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Hezbollah

(en arabe ḥizb Allāh, parti de Dieu)

Milice et parti politique chiites libanais fondés en 1982 avec l'aide de l'Iran.

Créé sous l'impulsion de l'ambassadeur d'Iran à Damas, Ali Akbar Mohtachémi, un des chefs de file des radicaux iraniens, et de cheikh Muhammad Fadlallah, disciple de l'ayatollah Khomeyni, le Hezbollah est issu d'une scission de la milice chiite Amal. Il est étroitement lié aux Pasdarans (Gardiens de la révolution) et prône l'instauration d'une République islamique sur le modèle khomeyniste. Opposé à l'invasion du Liban par Israël en juin 1982, il mobilise des combattants dans les régions à forte densité chiite (le Sud, la banlieue sud de Beyrouth et la Bekaa) et mène sous des appellations diverses – Djihad islamique ou Organisation de la justice révolutionnaire – de nombreuses opérations terroristes (dont des centaines de prises d'otages) contre les forces occidentales installées à Beyrouth après 1982, mais également hors du Liban. De 1985 à 1989, un confit d'influences l'oppose au mouvement Amal. Après le départ des fedayin, le Hezbollah devient la principale force de résistance contre l'occupant israélien, qu'il combat jusqu'à son retrait d'une partie du Liban Sud, en mai 2000, concentrant par la suite ses attaques dans le lieu-dit « les Hameaux de Chebaa », territoire à la limite du plateau du Golan, conquis par Israël en 1967.

Sorti grandi grâce à ses exploits militaires et à ses « martyrs », le Hezbollah incarne pour nombre de Libanais chiites et sunnites – et pour l'ensemble du monde arabe – la résistance à l'envahisseur. Le parti de Dieu s'est par ailleurs forgé une légitimité certaine en assurant le financement de nombreuses activités d'aide sociale (hôpitaux, écoles, reconstruction des habitations détruites par l'armée israélienne), palliant ainsi les carences de l'État sans pour autant vouloir s'y substituer. S'il bénéficie de la bienveillance de la Syrie, qui en a fait un instrument de sa stratégie régionale, le Hezbollah reçoit également le soutien idéologique et logistique de l'Iran.

Dirigé par Abbas al-Moussaoui de 1991 à février 1992 (date de son assassinat par Israël), le Hezbollah est, depuis, dirigé par le cheikh Hassan Nasrallah, qui s'emploie à transformer le mouvement clandestin et guerrier en parti politique. Sous sa direction, le parti de Dieu rejette la résolution 1559 adoptée par le Conseil de sécurité de l'ONU en 2004, qui exige le départ des forces syriennes au Liban, le désarmement et la dissolution de toutes les milices. Le 8 mars 2005, il rassemble plusieurs centaines de « loyalistes » manifestant leur soutien à Damas et leur refus des ingérences étrangères. À l'issue des élections législatives de juin 2005, le Hezbollah, fort de ses 14 sièges, participe pour la première fois au gouvernement d'union nationale formé par Fouad Siniora, au sein duquel il obtient deux portefeuilles ministériels. La controverse sur son armement (supérieur à celui de l'armée régulière) s'intensifie après l'enlèvement par ses commandos de deux soldats israéliens à la frontière libano-israélienne ; en riposte, Israël déclenche une intervention militaire (bombardements massifs et offensive terrestre au Liban-Sud, 12 juillet-14 août) extrêmement meurtrière et destructrice (plus de 1 200 morts, en majorité des civils, du côté libanais, et 160 victimes du côté israélien, pour la plupart des militaires). Bien qu'il ait fait preuve d'une grande combativité et d'une puissance de feu qui attestent de la réalité de son arsenal, le Hezbollah est accusé d'avoir déclenché une guerre désastreuse pour le pays.

En février 2006, le Hezbollah signe un protocole d'entente mutuelle avec le parti chrétien du général Michel Aoun, le Courant patriotique libre (CPL). En novembre de la même année, la démission de ses 6 ministres pour protester contre la décision du gouvernement de soutenir la formation d'un tribunal international chargé de juger les assassins présumés de l'ex-président du Conseil, Rafic Hariri, ouvre une crise politique de près de deux ans et mène le pays au bord d'une nouvelle guerre civile avec le coup de force du Hezbollah au cœur de Beyrouth (près de cent morts) en mai 2008. Depuis la signature de l'accord de Doha (21 mai 2008), l'autonomie militaire du Hezbollah – question-clé qui oppose majorité et opposition – figure parmi les priorités devant être débattues au sein d'une conférence de dialogue national.

Opposé à la création par le Conseil de sécurité de l'ONU (mai 2007) du Tribunal spécial pour le Liban (TSL), le parti chiite et ses alliés accusent ce dernier de faire partie d'un « complot israélo-américain » visant sa destruction. Après avoir tenté en vain de faire pression sur le chef de gouvernement, Saad Hariri pour qu'il désavoue le TSL, Hassan Nasrallah décide la démission en bloc de ses ministres du gouvernement provoquant la chute de ce dernier (janvier 2011). Bénéficiant alors du ralliement du leader druze Walid Joumblatt, le Hezbollah et ses alliés chiites prennent le contrôle du Parlement et réussissent à imposer leur candidat, le sunnite Najib Mikati, à la tête du futur gouvernement.

Pour en savoir plus, voir l'article Liban.