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La Réunion (974)

La Réunion
La Réunion


Département et Région français d'outre-mer (D.R.O.M.), constitué par une île de l'océan Indien, à 560 km à l'E. de Madagascar.
Le D.R.O.M. appartient à l'académie de La Réunion, à la cour d'appel de Saint-Denis, à la zone de défense sud de l'océan Indien.
La Réunion fait partie des régions ultra-périphériques de l'Union européenne.

  • Chef-lieu de département : Saint-Denis
  • Chefs-lieux d'arrondissements : Saint-Benoît, Saint-Paul, Saint-Pierre
  • Nombre d'arrondissements : 4
  • Nombre de cantons : 49
  • Nombre de communes : 24
  • Superficie : 2 511 km2
  • Population : 821 136 hab. (recensement de 2010)
  • Nom des habitants : Réunionnais

UNE MONTAGNE DANS LA MER

Dans l'océan Indien, à l'E. de Madagascar, par 21° de latitude S., l'île de la Réunion est entièrement d'origine volcanique. Constituée surtout par des basaltes, comme les autres Mascareignes, elle comprend une partie ancienne (entre 2 millions d'années et 450 000 ans) et une partie plus récente avec un volcanisme actuel. La partie ancienne, la plus vaste, correspond à la construction de quatre grands volcans successifs, chacun construit sur les ruines du précédent.

L'édifice, éventré par les entailles gigantesques des trois cirques de Cilaos, Salazie et Mafate, culmine au piton des Neiges (3 069 m). de grands versants abrupts dépassant 1 000 m de hauteur dominent le fond des cirques, tandis que du côté externe les pentes régulières de vastes éléments de planèze descendent progressivement jusqu'à la mer. La partie récente de l'île, occupant le sud-est, est constituée par le massif de la Fournaise, dont la structure est caractérisée par l'emboîtement de trois effondrements concentriques successifs en caldeira. Le piton de la Fournaise (2 631 m) est située au centre de la caldeira la plus récente. La plupart des coulées de lave sont issues de fissures latérales et descendent sur les pentes du Grand-Brûlé, parfois jusqu'à la mer.

La Réunion possède une dissymétrie climatique marquée, avec du côté oriental, au vent de l'alizé, une pluviosité moyenne annuelle de 4 m de pluies à Saint-Benoît, 9 m à la station de Takamaka. La façade occidentale sous le vent est beaucoup plus sèche, avec seulement 700 mm à Saint-Paul. La saison des pluies, qui correspond à la saison chaude (novembre à mai), est aussi celle des cyclones, qui périodiquement ravagent l'île. Les températures varient surtout avec l'altitude. Au niveau de la mer, les températures moyennes oscillent autour de 25 °C du côté sous le vent et de 23 °C du côté au vent. Les températures minimales ne descendent jamais au-dessous de 12 °C, les maximums n'atteignant pas 35 °C. Ces chiffres sont inférieurs d'environ 5 °C à 1 000 m d'altitude.

Primitivement, l'île fut couverte par une forêt du côté au vent et par un bush xérophile au-dessous de 600 m d'altitude du côté sous le vent. La forêt originelle de l'est a été largement défrichée au-dessous de cette altitude, lors du développement des plantations de canne à sucre. Au-dessus de 1 000 m demeurent des peuplements de bambous et de tamarins, remplacés en altitude par des brandes à éricacées (Philippia montana) qui montent jusqu'au sommet. Le parc national de la Réunion couvre 40 % de la superficie de l'île.

PRÈS DE 300 HABITANTS AU KM2

La population est extrêmement dense, puisqu'elle atteint presque 300 habitants par km2 en moyenne. Mais elle est très inégalement répartie : les côtes, où se situent la plupart des villes, en accueillent la grande majorité, et la densité décroît avec l'altitude.

Fruit de la colonisation, le peuplement humain de La Réunion est varié. Les groupes les plus anciens sont composés de descendants des colons européens et des esclaves noirs « importés » d'Afrique orientale et de Madagascar. À partir de la seconde moitié du xixe s. sont venus s'installer des Indiens, de religion hindoue mais aussi musulmane (ces derniers étant appelés les « Z'arabes »), ainsi que des Chinois. Depuis la fin des années 1960, le nombre d'Européens nés à l'extérieur de l'île – les « Z'oreilles » –, attirés par la sur-rémunération dont bénéficient les expatriés (+ 53 % pour les fonctionnaires français) a fortement augmenté. Des métissages divers compliquent cette structure « ethnique » – en réalité très largement économique – qui marque encore profondément les rapports sociaux.

DÉSÉQUILIBRE ET DÉPENDANCE ÉCONOMIQUE

L'île est restée longtemps sous-développée, le principe mis en œuvre par la France étant que les colonies devaient s'autofinancer sans subventions de la métropole. De cette époque date une mise en valeur fondée sur les cultures d'exportation (café, dans un premier temps, puis sucre). Du point de vue de la production, les choses n'ont guère changé : le sucre représente toujours les deux tiers des exportations. D'autres activités subsistent tant bien que mal : culture de plantes à parfum (géranium et vétiver), de vanille, pêche à la langouste. Avec l'urbanisation se sont développées les cultures vivrières et maraîchères. L'industrie se limite pratiquement aux sucreries et distilleries. Le tourisme, dont le potentiel est important étant donné la beauté et la variété des paysages réunionnais, est handicapé par les coûts des facteurs de production, et notamment de la main-d'œuvre, beaucoup plus élevés que dans l'île Maurice voisine. Il est essentiellement le fait de visiteurs métropolitains.

La départementalisation (1946) et les plans d'investissement qui l'ont accompagnée ont profondément changé la donne économique de l'île. Des routes, des écoles, des hôpitaux ont été construits. Les services, pour une large part de type administratif, dominent très largement, et les exportations couvrent moins du dixième des importations. L'essor démographique a aggravé le surpeuplement, atténué par l'émigration. Le secteur public emploie 57 % des actifs. Les inégalités sociales (le taux de chômage atteint 33 % et deux habitants sur dix perçoivent le revenu minimum d'insertion), sources de tensions, sont notables dans l'île, qui est étroitement dépendante de l'aide financière de la métropole.

HISTOIRE

Découverte portugaise, colonisation française

Il semble que l'île soit restée déserte, même après sa découverte par les Portugais – dont Pedro de Mascarenhas qui lui donne le nom de Mascareigne – au début du xvie s., et il faut attendre encore plusieurs années après sa prise de possession par les Français (1638) pour que commence son peuplement. Des colons s'installent dans ce qui s'appelle depuis 1649 l'île Bourbon, dont le développement est concédé à la Compagnie française des Indes orientales (1664). Au début du xviiie s., celle-ci, qui exploite également depuis peu l'île de France (actuelle île Maurice), organise une sorte de division du travail entre les deux îles. À l'île Bourbon, qui ne possède pas de sites portuaires favorables, est dévolue la production, à l'île de France, le commerce international. Les colons français de Bourbon commencent par introduire le caféier. La nouvelle culture, pour se développer, utilise des esclaves noirs prélevés sur la côte orientale de l'Afrique et à Madagascar, et accessoirement des Indes. En 1761, le nombre d'habitants s'élève à 22 500, aux quatre cinquièmes noirs, contre un millier au début du siècle. Les besoins alimentaires de la population (et de celle de l'île de France) entraînent le développement des cultures vivrières (blé, maïs) et de l'élevage. Mais la colonisation ne se fait pas sans mal (difficultés dues au relief, révoltes de « nègres marrons », blocus anglais…), et la production de café stagne, comme celles de girofle ou de poivre. Avec la suppression du privilège de la Compagnie (1767) disparaissent de nombreux abus.

Ruptures

De la Révolution de 1789 à celle de 1848, l'île change plusieurs fois de nom. Elle devient la « Réunion » en 1793 (pour commémorer la « réunion » des Marseillais et des gardes nationaux le 10 août 1792), puis l'île Bonaparte jusqu'à son occupation par les Anglais en 1810. Rendue à la France en 1815, elle redevient alors l'île Bourbon, ne reprenant son nom actuel qu'en 1848. Ses liens traditionnels étant rompus avec l'île Maurice, dont les Anglais ont pris possession en 1815, et les besoins en sucre de la métropole s'étant accrus du fait de la perte de Saint-Domingue, son économie est reconvertie dans la culture de la canne. La population croît rapidement (180 000 habitants en 1860). Après l'abolition de l'esclavage en 1848, une politique d'immigration de travailleurs à faible coût (Indiens tamouls notamment) est menée activement. Mais les petits propriétaires blancs, qui n'ont pas les moyens de recruter des salariés, abandonnent leurs plantations et se consacrent désormais à de pauvres cultures vivrières ou à celle de plantes à parfum dans l'arrière-pays montagneux (les « terres des Hauts »). La société réunionnaise prend à ce moment la forme hiérarchisée qui n'a pas totalement disparu aujourd'hui.

1860 est une année charnière. La crise sucrière mondiale s'installe, et l'économie de La Réunion entre dans une longue phase de stagnation qui se prolonge jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Des facteurs locaux (cyclones, épidémies, épiphyties) aggravent la situation. Le rythme d'accroissement de la population faiblit, l'immigration est bloquée. Malgré une remontée au cours de la décennie 1930, la production de sucre reste inférieure à ce qu'elle était soixante-dix ans plus tôt.

En 1946, année de la départementalisation, l'île compte 225 000 habitants. Les investissements sanitaires font tomber fortement la mortalité, alors que la natalité reste forte. Cette situation, qui se traduit par un taux de croissance naturel de 3 % par an, dure jusqu'à la fin des années 1960, lorsque la fécondité commence à fléchir. La jeunesse de la population, qui en est la conséquence, constitue une donne importante de la vie politique locale. Elle contribue à expliquer, avec les tensions sociales, les poussées de fièvre que connaît fréquemment l'île (manifestations violentes dans le quartier du Chaudron à Saint-Denis en 1992 et 1997). Comme dans tout l'outre-mer, le débat politique porte sur le statut de l'île et l'autonomie, insuffisamment reconnue, aux yeux de la gauche, par les lois de décentralisation de 1982. Par ailleurs, La Réunion est davantage engagée dans la coopération régionale que ses homologues. Elle fait en effet partie de la Commission de l'océan Indien (C.O.I.), créée en 1984.

Pour en savoir plus, voir l'article littérature de La Réunion.