de la population agricole, vers les zones urbaines.

Exode, au sens strict, signifie un départ en masse, par référence à l'exode des Hébreux hors d'Égypte. Sous cette appellation dramatique, lancée par les défenseurs des valeurs traditionnelles au siècle dernier, on désigne le plus souvent la migration des ruraux vers les villes, dès lors que celle-ci est relativement importante et continue.

Situation dans les pays développés

L'exode rural ainsi entendu est essentiellement un phénomène du passé dans les pays développés. La migration des campagnes vers les centres urbains a commencé à prendre un caractère assez massif en Angleterre au début du xixe s., au moment de l'industrialisation ; l'effectif de la population urbaine y a dépassé celui de la population rurale dès le milieu du xixe s. Avec un certain retard, le reste de l'Europe de l'Ouest et l'Amérique du Nord ont connu la même évolution mais les citadins y sont devenus plus nombreux que les ruraux à la veille de la Première Guerre mondiale seulement. Le décalage dans le temps a été plus net encore dans l'Europe du Sud, au Japon et surtout dans l'Europe de l'Est. Partout, dans ces pays développés, la migration vers les villes a été une facette de la révolution industrielle. En modifiant le système productif, celle-ci a provoqué une intense redistribution de la population au détriment des campagnes et au profit des centres urbains.

Après la Seconde Guerre mondiale, le phénomène a connu un ralentissement progressif en dépit d'un vif mouvement d'urbanisation, car les réserves de main-d'œuvre commençaient à s'épuiser en milieu rural et parce que nombre de ménages pouvaient aller quotidiennement travailler à la ville tout en résidant en milieu rural.

Dans le cas de la France, le terme d'exode est particulièrement excessif dans la mesure où les flux campagnes-villes n'ont jamais été intenses. À l'époque de son maximum, entre 1872 et 1931, le flux net annuel a été en moyenne de 125 000 personnes, soit à peu près 5 départs annuels pour 1 000 habitants. Seules quelques régions de montagne comme le sud du Massif central et les Alpes du Sud ont connu un véritable dépeuplement.

Aujourd'hui, en France comme dans l'ensemble des pays développés, les migrations rurales vers les villes sont faibles. Elles se poursuivent, mais elles sont compensées par des mouvements en sens inverse du fait de l'étalement des zones périurbaines. Dans la plupart des pays, il y a quasi-équilibre entre ces mouvements.

Le cas des pays en développement

De nos jours, les migrations massives de ruraux vers les villes concernent avant tout les pays en voie de développement.

Le phénomène présente une indéniable analogie, dans ses causes et ses conséquences, avec celui qui s'est produit en Europe occidentale au siècle dernier mais, en raison de la force de la croissance démographique, il a beaucoup plus d'ampleur. Il n'est pas rare, en effet, qu'il y ait 20 ou 30 départs pour 1 000 habitants chaque année, voire plus. Pour l'ensemble des pays en voie de développement, on peut estimer que le flux net en direction des villes est de 18 à 20 millions de personnes chaque année. En Inde, c'est le cas pour près de 3 millions de personnes.

Tous ces ruraux viennent grossir la population des villes. L'exode rural représente souvent la moitié de la croissance urbaine totale. Dans de nombreux pays, les centres urbains augmentent au rythme de 4,5 à 6 % par an ; dans certains cas exceptionnels c'est même 8 à 10 %.

Comme dans l'Europe du siècle dernier, l'ampleur du phénomène varie beaucoup d'un pays à l'autre, selon la vitesse de la croissance démographique et de la croissance économique. L'exode rural a été très fort en Amérique latine dès l'entre-deux-guerres ; ce fut le cas en Asie orientale, en Asie du Sud et dans le monde arabe dans les années 1960 et 1970 ; c'est aujourd'hui le cas pour l'Afrique noire.

Il existe une autre différence importante avec l'Europe du siècle dernier : en dépit de leur importance, les flux dirigés vers les villes n'ont pas entraîné le dépeuplement des campagnes. Ils ont seulement ralenti la progression de la population rurale ou, au mieux, ils l'ont stabilisée.

Les causes de l'exode rural

Qu'il s'agisse du siècle dernier ou du présent, les analogies sont grandes en ce qui concerne les causes du phénomène.

Elles sont fondamentalement économiques. C'est moins la misère des ruraux qui est à l'origine des mouvements que la différence des niveaux de vie entre la campagne et la ville. Lors du processus de développement, les activités secondaires et tertiaires des villes ont des besoins accrus de main-d'œuvre, alors que les activités rurales ont une main-d'œuvre en surnombre compte tenu de l'évolution des techniques agricoles et, parfois, de la ruine de l'artisanat rural. Même si le niveau de vie est faible, les perspectives d'emploi sont meilleures en ville.

Les structures agraires jouent parfois un certain rôle dans la mesure où elles peuvent inciter les ruraux à partir, notamment quand il y a une forte proportion de paysans sans terre.

Des éléments psychologiques interviennent aussi. La comparaison entre campagnes et villes ne se fait pas seulement en termes de niveau de vie, mais aussi de modes de vie et de services offerts, notamment en matière de santé et d'éducation. À ce point de vue, il est indéniable que l'avantage est partout en faveur des villes.