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crises et guerres des Balkans

Les Balkans, 1912-1913
Les Balkans, 1912-1913

1. Guerre serbo-turque (1876)

Révoltés par les atrocités des bachi-bouzouks, la Serbie et le Monténégro déclarent la guerre aux Turcs. Battus à Aleksinac et à Novi Pazar (→ Sandjak de Novi Pazar), ils sont sauvés par le tsar, qui impose aux Turcs un armistice, le 1e novembre 1876.

2. Guerre russo-turque (1877-1878)

Les Turcs ayant rompu cet armistice, le tsar, allié aux Monténégrins, leur déclare la guerre le 24 varil 1877. Tandis que l'armée Melikov entre en Arménie et menace Erzurum, les 250 000 du grand-duc Nicolas, appuyés par 60 000 Roumains, franchissent le Prout puis le Danube (27 juin), et, tournant les forces turques au sud de la Dobroudja, s'emparent du col de Sipka et menacent Andrinople (Edirne). Stopés dans leur avance par la résistance d'Osman Paşa à Plevna (Pleven) [juillet-décembre 1877], les Russes ne franchissent les Balkans qu'au début de janvier 1878. Après avoir détruit l'armée de Süleyman Paşa, ils s'emparent d'Andrinople et s'arrêtent à San Stefano. Le traité de San Stefano (3 mars 1878) consacre la victoire russe en créant un grand État bulgare ; il sera suivi par le congrès de Berlin.

3. Guerre serbo-bulgare (1885)

Après l'union de la Roumélie orientale avec la Bulgarie (1885), la Serbie, estimant rompu l'équilibre politique dans les Balkans, déclare la guerre le 13 novembre. Mais les Serbes, battus à Slivinca, en Bulgarie, perdent bientôt leur propre ville de Pirot quand l'Autriche leur impose la paix (28 novembre). Le traité de Bucarest (3 mars 1886) confirme l'union roumélo-bulgare.

4. Guerre gréco-turque (1897)

Répondant à l'appel des Crétois, soulevés contre le sultan, la Grèce ouvre les hostilités en Thessalie et envoie un détachement occuper la Crète (février 1897). Mais les Grecs sont battus en Épire à Tyrnavos et à Pharsale (avril-mai). L'intervention des grandes puissances impose un traité à Istanbul le 4 décembre : la Grèce doit renoncer à la Crète et subir une rectification de frontières en Thessalie.

Pour en savoir plus, voir l'article Empire ottoman.

5. Première guerre balkanique (1912-1913)

Profitant de la guerre italo-turque, et soucieux de résister à la politique xénophobe des Jeunes-Turcs, la Serbie, la Bulgarie, la Grèce et le Monténégro déclarent la guerre à la Turquie le 18 octobre 1912.

560 000 hommes s'opposent à 350 000 Turcs répartis en Thrace et en Macédoine. Battus à Kirk-Kilissa (auj. Kırklarelı) et à Lüleburgaz par les Bulgares le 2 novembre, les Turcs se replient sur les lignes de Čatalca, couvrant Istanbul.

Les Serbes, conduits par Putnik, sont vainqueurs à Kumanovo (24 octobre), à Veles (auj. Titov Veles) et à Iştip (auj. Štip). Le 9 novembre, les Alliés entrent à Salonique ; les Serbes prennent Monastir (auj. Bitola), Ohrid et Durazzo (Durrës), tandis que les Grecs assiègent Jannina (novembre).

Après un armistice de deux mois, la guerre reprend le 3 février 1913 : Jannina capitule le 21 février, Andrinople le 26 et Scutari (Shköder) le 22 avril.

Le traité de Londres, signé le 30 mai 1913, met fin à la guerre : la Turquie cède aux alliés balkaniques la Crète et les territoires à l'O. de la ligne Enos-Midia.

6. Deuxième guerre balkanique (1913)

La répartition des territoires conquis par les Turcs, l'impuissance de l'arbitrage russe, les intrigues de l'Autriche amènent la reprise des hostilités entre les Bulgares et leurs anciens alliés.

Une offensive bulgare (235 000 hommes) atteint le Vardar et menace Salonique ; mais une contre-offensive des Serbes et des grecs les refoule jusqu'à Strumica et Kilkis. Les Roumains, inquites de la puissance de la Bulgarie, marchent alors sur Sofia, les Grecs envahissent la Thrace et les Turcs réoccupent Kirk-Kilissa et Andrinople (juillet).

Le traité de Bucarest du 10 août fait perdre aux Bulgares, vaincus, une grande partie des territoires conquis en 1912 et 1913.

7. Campagnes des Balkans pendant la Première Guerre mondiale

→ expédition des Dardanelles, campagnes de Macédoine, campagne de Serbie, péninsule des Balkans.

8. Guerre gréco-turque (1921-1922)

L'armistice de Moúdhros (30 octobre 1918) ayant permis à la Grèce d'occuper Smyrne, Constantin Ier, revenu au pouvoir après la mort d'Alexandre, fait franchir à ses troupes la frontière. Il provoque une vive réaction des Turcs, qui, sous la conduite de Mustafa Kemal, assisté d'Ismet Paşa, les arrêtent à Inönü.

En mars et en août, les Grecs prennent l'offensive et arrivent à 60 km d'Ankara ; mais ils doivent se replier devant les kémalistes. L'année suivante, les Turcs passent à l'offensive (août 1922). Abandonnée par les Alliés indisposés par le retour de Constantin, décimée et déprimée, l'armée hellène est enfoncée dans la boucle d'Afyonkarahisar et reflue en pleine déroute sur Smyrne, où la cavalerie kémaliste entre le 9 septembre. Le 26, une révolution à Athènes amène l'abdication du roi en faveur de son fils Georges. Le commandant en chef et les ministres responsables du désastre son exécutés (novembre). L'armistice de Mudanya (11 octobre 1922) est entériné par le traité de Lausanne (1923).

9. Campagnes des Balkans (1940-1945)

D'octobre 1940 à mai 1945, les Balkans constituent un théâtre d'opérations à peu près permanent. Le conflit italo-grec met le feu aux poudres.

9.1. Offensive italienne en Grèce

En envahissant la Grèce depuis l'Albanie le 28 octobre 1940, Mussolini croit en une victoire rapide. Mais, dès le 21 novembre, les divisions de Badoglio sont repoussées en Albanie. Seul le mauvais temps arrête les forces de Papághos. L'intervention italienne a provoqué l'arrivée des Britanniques en Crète.

9.2. Invasion de la Yougoslavie par la Wehrmacht

Aussi, pour parer à toute menace sur ses flancs avant l'invasion de l'URSS, Hitler décide-t-il d'occuper la Grèce (opération Marita). Mais le coup d'État de Belgrade (27 mars 1941) ayant fait basculer la Yougoslavie dans le camp anglais, Hitler fait improviser en quelques jours un plan d'opérations contre ce pays.

Grâce au stationnement de la Wehrmacht en Hongrie, en Roumanie et en Bulgarie, deux opérations simultanées peuvent être lancées le 6 avril 1941. Belgrade, violemment bombardée, est occupée dès le 12 par trois colonnes blindées parties le 8 de Sofia, de Timişoara et du lac Balaton. Simultanément, l'armée von Weichs, depuis la Carinthie, s'enfonce facilement en Croatie et parvient le 15 avril à Sarajevo. Une armée italienne est entrée en Dalmatie. Le 17, la Yougoslavie capitule.

9.3. La Grèce sous la coupe du Reich

La Grèce est conquise par une double manœuvre de la XIIe armée (→ List). L'attaque de la ligne Metaxás, qui protège la frontière gréco-bulgare, aboutit en trois jours (6-9 avril) à la prise de Thessalonique et à la reddition de la IIe armée grecque. En même temps, le 40e corps blindé (Stumme), surgissant sur le haut Vardar, isole les Grecs des Yougoslaves, atteint Prilep le 8 et Flórina le 10, débordant par l'ouest le corps expéditionnaire britannique (général Wilson), installé entre les armées grecques d'Albanie et de Thrace. Les Néo-Zélandais se battent aux Thermopyles du 22 au 25 avril pour permettre le rembarquement au Pirée, vers la Crète, d'une grande partie du corps expéditionnaire. L'isthme de Corinthe saisi le 26, Athènes occupée le 27, toute la Grèce à l'exception de la Crète est le 30 avril aux mains de la Wehrmacht.

9.4. Résistance yougoslave

L'occupation de la Yougoslavie et de la Grèce se heurte à une résistance acharnée. Tchetniks (Četnici) du général Mihajlović, Partisans de Tito, maquis grecs de l'ELAS et de l'EDES fixent dans les Balkans jusqu'à 20 divisions allemandes.

Après la capitulation italienne, aidé par une mission britannique, Tito met sur pied une véritable armée (250 000 hommes) qui lui permet de libérer son territoire sans l'aide des Soviétiques. Ceux-ci, entrés en Roumanie en août 1944, pénètrent en Hongrie (Malinovski) et en Bulgarie. De Sofia (15 septembre), Tolboukhine, par la Morava, progresse jusqu'à Belgrade (19-20 octobre) libérée par Tito. Les forces de von Weichs, qui ont évacué la Grèce en septembre, doivent alors se frayer le passage à travers l'armée de libération de Tito. Celle-ci, prenant l'offensive entre Save et Drave au début de 1945, entre à Trieste le 1er mai et fait sa jonction le 3 avec les forces britanniques d'Italie.

Pour en savoir plus, voir l'article Seconde Guerre mondiale.