
Chef de l'État : Michel Sleimane
Chef du gouvernement : Saad Hariri
Nature de l'État : république à régime parlementaire
Constitution :
Adoption : 23 mai 1926
Révisions : octobre 1927, mai et octobre 1929, janvier 1947, août 1990, octobre 1995
Exécutif
Chef de l'État : président de la République
Chef du gouvernement : président du conseil
Législatif
Assemblée nationale
Le dispositif général du relief, qui se compose de quatre grands ensembles, est assez simple. Une plaine littorale étroite, discontinue et entrecoupée de promontoires rocheux, s'étire sur environ 250 km. Elle ne s'élargit qu'au nord dans la plaine d'Akkar et au sud à partir de Sayda (anciennement Sidon). Dominant le littoral, le mont Liban est une puissante muraille calcaire culminant à 3 083 m au Qurnat al-Sawda. Les sommets, constitués de hauts plateaux élevés sur une zone karstique, sont fortement entrecoupés de gorges s'enfonçant parfois sur plus de 1 000 m, comme celles de la Qadicha ou du Nahr Ibrahim. Ces montagnes littorales ont des formes extrêmement lourdes et massives. Les altitudes moyennes sont élevées (1 414 m pour le Liban septentrional ; 922 m pour le Liban méridional), et surtout les coefficients de massivité (rapport de l'altitude moyenne à l'altitude maximale) sont considérables pour des pays plissés en matériel sédimentaire.
Cette massivité exprime l'extrême jeunesse morphologique de ces reliefs, qui résultent essentiellement de la dernière phase orogénique, celle du Villafranchien, et qui ont été très peu retouchés depuis lors. Dans les surfaces sommitales s'inscrivent une série de facettes correspondant à des surfaces d'érosion de plus en plus récentes vers le centre de la montagne et se recoupant progressivement vers celui-ci. Cette surface polycyclique fondamentale, déformée par la dernière phase tectonique en un vaste bombement, est partout le point de départ du relief actuel. Elle a été partiellement défoncée par le dernier cycle, qui a dégagé ainsi au cœur de la montagne des formes structurales de type préalpin, tandis que les niveaux d'aplanissement plus ou moins basculés et entaillés par de profondes gorges épigéniques dominent à la périphérie. Tel est le cas du mont Liban (3 088 m), où les hautes surfaces karstifiées dérivent de la carapace structurale des calcaires cénomaniens.
À l'est, la montagne retombe de façon vertigineuse sur la plaine intérieure de la Beqaa, synclinal prolongeant le rift africain. Cette haute région, qui atteint 1 100 m près de Baalbek, contre seulement 900 m dans sa partie méridionale, dessine un couloir dont la largeur n'excède pas 15 km. Une seconde chaîne montagneuse, l'Anti-Liban, est un flanc d'anticlinal qui domine à l'est la Beqaa. Un peu moins élevée que le mont Liban, cette montagne est plus difficile à franchir en raison de son aspect massif ; ses hautes surfaces tabulaires se relèvent à plus de 2 500 m le long de la frontière libano-syrienne (2 659 m au Talat Musa). Les plateaux cénomaniens constituent l'essentiel. Au sud, se dresse la pyramide de l'Hermon, qui culmine à 2 814 m au-dessus de la Beqaa méridionale et du Golan syrien, et où le noyau jurassique est largement décapé.
Les ressources hydrologiques sont essentiellement liées aux reliefs montagneux du bourrelet méditerranéen. Les cours d'eau de la façade méditerranéenne du Liban sont, dans l'ensemble, régulièrement alimentés, en raison des conditions structurales qui font intervenir de puissantes masses calcaires en altitude, où les eaux s'infiltrent avant de réapparaître en grosses sources résurgentes. Il en résulte un type de fleuve qui n'est ni subdésertique ni même méditerranéen normal.
La Beqaa est drainée par deux fleuves de direction opposée : l'Oronte, qui coule du sud au nord et draine tout le versant intérieur du mont Liban avant de rejoindre ensuite la Syrie et la Turquie (débit moyen : 78,5 m3/s), et le Litani (150 km), qui coule dans le sens inverse, entièrement en territoire libanais, et draine la partie méridionale du pays (débit : 23 m3/s). L'abondance est relativement forte (Litani : 12,74 l/s/km2, ce qui offre de larges possibilités d'irrigation). Le coefficient d'écoulement atteint 40 % pour le Litani. Les régimes sont normalement pluviaux, à hautes eaux au cœur de l'hiver, mais plus ou moins influencés par la fonte des neiges et décalés vers le printemps sur les cours supérieurs. Le Jourdain prend sa source dans le sud de la Beqaa et se coule vers Israël. Sur le versant occidental de la chaîne du Liban s'échappent vers le littoral une quinzaine de torrents aux bassins exigus.
Si le climat méditerranéen vaut au Liban de connaître deux saisons bien tranchées, l'altitude et la continentalité apportent d'importantes nuances. Au vent des massifs, la côte méditerranéenne est fortement arrosée (Beyrouth, 879 mm ; Tripoli, 853 mm), mais les précipitations s'abaissent rapidement dans les dépressions intérieures. De 625 mm à Ksara et de 554 mm à Rayyaq, dans la Beqaa méridionale, elles tombent à 358 mm à Baalbek, dans la Bekaa septentrionale, au droit des plus hauts reliefs du Liban. Elles remontent dans l'arc montagneux et les massifs de l'intérieur. L'Anti-Liban reçoit sans doute encore au moins 600 mm de pluies. La répartition saisonnière des pluies reste partout typiquement méditerranéenne, à prépondérance de saison froide, mais la durée de la saison pluvieuse diminue progressivement vers l'intérieur, alors qu'à Beyrouth juillet et août sont les deux seuls mois absolument secs.
Les maxima pluviométriques, enregistrés en janvier-février, dépassent 700 mm et peuvent atteindre 1 500 mm. En altitude, où il pleut beaucoup, la neige apparaît à partir de 1 600 m. La couverture neigeuse et la rétention karstique font de cette montagne littorale du Croissant fertile un immense château d'eau. Alors que le gel est inconnu sur le littoral, il est fréquent autour de la Beqaa (60 jours par an), où les amplitudes annuelles et journalières sont très fortes. L'humidité et la nébulosité restent importantes sur les côtes pendant tout l'été, les vents étésiens y apportant, à défaut de pluies, un bain de vapeur et de brume qui enveloppe le versant occidental du bourrelet montagneux littoral. L'atmosphère de l'été est ainsi pénible sur toute la côte, au moins autant que dans l'intérieur.
À Beyrouth, la moyenne des températures de janvier est de 13,1 °C et le minima moyen se situe à 5 °C. L'amplitude thermique augmente régulièrement de la côte méditerranéenne vers l'intérieur. De 13,8 °C à Beyrouth, elle passe à 18,6 °C à Ksara, dans la Beqaa. Les extrêmes de chaleur ne sont pas rares sur la côte, où souffle fréquemment au printemps le chamsin, vent brûlant du sud lié au passage tardif de dépressions méditerranéennes.
Seules les montagnes littorales portent des forêts, mais celles-ci ont presque disparu et le couvert forestier ne concerne plus que 70 000 ha. L'étagement forestier, théorique et difficile à reconstituer en raison de l'intense déboisement, qui exprime l'accumulation de la population dans les montagnes littorales, peut être reconstitué sur le versant occidental. De 0 à 1 000 m, l'étage inférieur est celui des pins (pin d'Alep) et des chênes à feuilles persistantes. De 1 000 à 1 500 m se situe un étage de transition. Le pin d'Alep et les chênes verts montent jusque vers 1 800 m, les cyprès jusque vers 1 600 m, le pin pignon jusque vers 1 500 m. Mais on voit apparaître déjà les essences d'altitude : genévriers à partir de 1 200-1 400 m ; sapin de Cilicie à partir de 1 400 m. Ce dernier, qui monte jusque vers 2 100 m, domine dans l'étage proprement montagnard (1 500-2 000 m), à côté du cèdre du Liban (1 500-1 950 m), mais les célèbres forêts de cèdres de l'Antiquité ont disparu ; elles ont fait place à une garrigue née de l'excès des abattages et des pâtures. Au-dessus, l'étage des genévriers s'élève jusque vers 2 700 m au mont Liban, passant à une steppe alpine.
Les sapins et les cèdres n'ont pu franchir la crête, trop élevée, du mont Liban et le versant oriental voit les genévriers régner sans partage à partir de 1 500 m au-dessus de l'étage des feuillus. Ils occupent de même tout le versant occidental de l'Anti-Liban.
Les cultures cessent au-dessus de 1 200 m. Les collines, lorsqu'elles ne sont pas cultivées, sont recouvertes de buissons épineux et de fleurs sauvages.
Parmi les montagnes littorales de l'est de la Méditerranée, le mont Liban est la plus élevée (dépassant 3 000 m) et par conséquent la plus arrosée. Il s'y ajoute une dissymétrie topographique particulièrement propice : le versant oriental est abrupt, tandis que le versant occidental est en pente relativement douce et largement ouvert aux effluves maritimes. Du côté des vents pluvieux s'étendent des plateaux sub-horizontaux ou en faible pente. Par ailleurs, l'emmagasinage et la résurgence des eaux sont assurés par une disposition lithologique favorable. Les précipitations infiltrées dans les puissantes masses sommitales de calcaires perméables jurassiques et cénomaniens réapparaissent en énormes sources au niveau des grès et des marnes du Crétacé inférieur, qui donnent également des terres fertiles et des sites cultivables de conques évasées en roches tendres à des altitudes moyennes. Enfin, la montagne libanaise bénéficie d'un contact direct avec la mer. La plaine côtière, qui, au djabal Ansariyya, en Syrie, et en Palestine, est largement développée et a tout de suite été dominée par des populations extérieures à la montagne, est ici à peu près totalement absente. Les pentes du mont Liban dominent géographiquement et politiquement les ports et les anses du littoral. Le Liban est une montagne qui a des débouchés maritimes. L'érosion quaternaire a cependant été suffisante pour qu'on n'éprouve pas de difficulté majeure à construire une rocade côtière, seul axe de circulation et d'unification longitudinal, qui aurait été impossible à réaliser en montagne (et y serait d'ailleurs sans intérêt autre que touristique) et qui assure en revanche la symbiose de la montagne et de la mer, base permanente de l'unité libanaise.
Cette association s'est réalisée une première fois dans l'Antiquité, au profit d'une civilisation maritime, la thalassocratie phénicienne. L'origine en fut le commerce du bois, richesse naturelle de la montagne, exportée vers les grands centres de civilisation du Moyen-Orient antique : Égypte (par mer) et Mésopotamie (partiellement par mer, puis par la trouée d'Alep et le cours de l'Euphrate). Les petites cités phéniciennes naquirent comme des ports exportateurs de bois, Byblos, Sidon, Tyr, Tripoli, dans les criques du littoral qu'occupent actuellement Djebail, Saïda, Sour, Tripoli et dominèrent, au début du Ier millénaire avant notre ère, le commerce méditerranéen. La montagne était à peu près vide, peuplée de rares chasseurs et bûcherons. À l'époque romaine, elle restait une immense sylve, à peine éclaircie par les chemins d'exploitation forestière que jalonnent les inscriptions d'Hadrien.
La seconde expression politique de l'originalité libanaise s'est construite en revanche à partir de la montagne, peuplée comme un refuge. Le grand tournant se situe lors de la conquête islamique. Au milieu du VIIe s., les chrétiens maronites habitant les plaines de l'Oronte, dans la région de Homs, commencent à quitter celles-ci et à s'établir dans la vallée de la Qadicha, dans le Liban septentrional, où ils éliminent et remplacent les populations autochtones, qui devaient être peu nombreuses. Un embryon d'organisation politique apparaît dès le VIIIe s. Cette colonisation maronite aura son foyer principal dans le Liban septentrional, le plus massif et le plus riche en eaux. Son rattachement à la chrétienté occidentale, déjà ébauché au temps des croisades, sera définitif au XVIe s. (ouverture d'un séminaire maronite à Rome en 1584), et des liens s'établiront de bonne heure avec l'outre-mer, créant le climat préparatoire de la future émigration libanaise. Une première autonomie politique sera acquise, dans le cadre de l'Empire ottoman, sous des émirs (Fakhr al-Din, 1585-1635) largement orientés vers l'Occident.
Un second élément sera constitué par les druzes, secte islamique très marginale, née en Égypte à la charnière des Xe et XIe s., qui se développa dans l'Hermon et qui, devant les possibilités très limitées de peuplement de cette dernière montagne, s'infiltra rapidement dans le Liban central. Totalement absents du Liban septentrional, où les maronites étaient déjà prépondérants, ils apparaissent au sud du Nahr el-Kelb jusqu'à une ligne Damour - Djezzin, dans les régions du Metn, du Kesrouan, du Chouf. Ils y sont mêlés aux chrétiens, qui redeviennent prédominants dans le Liban méridional.
Maronites et Druzes ont été conjointement à la base de l'indépendance libanaise. Il s'agit de sectes cohérentes, dynamiques. Venues toutes deux de l'extérieur, elles ont trouvé un rempart dans l'escarpe de l'abrupt oriental de la montagne. C'est là que se trouve la frontière. Derrière cet abri, la montagne a vu se développer des densités considérables (211 hab./km2 vers 1950 ; encore 161 hab./km2 pour la montagne seule sans Beyrouth à la même époque).
Ces populations ont réalisé un remarquable aménagement de la montagne. Solidement encadrés par leur clergé et leurs princes, établis en gros villages groupés, les maronites ont transporté dans le massif leurs techniques agricoles minutieuses de la plaine, et notamment le système des terrasses, qu'ils ont multipliées sur des pentes parfois vertigineuses, faisant du mont Liban une montagne « reconstruite ». La rançon du développement de cette puissante civilisation agricole fut en revanche le déboisement quasi total de la montagne. Si le mont Liban n'était déjà plus un grand producteur de bois d'œuvre au Moyen Âge, il alimentait encore en bois de feu et en charbon de bois les plaines voisines et Damas. Cette fonction a totalement disparu à l'époque moderne, et l'étage des forêts montagnardes de sapins et de cèdres se réduit à quelques vestiges sévèrement protégés.
Cette occupation agricole reste centrée sur la moyenne montagne. La limite supérieure de l'habitat est relativement basse, généralement située entre 1 400 et 1 500 m, montant tout à fait exceptionnellement à 1 600 et à 1 700 m. Plus que dans la rudesse et l'enneigement de l'hiver méditerranéen en altitude, la raison est à chercher dans les facteurs géologiques et hydrologiques. Les voûtes sommitales calcaires, cénomaniennes au nord ou jurassiques au sud, sont rigoureusement sèches et à peu près inhabitables. Les villages n'ont pu s'établir qu'au pied de la falaise cénomanienne, dans les hautes conques du Crétacé inférieur qui constituent la zone d'attraction maximale (entre 800 et 1 400 m). C'est là, au-dessus des gorges vertigineuses du cours inférieur des rivières, où les cavaliers ennemis ne pouvaient se risquer, que se situe le centre de gravité du peuplement. Toute la zone habitée est au-dessous de la limite supérieure de la vigne (1 700 m) et en grande partie à l'intérieur de celle de l'olivier (1 100 m).
L'économie traditionnelle de la montagne a ainsi été fondée sur une polyculture de type méditerranéen, associant les céréales et les cultures arbustives, sans irrigation. Aux arbustes vivriers (vigne, olivier, figuier) s'est ajouté le mûrier, qui a été la fortune du Liban. Il monte jusqu'à plus de 1 500 m, soit plus haut que dans d'autres montagnes méditerranéennes, en raison de l'humidité et de la nébulosité estivale. Développée en liaison avec le trafic des Échelles du Levant aux Temps modernes, la sériciculture a connu son apogée avant la Première Guerre mondiale, pour l'approvisionnement de l'industrie lyonnaise de la soie. La production dépassait alors 5 000 t de cocons. Ce fut un élément décisif de l'aisance rurale et de la constitution d'une bourgeoisie libanaise de filateurs, de courtiers et de banquiers. À côté des cultures, l'élevage du petit bétail (surtout caprins), fondé sur des migrations pastorales et humaines régulières avec hivernage dans les vallées du littoral et estivage en montagne, complète le tableau de l'économie traditionnelle.
Une première expression politique de l'originalité libanaise fut réalisée dans le cadre de l'Empire ottoman, en 1861, sous la forme du « Petit Liban », plus ou moins protégé par les puissances occidentales, constitué en majeure partie par la montagne libanaise et associant essentiellement maronites et druzes avec la prépondérance chrétienne. Le « Grand Liban », créé après la Première Guerre mondiale, lors de la dislocation de l'Empire ottoman, traduit des conditions toutes différentes d'équilibre géographique et humain. La prédominance encore marquée de la montagne y est soigneusement compensée par d'autres éléments.
L'État libanais englobe ainsi les régions côtières, avec leurs villes portuaires, exclues du « Mont-Liban » de 1861, frange littorale étroite, mais qui s'élargit au nord-ouest dans la plaine du Akkar. Dans l'intérieur, il englobe la dépression de la Beqaa, allongée entre le Liban et l'Anti-Liban, ainsi que le versant occidental, pratiquement désert, il est vrai, de cette dernière montagne, mais aussi les pentes occidentales de l'Hermon, beaucoup plus peuplées et où une trentaine de gros villages rappellent le paysage de la montagne libanaise. Au sud, il comprend la partie septentrionale des collines de Galilée. La combinaison humaine ainsi réalisée aboutit à un équilibre subtil qui reposa sur une association complexe. Plus de 60 % de la population est musulmane (chiites et sunnites surtout, Druzes). Aux communautés traditionnelles, chrétiens maronites (environ un quart de la population) et Druzes, s'ajoutent d'abord des communautés essentiellement urbaines. Ce sont les musulmans sunnites des villes de la côte (Tripoli et Saïda en particulier ; Beyrouth, également à prédominance musulmane à l'origine, a rapidement attiré les autres communautés du pays) et les grecs orthodoxes, minorité chrétienne vivant traditionnellement à l'ombre du pouvoir, à côté des sunnites, dans les centres urbains ainsi que près de la route de Beyrouth à Damas, grand axe de circulation traditionnellement contrôlé par l'Administration. Les grecs catholiques ont un caractère urbain moins affirmé. Ils sont surtout présents dans des villes de second ordre (Sour, Sayda, Zahlé). On les trouve également à l'état résiduel dans la moyenne région du Liban méridional ainsi qu'au pied occidental de l'Anti-Liban. Les métoualis (chiites), jadis répandus dans le Liban septentrional, n'ont pu s'y maintenir, en raison de leur manque d'agressivité, et en ont été chassés au Moyen Âge par les maronites. Ils se sont réfugiés dans l'extrême sud du Liban, dans la haute Galilée libanaise ainsi que dans la Beqaa septentrionale, aride et écartée, type de mauvais pays. Ils sont la troisième communauté du pays. Les arméniens, arrivés notamment en grand nombre lors de la Première Guerre mondiale et immédiatement après, sont nombreux dans les villes. Diverses sectes chrétiennes secondaires s'y ajoutent. Les rapports entre ces communautés ont été longtemps réglés par un équilibre politique complexe.
L'économie, fondée sur les échanges et une activité de place financière, a été ruinée par une longue guerre civile ponctuée d'interventions étrangères. La persistance des tensions politiques paralyse l'activité économique et accroît la dette publique.
Le secteur agricole joue un rôle restreint dans l'économie. Les terres cultivables sont peu étendues, et les structures agraires, très inégalitaires, sont dominées par de grands propriétaires terriens. Longtemps archaïsme et sous-production ont caractérisé ce secteur. Une modernisation des campagnes a été opérée au cours des années 1970. Cependant, avec la mécanisation et l'électrification, le réseau routier sert plus les commerçants urbains et l'exode rural que la mise en valeur des campagnes retirées. Le mince liseré côtier est consacré à l'arboriculture (agrumes, bananiers et oliviers), aux cultures légumières, aux céréales (blé) et à différentes autres cultures (tabac, arachides, vigne). La montagne, aménagée en terrasses, porte des vergers de pommiers et de cerisiers. La région agricole la plus développée s'étend dans la plaine de la Beqaa : les céréales d'autrefois ont fait place aux cultures irriguées.
Le secteur tertiaire, qui fait vivre plus de la moitié de la population et fournit les deux tiers du revenu national, prédomine. Après la Seconde Guerre mondiale, le commerce international connaît un essor grâce à une double spécialisation dans l'importation des biens manufacturés et alimentaires et dans leur réexportation.
Le système des transports a joué un rôle essentiel dans le commerce international et régional au cours de la période de prospérité. Le principal port, Beyrouth, est en partie une « zone libre » pour le commerce de transit. Tripoli et Sayda possèdent également des infrastructures importantes dans ce domaine. Le trafic aérien est assuré par l'aéroport de Beyrouth, qu'une voie ferrée relie à Tripoli et à Damas.
Héritier de la Phénicie, point de convergence des civilisations de la Mésopotamie, de l'Égypte et de la Grèce, le Liban devient romain et byzantin avant d'être conquis par l'islam au milieu du VIIe s. Éternel refuge des minorités, il est constitué d'une mosaïque de communautés religieuses, chrétiennes et musulmanes, et devient, durant les croisades, le siège d'un royaume chrétien. L'autorité de l'islam y est rétablie, à la fin du XIIIe s., par les Mamelouks d'Égypte. Le Liban connaît ensuite, à partir du début du XVIe s., une longue période de domination ottomane, malgré des tentatives d'unification et d'autonomie. La conquête du pays par Méhémet-Ali (1831), qui agit en véritable despote, provoque un sursaut national qui marque la véritable naissance de la nation libanaise.
À la suite d'un massacre des maronites (une des principales communautés chrétiennes du pays), un corps expéditionnaire français débarque en 1860 et fait prévaloir des accords internationaux, qui, en 1861, garantissent l'autonomie du « Mont-Liban » à l'intérieur de l'Empire ottoman. Après la Première Guerre mondiale, la France reçoit en 1920 un mandat sur la Syrie et le « Grand-Liban ». Reconnue en 1936, l'indépendance libanaise sous mandat français est proclamée en 1941 et devient effective en 1945, après la Seconde Guerre mondiale. Après l'évacuation du pays par les troupes françaises et britanniques, un système présidentiel et parlementaire « confessionnaliste » se met en place, instaurant le partage des pouvoirs entre les diverses communautés (pacte national non écrit de 1943, aux termes duquel la présidence de la République est attribuée à un maronite, celle du gouvernement à un musulman sunnite et la présidence de l'Assemblée à un chiite). Dans le même temps, le Liban noue des relations privilégiées avec la France mais doit faire face à une rupture de son alliance avec la Syrie et, après le premier conflit israélo-arabe, à l'arrivée massive de réfugiés palestiniens. Dès 1948, Ben Gourion déclare que le point faible de la coalition arabe est le Liban « car le régime y est artificiel et facile à saper ». Il faudrait, poursuit-il, « créer un État chrétien avec lequel nous pourrions faire alliance ».
Ce petit pays montagneux et pauvre va donc devenir le lieu privilégié des affrontements incessants du Moyen-Orient, qui vont aggraver ses problèmes internes. Des troubles interconfessionnels éclatent en mai 1958 et provoquent un débarquement américain en juillet. Sous les présidences de Camille Chamoun (1952-1958), du général Fouad Chehab (1958-1964) et de Charles Hélou (1964-1970), qui tentent successivement de renforcer l'autorité de l'État, la réorganisation administrative et le développement économique qui sont entrepris entraînent une croissance de 7 % par an et le Liban, îlot de libéralisme dans une région marxisante, bénéficie du boom pétrolier au point d'être qualifié de « Suisse du Moyen-Orient ».
Mais, après la guerre israélo-arabe de 1967, un nouvel afflux de 140 000 réfugiés palestiniens bouscule le fragile équilibre démographique entre chrétiens et musulmans, qui fondait la séparation des pouvoirs. Environ 500 000 Palestiniens, à 80 % sunnites, sont désormais installés au Liban et y créent des groupes de combat. Le 28 décembre 1968, un raid israélien détruit l'aviation civile libanaise sur l'aéroport de Beyrouth et la présence palestinienne devient l'enjeu majeur de la politique intérieure, provoquant des émeutes et une crise ministérielle de 7 mois (avril-novembre 1969). Sous l'égide de Nasser, les accords libano-palestiniens du Caire (novembre 1969) réglementent la présence palestinienne au Liban, notamment dans les camps du sud du pays. Mais le consensus interne est rompu et les structures étatiques, trop rigides pour évoluer, montrent leurs limites, d'autant que le contexte régional et international se mêle étroitement à la politique interne du Liban, faisant progressivement de celui-ci une « caisse de résonance » de tous les conflits de la région. Entre 1970 et 1975, les crises politiques et sociales se multiplient. Des chefs palestiniens sont exécutés par Israël à Beyrouth (avril 1973), les miliciens palestiniens et l'armée libanaise s'affrontent, et le Liban rejoint le camp arabe dans la quatrième guerre israélo-arabe (octobre 1973). Des grèves insurrectionnelles éclatent (mars 1974) et de nouveaux raids israéliens ont lieu dans le sud du pays.
Dans cette atmosphère de crise éclate alors un conflit qualifié par certains de guerre civile, tandis que d'autres y voient une action systématique (par milices mafieuses interposées) pour paralyser par la violence le fonctionnement de l'État et de la société civile et découper le territoire en ghettos communautaires. En fait, il ne s'agit pas d'un seul conflit, mais de plusieurs, qui s'interpénètrent, et dans lesquels les causes externes interfèrent sur les différends internes pour les aggraver et créer une situation si inextricable qu'elle va même donner naissance au vocable de « libanisation ».
La première phase de cette guerre débute, en avril 1975, par un affrontement entre les Palestiniens et les Phalanges (créées en 1936 par la famille maronite des Gemayel et qui vont bientôt compter 80 000 adhérents), et par des émeutes dirigées par les chiites contre la vie chère (mouvement des déshérités de Musa Sadr). La fracture se fait entre les conservateurs chrétiens, dirigés par les phalangistes, et ce que l'on appelle alors la gauche libanaise, constituée des Palestiniens, des Druzes (parti socialiste progressiste de Kamal Joumblatt, créé en 1949), des baassistes, des communistes et des musulmans, tant sunnites que chiites. Les combats sont très meurtriers : le 6 décembre 1975, les phalangistes abattent 150 à 200 musulmans et rasent des camps palestiniens. Beyrouth est coupée en deux, chrétiens à l'est, musulmans à l'ouest. Assiégés par des progressistes qui réclament la fin du système confessionnel, les phalangistes font appel à la Syrie, qui envoie des troupes en mai 1976. Celles-ci entrent dans Beyrouth en novembre. Approuvée par les États-Unis, par Israël et par la Jordanie, cette intervention est condamnée par l'Union soviétique, l'Égypte et l'Iraq. À Riyad, puis au Caire (octobre), une conférence arabe instaure une trêve, reconduit les accords libano-palestiniens de 1969 et crée une force de dissuasion arabe de 30 000 hommes, dans laquelle les Syriens sont majoritaires.
La deuxième phase s'ouvre avec l'assassinat du leader druze Kamal Joumblatt (mars 1977). Les alliances ont changé. La Syrie se réconcilie avec les Palestiniens et la gauche libanaise, tandis que les chrétiens glissent progressivement vers Israël, qui les aide à attaquer les Palestiniens dans le Sud. En février-mars 1978, Israël envahit le Liban-Sud pour y créer une « ceinture de sécurité » de 850 km2. Sommé de se retirer par la résolution 425 de l'O.N.U. (créant une force intérimaire des Nations unies pour le Liban-Sud, la F.I.N.U.L., qui a compté jusqu'à 7 000 hommes), Israël confie, en partant, les territoires composant la « ceinture de sécurité » non pas à la F.I.N.U.L., mais aux forces du commandant Haddad, passé sous contrôle israélien ; celui-ci proclame l'État du Liban libre chrétien (avril 1979) et constitue, avec une fraction chrétienne dissidente de l'armée et des milices chiites, l'armée du Liban du Sud (A.L.S.) équipée par Israël. Les affrontements directs et indirects (par milices interposées) entre les Syriens et les Israéliens dominent cette phase de la guerre. Le clan maronite des Frangié est massacré (1978-1980), les populations sont déplacées et soumises à des bombardements meurtriers, tandis que les phalangistes éliminent les autres milices chrétiennes. Le 21 juillet 1981, le Conseil de sécurité de l'O.N.U. exige un cessez-le-feu, qui sera négocié indirectement entre Palestiniens et Israéliens.
La troisième phase est marquée par le rôle politique et militaire croissant des Phalanges et par l'opération israélienne « Paix en Galilée », lors de laquelle, en juin 1982, Israël envahit le Liban avec 100 000 hommes, avant de conclure, après de violents combats et le blocus de Beyrouth, soumise aux bombardements, un cessez-le-feu avec la Syrie. La reddition de l'O.L.P. et le départ de la ville des milices musulmanes ainsi que de la force de dissuasion arabe (août-septembre), se font sous la protection de l'O.N.U., sous contrôle d'une « force multinationale d'interposition ». Élu président de la République en août, Bachir Gemayel, chef des milices chrétiennes, est assassiné en septembre. L'armée israélienne pénètre alors à Beyrouth-Ouest, en violation des engagements pris auprès de l'O.L.P., et autorise les phalangistes à pénétrer dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila, où ils massacrent 1 500 réfugiés (16 septembre).
Le nouveau président, Amine Gemayel, rappelle alors la force multinationale, composée de soldats américains, français et italiens. La Syrie s'impose au camp arabe, au sein duquel émerge une nouvelle milice chiite, le Hezbollah, pro-iranien, tandis que, sous protection française, Yasir Arafat, à la tête de 4 000 combattants palestiniens, quitte Beyrouth pour Tunis. Le 17 mai 1983, à l'instigation des États-Unis, Israéliens et Libanais concluent un accord prévoyant le départ de toutes les forces étrangères, qui est rejeté par la Syrie.
La quatrième phase de la guerre est marquée par la recrudescence des combats entre milices et factions rivales. En septembre 1983, les Syriens et les Israéliens renforcent leurs dispositifs respectifs au Liban ; les milices chrétiennes, appuyées par les Israéliens s'opposent aux Druzes, soutenus par les Syriens, mais pro-syriens et pro-palestiniens se combattent également dans le Nord. La population chrétienne quitte en masse la montagne, les attentats anti-israéliens se multiplient. La Syrie et l'opposition musulmane libanaise de gauche s'unissent dans un « Front de salut national ». Prise au milieu des combats, la force multinationale quitte le Liban en février 1984. Cette période voit la montée des milices chiites pro-syriennes (Amal) et pro-iraniennes (Hezbollah), qui vont bientôt se combattre ; les prises d'otages occidentaux (au moins 20) se développent. Les Israéliens se redéploient dans le Sud, les affrontements entre factions rivales font rage. Le pays est en proie à l'anarchie (règlements de compte, exodes, massacres). La gravité de la situation militaire contraint Amine Gemayel à accepter les conditions syriennes : l'accord israélo-libanais de mai 1983 est officiellement annulé en mars 1984 ; sous l'égide de la Syrie, les chefs des grandes communautés politiques et militaires acceptent de constituer un gouvernement d'union nationale (mai 1984), présidé, jusqu'à son assassinat en juin 1987, par Rachid Karamé, personnalité sunnite influente. Mais ce gouvernement consacre en fait la division du pays en fiefs gérés par les milices, qui font main basse sur l'économie libanaise, et qui, par des rackets, des pillages, l'organisation du trafic de drogue et les aides étrangères qu'elles reçoivent, acquièrent une puissance financière sans commune mesure avec les ressources d'un gouvernement central affaibli et déstabilisé. Les milices, tour à tour appuyées par l'Iran, la Syrie, l'Iraq, la Jordanie, l'Égypte, l'Arabie saoudite et Israël, ont même leurs propres moyens d'information. L'anarchie et le morcellement politique favorisent l'emprise israélienne dans la ceinture de sécurité du Sud, et le retour de l'armée syrienne dans le reste du pays. Entre janvier et juin 1985, Israël se retire partiellement du Liban, tout en conservant, directement ou indirectement, le contrôle de certaines zones dans le Sud.
La cinquième phase voit se développer la guerre que se livrent la milice chiite pro-syrienne Amal et les Palestiniens, réimplantés à Beyrouth et dans le Sud, pour le contrôle des camps du sud de la capitale. Ces combats, qui font 20 000 morts de juin 1985 à juin 1988, se terminent par une nouvelle reddition de l'O.L.P., à laquelle s'opposent par ailleurs des groupes palestiniens rivaux aidés par la Syrie. Des conflits inter-chrétiens se développent également. La Syrie et l'Iran s'opposent par milices chiites interposées mais Damas parvient à s'imposer à la majorité des milices sunnites et druzes. À la fin du mandat d'Amine Gemayel, en septembre 1988, il est impossible de nommer un autre président et même un gouvernement : les pro-chrétiens et les musulmans pro-syriens constituent chacun le leur. Finalement, le général chrétien Michel Aoun, commandant en chef de l'armée libanaise, est nommé président d'un conseil des ministres intérimaire.
De mars à décembre 1989, le général Michel Aoun, soutenu par l'Iraq et par de nombreux chrétiens, lance contre la présence armée syrienne une guerre de libération nationale. L'armée libanaise se scinde en deux et achève de détruire Beyrouth en d'incessants bombardements. Le Parlement libanais, réuni dans la ville saoudienne de Taif à l'initiative du comité tripartite arabe regroupant l'Algérie, l'Arabie saoudite et le Maroc, tente de trouver une solution politique : entériné par 58 des 62 députés libanais le 5 novembre 1989, l'accord de Taif préconise un cessez-le-feu, le démantèlement des milices et le retrait des troupes syriennes jusqu'à la Bekaa, le transfert du pouvoir exécutif du président de la République (maronite) au profit du président du Conseil des ministres et du gouvernement (sunnite), ainsi qu'une égale répartition des sièges parlementaires (dont le nombre est doublé) entre chrétiens et musulmans, avec pour objectif, à terme, l'abolition du confessionnalisme politique. L'accord de Taif affirme la restauration de l'autorité de l'État jusqu'aux frontières libanaises reconnues internationalement, ce qui implique la fin de l'occupation israélienne et l'interdiction de toute annexion de tout ou partie de son territoire par l'un des ses voisins. Toutefois, les relations libano-syriennes, « tirant leur force du voisinage, de l'histoire et des intérêts fraternels communs », sont qualifiées de « particulières ». Conformément à l'accord, une élection présidentielle a lieu le 13 novembre, à l'issue de laquelle le député maronite René Moawad est élu par les députés, mais, celui-ci ayant été assassiné le 22, il est remplacé, le 25, par Elias Hraoui. Les combats recommencent entre Amal et le Hezbollah, comme entre les milices chrétiennes et l'armée libanaise. Opposé à l'accord de Taif, qui favorise les sunnites, le général Aoun poursuit la lutte contre le nouveau régime. Mais, écrasé par l'armée libanaise et l'armée syrienne à la faveur de la guerre du Golfe en octobre 1990, le général quitte le Liban pour la France en août 1991.
La guerre est finie : une deuxième République est proclamée, le 21 septembre 1990, et l'État libanais tente de rétablir son autorité et de désarmer les 40 000 miliciens restés actifs. Il hérite d'un pays exsangue : entre 150 000 et 200 000 morts, 18 000 disparus, 200 000 blessés, plus de un million de personnes déplacées, 20 à 30 milliards de dollars de destructions et de dégâts.
Durant l'année 1991, divers accords – englobant la sécurité autant que la politique, l'administration autant que l'économie – entérinent « une harmonisation », « une unité de destin et des intérêts communs » entre la Syrie et le Liban et définissent une forme de finlandisation s'apparentant à un protectorat syrien sur le Liban. Honnies par la population, les milices sont progressivement désarmées, à l'exception de celles du Hezbollah et de Amal. Ces dernières se déplacent vers le sud pour tenir tête aux Israéliens et à ses supplétifs – l'Armée du Liban-Sud –, qui occupent, depuis 1978, la zone de sécurité dans laquelle se concentrent désormais les combats armés, alternant inlassablement raids et bombardements en dépit de la présence de la F.I.N.U.L. (dont le mandat est reconduit tous les 6 mois par l'O.N.U.). Les autres miliciens entrent soit dans l'armée soit dans l'administration libanaise ; certains rejoignent le Canada ou l'Australie.
Grands perdants du conflit, les chrétiens s'opposent à l'entente nationale sous contrôle syrien mise en place par l'accord de Taif et boycottent les élections législatives de 1992. Rafic Hariri, richissime homme d'affaires libano-saoudien et représentant de l'islam sunnite, devient président du Conseil sur le thème de la reconstruction du Liban, vu comme un élément de la recomposition régionale et comme un modèle de développement adapté à la mondialisation et à l'ouverture des marchés.
Relativement favorable, en dépit de quelques troubles en 1994, la situation est cependant freinée par l'évolution négative du processus de paix : amorcé par la conférence de paix sur le Proche-Orient ouverte à Madrid en octobre 1991, ce processus devait stabiliser la situation du Liban, restauré dans son rôle de place financière régionale. Entre 1992 et 1995, les indices attestent de la reprise de la croissance et des investissements, surtout dans la construction, grâce à des aides diverses (américaines, arabes, ou venant de la diaspora libanaise). Mais, à partir de 1995, la spirale de l'endettement domine : alors que les capitaux affluent et que des emprunts sont sans cesse contractés, le déficit budgétaire a augmenté de 105 % pour atteindre 37,5 % et le budget est consacré à 71 % au remboursement d'une dette sans cesse croissante. Le gouvernement est confronté à une paupérisation de la société (30 % des Libanais vivent au-dessous du seuil de pauvreté) et à une situation sociale devenue explosive en raison d'un taux de chômage de 20 % dans un pays qui accueille désormais 800 000 travailleurs immigrés dont 500 000 Syriens. Ces tensions d'ordre économique s'accompagnent d'une exacerbation du communautarisme : en donnant une écrasante majorité aux députés pro-syriens, les résultats des élections législatives de septembre 1996 suscitent l'inquiétude des chrétiens, alimentée en outre par la présence syrienne au Liban (malgré la reconstitution d'une armée de 48 000 anciens miliciens, 35 000 soldats et policiers syriens stationnent sur le territoire).
Dans le Sud, une tension permanente, avec des épisodes particulièrement alarmants (les opérations israéliennes « Règlements de comptes » le 25 juillet 1993 et « Raisins de la colère » le 11 avril 1996), est entretenue par les Syriens et les Israéliens, comme un élément de chantage et de négociation dans le cadre du conflit général du Proche-Orient, dont le Liban reste un des théâtres les plus brûlants.
En novembre 1998, le président Elias Hraoui arrive au terme de son mandat. Il est remplacé le 24 par Émile Lahoud. L'élection de ce général maronite, ancien chef de l'armée, confirme la disgrâce de R. Hariri à Damas. Ce dernier démissionne le 2 décembre, jugeant anticonstitutionnelles les consultations du nouveau président avec les parlementaires pour la désignation du chef de gouvernement. Le 4, Selim al-Hoss lui succède à la tête du gouvernement.
Le départ des troupes israéliennes du Liban-Sud, en mars 2000, marque un tournant important. L'application de la résolution 425 (adoptée par le Conseil de sécurité en 1978) a été envisagée pour la première fois en 1998 par Benyamin Netanyahou (option dite « Liban libre »), qui exigea d'en négocier les modalités et le calendrier. Mais, refusant de se laisser imposer ses conditions par un ennemi plus fort que lui, le Liban avait alors catégoriquement refusé. Le successeur de Netanyahou, Ehoud Barak, fixe au 7 juillet 2000 la date à laquelle Tsahal se sera repliée du Liban-Sud, quelle que soit l'issue des pourparlers menés par Israël avec la Syrie. Or, l'effondrement de l'Armée du Liban-Sud (A.L.-S.) sous la pression des miliciens du Hezbollah précipite les opérations : alors que les derniers soldats israéliens abandonnent, fin mai, de nombreuses positions dans la zone occupée, le délitement de l'A.L.-S. laisse le champ libre au Hezbollah, qui investit aussitôt le terrain libéré, avec l'assentiment des autorités libanaises. Cependant, l'évacuation du Liban-Sud ne scelle pas la paix avec l'État hébreu : d'autres contentieux demeurent tels que ceux de l'eau, de la sécurité des frontières ainsi que le sort de quelque 200 000 réfugiés palestiniens au Liban.
Avec cette « libération » disparaît l'une des justifications de la présence syrienne au Liban. Le mois suivant, l'accession à la présidence de la Syrie de Bachar al-Asad, qui souhaite donner l'image d'un chef d'État moderne ouvert au dialogue, fait miroiter la possibilité de nouvelles relations entre les deux pays fondées non plus sur la domination mais sur la confiance. Mais, depuis, la Syrie ne semble plus rien vouloir céder.
Lors du renouvellement de l'Assemblée en août-septembre 2000, les électeurs, sanctionnant l'incapacité du gouvernement Hoss à réaliser les réformes qu'il s'était fixées (lutte contre la corruption et réduction des inégalités sociales et du déficit budgétaire), votent massivement pour l'opposition, incarnée par R. Hariri et par le député druze W. Joumblatt, chef du parti socialiste progressiste (P.S.P.). À la tête d'un gouvernement d'ouverture, incluant chiites, Druzes et maronites, R. Hariri se donne pour objectif de pacifier le climat politique et social, d'apurer les finances et de relancer l'économie.
Cependant, dès l'automne 2000, le Liban est à nouveau fragilisé par l'escalade de la violence israélo-palestinienne et l'arrivée d'Ariel Sharon au pouvoir en Israël. Dans ce contexte difficile, la question des réfugiés palestiniens présents sur le territoire libanais redevient particulièrement brûlante. En 2001, la tension militaire se focalise au lieu-dit « les Hameaux (ou Fermes) de Chebaa » – territoire syrien conquis par Israël en 1967 et non évacué en mai 2000 –, Tsahal ripostant par des bombardements aux attaques anti-israéliennes menées par le Hezbollah. En juin, la Syrie procède au redéploiement partiel de ses troupes stationnées à Beyrouth et dans sa banlieue, ainsi que dans certains secteurs de la montagne libanaise. Cette décision intervient après les demandes répétées des communautés maronite et druze d'appliquer une disposition prévue par l'accord de Taif (1989), et par le traité de coopération conclu deux ans plus tard entre Damas et Beyrouth. L'année 2001 est également marquée par une crispation autoritariste du pouvoir, comme en témoignent les rafles de 200 opposants chrétiens par les services de l'armée libanaise et l'amendement au Code de procédure pénale adopté par le Parlement au lendemain de la visite triomphale, fin juillet, du patriarche Nasrallah Boutros Sfeir dans la montagne druzo-chrétienne du Chouf, scellant la réconciliation des deux communautés minoritaires du pays, les maronites et les Druzes.
Qualifiée d'acte d'« agression » par l'ensemble de la classe politique libanaise, l'intervention américano-britannique en Iraq en mars 2003 pousse R. Hariri à présenter la démission de son gouvernement, qui est aussitôt remplacé par un nouveau cabinet, agréé par Damas et apte à faire face aux menaces américaines contre la Syrie.
À l'approche de l'élection présidentielle de novembre 2004, la Constitution libanaise est amendée, à titre provisoire et sur injonction syrienne, afin de permettre au président Lahoud d'obtenir une reconduction de son mandat pour une durée de trois ans. Ce coup de force de Damas intervient au lendemain de l'adoption par le Conseil de sécurité de l'O.N.U. de la résolution 1559 – proposée par la France et soutenue par les États-Unis – qui met en garde contre toute ingérence dans le processus de l'élection présidentielle libanaise et réclame le départ de toutes les forces étrangères présentes dans le pays ainsi que le « démantèlement et le désarmement de toutes les milices, libanaises et non libanaises ». L'interventionnisme syrien est ouvertement contesté par R. Hariri, qui présente sa démission le 20 octobre, et par l'opposition, qui rejette le nouveau gouvernement prosyrien formé et dirigé par Omar Karamé.
Le 14 février 2005, la mort de l'ex-président du Conseil R. Hariri et celle de vingt-deux personnes dans un attentat à la voiture piégée à Beyrouth suscite l'indignation au sein de la communauté internationale et au Liban, où elle entraîne un nouveau clivage entre loyalistes et opposants. À l'exception de la minorité chiite, fidèle à la ligne loyaliste prônée par ses deux principaux partis, Amal et Hezbollah, ce clivage ne recouvre pas celui des communautés. Piliers du camp loyaliste, le président du Conseil, le sunnite O. Karamé et son ministre de l'Intérieur, le maronite Soleiman Frangié, sont également rejoints par le parti démocratique libanais du Druze Talal Arslan. L'opposition, extrêmement morcelée, rassemble des formations chrétiennes telles que le Courant national libre du général Aoun (en exil en France), le parti des Forces libanaises aux côtés du P.S.P. du Druze W. Joumblatt, le Bloc national libanais de Carlos Eddé, le Mouvement réformiste des Kataëb (issu d'une scission au sein des Phalanges) ou encore le parti national libéral (P.N.L.) de l'ancien président C. Chamoun.
Au lendemain de l'assassinat de R. Hariri, les États-Unis et la France demandent au Conseil de sécurité des Nations unies une enquête internationale et le rétablissement de la souveraineté au Liban, tandis que des Libanais de toutes confessions défilent massivement dans les rues de Beyrouth aux cris de « Musulmans, chrétiens, ensemble contre les Syriens ». Après des funérailles nationales, l'opposition appelle à un « soulèvement de l'indépendance » et, imputant la responsabilité de l'attentat au « système sécuritaire syro-libanais », elle réclame le départ du gouvernement et le retrait des 14 000 soldats syriens stationnés sur le sol libanais.
Le 8 mars, à l'appel du dirigeant du Hezbollah, Hasan Nasrallah, plusieurs centaines de milliers de loyalistes manifestent leur soutien à Damas et leur rejet de la résolution 1559. Le 14, l'opposition appelle les Libanais de toutes confessions (près d'un million de manifestants se rassemblent sur la place des Martyrs) à exiger la vérité sur l'assassinat de R. Hariri. Après avoir annoncé un redéploiement de ses forces dans l'est du Liban, sans en préciser la date, la Syrie achève le retrait précipité de ses troupes le 26 avril. Démissionnaire une première fois, le 28 février, désigné deux semaines plus tard pour former un nouveau cabinet, O. Karamé finit par jeter l'éponge le 30 mars, après avoir essuyé le refus de l'opposition de participer à un gouvernement d'union nationale.
Najib Mikati, homme d'affaires et ancien ministre proche de la Syrie, mais soutenu par l'opposition, est désigné à la tête d'un gouvernement de transition chargé de garantir les nouvelles élections.
Les élections législatives se déroulent en quatre étapes, du 29 mai au 20 juin 2005. Les votes se répartissent selon les clivages confessionnels. Dénommée « courant du 14 mars » (en référence au 14 mars 2005, date à laquelle les manifestations de ses partisans ont abouti à la démission du cabinet Karamé), la coalition antisyrienne – forte d'une dizaine de formations, dont le Courant du futur du député Saad Hariri, fils de l'ex-président du Conseil assassiné, le P.S.P. de W. Joumblatt, les Forces libanaises et le groupe dit « de Kornet Chehouane » qui rassemble le parti des Kataëb et des indépendants – remporte la majorité absolue au sein du nouveau Parlement avec 72 sièges sur 128. Sous l'appellation de « Bloc de la résistance et du développement », l'opposition prosyrienne rassemble désormais les partis chiites Amal et Hezbollah (14 sièges chacun), le parti social nationaliste syrien (2 sièges) ainsi que le Courant patriotique libre (C.P.L.) du général Aoun, rentré d'exil peu auparavant. Ce dernier obtient 21 sièges – un score inattendu, qui bouleverse l'échiquier politique libanais – et se rallie à ses anciens adversaires.
Symbole de l'ingérence syrienne au Liban, Nabih Berri, leader de Amal, est réélu (pour la quatrième fois) à la présidence du Parlement. Un proche de R. Hariri, l'ancien ministre des Finances Fouad Siniora devient président du Conseil. Il dirige un cabinet composé à parts égales de chrétiens (à l'exception du C.P.L. du général Aoun, qui a des visées présidentielles) et de musulmans. Le Hezbollah, qui souhaite consolider son intégration politique, y détient deux ministères.
Le rapport de la commission d'enquête de l'O.N.U. (remis à Kofi Annan par le juge allemand Detlev Mehlis) sur l'attentat ayant coûté la vie à R. Hariri met en cause – s'appuyant sur des « preuves convergentes » – l'implication de la Syrie et des autorités libanaises dans cet acte terroriste. À l'occasion de la mort du député Gébrane Tueini, farouche opposant au régime syrien tué dans un attentat le 12 décembre 2005 (le quatorzième depuis un an), le gouvernement libanais demande au Conseil de sécurité l'ouverture d'une enquête internationale et la création d'un tribunal international sur l'assassinat de R. Hariri.
Le « dialogue national », entamé en mars 2006 par les principales formations politiques libanaises, permet d'obtenir, fin juin, un accord sur quatre points : le refus de toute présence armée palestinienne hors des camps de réfugiés, l'établissement de relations amicales avec la Syrie, la reconnaissance de l'identité libanaise des « Hameaux de Chebaa », la formation d'un tribunal « à caractère international ». Les discussions achoppent sur une double impasse : celle de la démission du président de la République et celle du désarmement du Hezbollah.
Le dialogue interlibanais est soudainement interrompu le 12 juillet par l'enlèvement de deux soldats israéliens à la frontière israélo-libanaise par un commando du Hezbollah. La résistance de la milice chiite aux incursions israéliennes vaut au Liban de subir la plus agressive des ripostes lancées depuis 1982 par l'État hébreu. Initialement concentrée sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, la vague de bombardements israéliens s'étend à l'ensemble du territoire libanais et provoque un champ de ruines : plus de 1 300 morts, près de 4 000 blessés, 1 million de personnes déplacées, des infrastructures civiles détruites. Réuni en urgence à la demande du gouvernement de F. Siniora, qui récuse toute responsabilité dans cet acte unilatéral du Hezbollah, le Conseil de sécurité de l'O.N.U. adopte le 11 août la résolution 1701, exigeant une cessation immédiate des hostilités (un cessez-le-feu intervient le 14 août), demandant le déploiement de l'armée libanaise et des forces de la Finul (dont l'effectif est renforcé) dans le sud du pays, entre le fleuve Litani et la « ligne bleue », ainsi que le retrait parallèle des forces israéliennes.
Lors de l'achèvement du retrait israélien le 1er octobre, les principaux contentieux subsistent : les deux soldats israéliens enlevés n'ont pas été libérés ; le statut des Hameaux de Chebaa n'a connu aucune avancée. Sur la scène intérieure libanaise, le Hezbollah – dont le réarmement via la frontière libano-syrienne ne fait plus aucun doute – est devenu un État dans l'État.
Fort de la légitimité acquise pour sa résistance à Israël, le Hezbollah exige un gouvernement d'union nationale au sein duquel il détiendrait une minorité de blocage ; exigence par la suite surenchérie par celle d'un gouvernement de transition chargé d'élaborer une nouvelle loi électorale. Le 11 novembre, avant-veille de l'adoption de deux documents relatifs à la création d'un tribunal à caractère international, la rupture est consommée avec la démission des cinq ministres chiites. S'ouvre alors une longue polémique sur la légitimité constitutionnelle du gouvernement Siniora. Selon l'opposition, le Liban doit être gouverné avec le consensus des communautés les plus importantes ; les chiites n'étant plus au gouvernement, ce dernier est illégitime. Selon le « courant du 14 mars », le gouvernement jouit de la légitimité électorale que lui a donnée la majorité au Parlement. Ces divisions sont exacerbées par l'assassinat, le 21 novembre, de Pierre Gemayel, ministre de l'Industrie et fils de l'ancien président A. Gemayel. À partir du 1er décembre, des centaines d'opposants prosyriens campent dans le centre de Beyrouth pour obtenir la démission du gouvernement Siniora.
Tout au long de l'année 2007, les médiations engagées par la Ligue arabe échouent à rapprocher les parties. Le « courant du 14 mars » accuse l'opposition d'être au service de l'Iran et de la Syrie et de trahir les intérêts du pays ; celle-ci renvoie l'accusation en traitant la coalition au pouvoir d'instrument de la politique américaine puis, après l'adoption le 30 mai de la résolution 1757 imposant la création d'un tribunal « à caractère international », de soumettre le pays à la loi de l'étranger. Alors que la recrudescence des violences fait planer la menace d'affrontements confessionnels et de guerre civile, l'armée – ultime symbole de l'unité du pays dans sa diversité – devient l'institution la plus populaire, notamment au lendemain de sa victoire obtenue, après plusieurs mois de siège (mai-septembre 2007) et malgré son sous-équipement, sur le Fatah al-Islam, un mouvement armé implanté dans le camp de Nahr al-Bared et revendiquant une affiliation avec al-Qaida.
Pendant l'été, les divergences, reflet des tensions interrégionales, sur l'élection du nouveau président de la République plongent le pays dans une crise institutionnelle. Depuis le 24 novembre 2007, date de l'expiration du mandat de É. Lahoud, la fonction présidentielle est vacante malgré l'afflux des émissaires étrangers et la feuille de route présentée en janvier 2008 par la Ligue arabe pour aider le pays du Cèdre à sortir de la crise. Début mai, le Hezbollah prend par la force le contrôle de Beyrouth-Ouest, fief de la majorité sunnite, et de la montagne druze après une double décision du gouvernement de F. Siniora de révoquer un responsable de la sécurité de l'aéroport international de Beyrouth suspecté d'être lié au parti de Dieu et celle de décréter hors la loi un réseau de télécommunications construit parallèlement au réseau officiel dans plusieurs régions par le Hezbollah. À Beyrouth, le mouvement dégénère en bataille de rue meurtrière entre partisans sunnites du gouvernement et le Hezbollah qui chasse de leurs locaux les membres du Courant du futur de S. Hariri. Les combats s'étendent à Tripoli et Halba, au nord du Liban, et dans la région montagneuse du Chouf. L'armée est restée neutre par crainte d'une scission communautaire en son sein. Le 14 mai, après la fin des combats qui ont fait plus de 60 victimes, le gouvernement annule les deux décisions prises à l'encontre du Hezbollah.
Grâce à une médiation de la Ligue arabe et du Qatar entamée le 10 mai 2008, majorité et opposition réunis à Doha acceptent de reprendre le dialogue et parviennent le 21 mai à un compromis prévoyant l'élection immédiate d'un président de la République, la formation d'un gouvernement d'union nationale chargé pendant l'unique année de son mandat de préparer les élections législatives du printemps 2009. En vertu de l'accord de Doha, le général Michel Sleimane, commandant en chef de l'armée depuis 1998 et unique candidat de consensus adoubé par l'opposition et la majorité, est élu à la tête de l'État le 25 mai par 118 voix sur 127. Au terme de laborieuses tractations, un gouvernement d'union nationale est formé le 11 juillet, sous l'autorité de F. Siniora. L'autonomie millitaire du Hezbollah – question-clé qui oppose majorité et opposition – figure parmi les priorités devant être débattues au sein d'une conférence de dialogue national.
L'année 2008 est également marquée par l'annonce officielle, le 15 octobre, de l'établissement de relations diplomatiques entre le Liban et la Syrie. L'ouverture d'ambassades à Beyrouth et Damas, pour la première fois depuis l'indépendance des deux pays il y a plus de 60 ans, intervient avant la fin de l'année 2008.
Les élections législatives du 7 juin 2009 sont remportées par le « courant du 14 mars » de S. Hariri, qui, avec 71 sièges sur 128, conserve la majorité absolue ; 57 sièges reviennent aux forces du « 8 mars », rassemblant le Hezbollah et ses alliés druze et chrétien, notamment le Courant patriotique libre (C.P.L.) de Michel Aoun. Peu après la réélection de Nabih Berri, dirigeant chiite du parti Amal, à la tête du Parlement pour un cinquième mandat consécutif, ce dernier élit S. Hariri à la tête du futur gouvernement. Après cinq mois de blocages et de tractations autour de la répartition des portefeuilles ministériels entre majorité et opposition, S. Hariri parvient, le 9 novembre, à former un gouvernement « d'union nationale », mais il a été contraint, malgré sa victoire aux législatives, de céder dix des trente ministères à l'opposition chiite et maronite, dont deux au Hezbollah.
Voir plus
Voir plus