Président du Conseil à partir du 16 juin 1940, Pétain s'installe à Vichy après l'armistice ; ayant obtenu de l'Assemblée nationale (à l'exception de 80 parlementaires) les pleins pouvoirs, il entreprend, par une série d'actes constitutionnels, d'établir un ordre nouveau. Chef de l'État français qui succède ainsi à la IIIe République (juillet 1940), il proclame la nécessité d'une Révolution nationale fondée sur le triptyque « travail, famille, patrie ».
Influencé par l'idéologie maurrassienne, le régime prône le retour aux traditions nationales, renoue avec le cléricalisme, défend une ligne antisémite et xénophobe, tout en s'efforçant d'organiser la société sur une base corporatiste. Hostile à la démocratie et au parlementarisme, il supprime Chambres, partis et syndicats, suspend les grandes libertés et censure la presse, ce qui l'apparente à un régime autoritaire mais non fasciste, Philippe Pétain refusant notamment la création d'un parti unique.
Présidé par Laval (de juillet à décembre 1940 et d'avril 1942 à août 1944) et par l'amiral Darlan (de février 1941 à avril 1942), le gouvernement de Vichy restreint les libertés publiques, institue des juridictions exceptionnelles (procès de Riom) et impose aux Juifs un statut discriminatoire. Sur le plan économique, le gouvernement met en place une économie dirigée (comités d'organisation, Office central de la répartition des produits industriels) qui vise à répartir la pénurie, moderniser la structure industrielle et adapter le système productif français aux exigences allemandes. Il prône par ailleurs un retour à la terre qui fera peu d'adeptes. Sur le plan social, il bâtit un édifice corporatif (Charte du travail, 1941) censé se substituer aux syndicats interdits mais dont la réalisation n'aboutira pas.
Tant pour pérenniser le régime que pour maintenir les droits de la France dans l'Europe nouvelle, Vichy collabore avec l'occupant. Proclamée à Montoire lors de l'entrevue entre Pétain et Hitler (octobre 1940), cette politique s'amplifie au fil du temps. Vichy aide militairement l'Allemagne en lui fournissant des facilités aéroportuaires (1941) et en la laissant débarquer des renforts en Afrique du Nord après le débarquement allié (novembre 1942). Il coopère avec les nazis pour la traque des Juifs (rafle du Vel'd'hiv) et des résistants (développement des persécutions contre les Juifs, 1942 ; création de la Milice, 1943). Il l'aide économiquement, en laissant l'Allemagne prélever matières premières, produits industriels et travailleurs (Service du travail obligatoire, 1943). Après le débarquement en Afrique du Nord, les Allemands – qui ont imposé le retour de Laval (avril 1942) –, envahissent la zone libre et contrôlent totalement un régime à leurs ordres. En août 1944, ils contraignent Laval et Pétain à gagner Belfort puis Sigmaringen. Dans le même temps, le Gouvernement provisoire de la République française, présidé par de Gaulle, a succédé à Paris au gouvernement de Vichy.
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