Parti politique français formé en 1984 par le regroupement de plusieurs mouvements sur le modèle des Verts allemands (Die Grünen).
Les Verts sont en quelque sorte les enfants de mai 1968 et du Club de Rome. Ce dernier, en 1972, publie un rapport significativement appelé « Halte à la croissance », d'inspiration malthusienne, qui dénonce vigoureusement le gaspillage des ressources naturelles par les sociétés industrielles. Les premiers mouvements écologiques naissent à cette époque. Ils sont multiples, divers, généralement liés à des luttes précises : contre l'implantation de centrales nucléaires militaires (Larzac) ou civiles (Plogoff). Ce foisonnement, associé à un rejet des appareils des partis, explique le « spontanéisme » qui va longtemps caractériser l'écologie politique en France, comme le « ni droite ni gauche » prôné par de nombreux militants et certains dirigeants.
Le parti Les Verts naît officiellement le 29 janvier 1984 à Clichy, lors du Congrès qui unifie les deux formations intéressées par l'écologie politique (Confédération et Parti écologistes). L'histoire du parti des Verts, marquée par d'interminables débats internes et de nombreuses querelles de personnes, est jalonnée d'événements significatifs : l'échec relatif de la liste Europe-Écologie, conduite par Solange Fernex aux élections européennes de 1979, qui prélude à un déclin de plusieurs années ; le choc provoqué en avril 1986 par l'accident de la centrale nucléaire soviétique de Tchernobyl, qui donne une véritable audience aux Verts ; le redressement de 1989 avec 1 400 élus aux municipales et 10,6 % aux européennes pour la liste d'union conduite par Antoine Waechter ; la concurrence, au cours des années 1980, entre Les Verts et Génération Écologie, dont le leader, Brice Lalonde, va accepter de participer aux gouvernements de Michel Rocard et d'Édith Cresson ; enfin, l'élection de Marie-Christine Blandin à la présidence de la Région Nord-Pas-de-Calais en 1992 grâce à une alliance avec les socialistes et les communistes, ce qui anticipe sur l'évolution du parti.
En effet, sous l'impulsion de Dominique Voynet, Les Verts adoptent en 1995 une motion qui prévoit une alliance électorale avec les partis de gauche. La jeune leader entre au gouvernement de « gauche plurielle » de Lionel Jospin en 1997, démarche qui est approuvée par l'électorat vert, puisque la liste conduite par Daniel Cohn-Bendit obtient 9,7 % des voix aux élections européennes de 1999, devançant le parti communiste. Cette situation est confirmée par la présidentielle de 2002 : malgré un changement in extremis et déroutant de candidat, Les Verts emmenés par Noël Mammère recueillent 5,25 % des suffrages, qui en font le second parti de gouvernement de la gauche. Ayant recueilli 4,44 % des suffrages exprimés au premier tour des élections législatives du 9 juin, ils parviennent à maintenir 3 députés à l'Assemblée, mais leur secrétaire nationale, D. Voynet, est sévèrement battue. Sous la conduite de Gilles Lemaire à partir de janvier 2003, Les Verts augmentent légèrement leur nombre d'élus lors des régionales de mars 2004 ; ils voient, en revanche, leur score s'effriter aux européennes du 13 juin, à l'issue desquelles ils obtiennent 7,2 % des suffrages et 6 députés. À Yann Wehrling, élu secrétaire général du parti en janvier 2005, succède, en décembre 2006, Cécile Duflot. Désignée péniblement candidate des Verts à l'élection présidentielle de 2007 à l'issue d'un imbroglio interne dommageable, encore une fois, à l'image du parti et à la crédibilité politique de ses leaders, D. Voynet ne parvient à réunir que 1,57 % des suffrages. Contre toute attente, Les Verts réussissent à faire élire leurs 3 députés sortants pourtant en difficulté au premier tour des législatives de juin 2007, ainsi qu'un quatrième représentant. Ces derniers rejoignent les communistes pour former un groupe parlementaire.
À l'issue de leur congrès national (décembre 2008), qui réélit Cécile Duflot au poste de secrétaire national, Les Verts affichent leur unité. La motion intitulée « L'alternative écologiste », résultant de la fusion de 4 des 6 textes soumis au vote des militants en novembre 2008 prône une « décroissance sélective équitable et solidaire » et annonce la participation active des Verts au regroupement des écologistes aux élections européennes de juin 2009. Bénéficiant des talents de rassembleur de D. Cohn-Bendit qui réussit à réunir Les Verts et leurs concurrents environnementalistes, ainsi que de la mauvaise image dont pâtit le parti socialiste (PS), Les Verts obtiennent, grâce à leur alliance au sein d'Europe Écologie, 16,28 % des voix (14 élus, contre 6 auparavant), leur meilleur score. Ils parviennent à asseoir cette recomposition ainsi que le succès électoral qui s'en est suivi dans la durée puisqu'au premier tour du scrutin régional de mars 2010 leurs listes atteignent 12,5 % des suffrages. L'union réalisée presque partout avec le PS et ses alliés permet au mouvement de bénéficier de la poussée de la gauche et d'accroître très sensiblement le nombre de ses représentants au sein des conseils territoriaux. La concrétisation de l'ancrage des Verts dans le pays rebat les cartes au sein de l'opposition, faisant de ceux-ci, et non plus du MoDem, les principaux associés putatifs des socialistes. Leur recentrage, dénoncé par la députée de Paris, Martine Billard, qui rejoint en juillet 2009 le parti de Gauche, semble à l'inverse susceptible de séduire d'anciens soutiens de François Bayrou, à l'instar de Corinne Lepage et de son mouvement Cap 21.
Le 13 novembre 2010, lors d'assises nationales à Lyon, Europe Écologie fusionne avec Les Verts pour donner naissance à un nouveau mouvement : Europe Écologie - Les Verts, présidé par Cécile Duflot. Avec 15 000 adhérents annoncés, cette force vise à fédérer l'ensemble des familles de l'écologie politique.
Pour en savoir plus, voir les articles Bündnis 90/Die Grünen, écologie, histoire de la France.