Si le virus de Marburg et celui du Zaïre-Soudan sont morphologiquement analogues, ils sont cependant antigénétiquement différents (ce qui n'empêche pas la maladie qu'ils induisent d'être uniforme dans ses symptômes et sa gravité).

En janvier 1977, la maladie frappait à nouveau, en Angleterre cette fois, le technicien d'un laboratoire britannique travaillant sur le virus : il put être sauvé au prix d'un traitement intensif.

Porcine

Après l'alerte à la grippe porcine, dont le virus est de la même famille que celui de la pandémie de grippe espagnole de 1918, les Américains ont fabriqué en grande série un vaccin efficace contre cette forme particulière de la maladie. Mais, à la fin de 1976, cette vaccination a été suspendue dans bon nombre d'États américains, à la suite de 34 décès imputables au vaccin lui-même.

Pour leur part, les médecins des pays européens n'ont pas jugé utile, au cours de l'hiver 1976-1977, de lancer des campagnes vaccinales systématiques contre la grippe porcine. Des stocks de couverture du vaccin ont néanmoins été constitués.

Bismuth

De 1975 au début de 1977, plusieurs centaines de cas d'intoxication par des sels de bismuth ont entraîné, en France, des encéphalopathies, dont 24 cas mortels. L'Académie de médecine a donné, au printemps de 1976, des conseils de prudence dans l'utilisation thérapeutique du sous-nitrate de bismuth, qui est, par ailleurs, un excellent médicament de certains troubles digestifs.

Quant à l'explication de ces accidents cérébraux, peu nombreux en regard des utilisateurs de sels de bismuth (682 tonnes consommées en 1974), elle reste hypothétique : plusieurs indices permettent de penser que certains germes de la flore digestive transformeraient les sels de bismuth en substances toxiques chez certains sujets.

Vaccins contre l'hépatite et le paludisme

Annoncée au printemps de 1976, la mise au point d'un vaccin contre l'hépatite B chez l'homme, par une équipe tourangelle animée par le professeur Maupas, avait constitué l'un des événements médicaux majeurs de l'année. Le 8 janvier 1977, les médecins et les chercheurs de Tours font connaître les premiers résultats d'une vaccination à l'aide de ce produit, constitué par l'antigène d'enveloppe du virus purifié et inactivé.

Hôpitaux

La vaccination a été pratiquée sur des malades et des membres du personnel soignant de deux unités de rein artificiel, à Tours et à Blois. Ce choix des médecins vaccinateurs s'expliquait par le fait qu'on observe parfois des poussées « quasi épidémiques » d'hépatite B chez les dialyses et le personnel de ces unités, dues à la manipulation et à l'utilisation de sang provenant de donneurs bénévoles qui, sans le savoir, sont atteints de forme fruste de cette hépatite, involontairement transmise aux malades et à ceux qui les soignent.

Chez presque tous les vaccinés, l'apparition d'anticorps antivirus B, ou une augmentation du taux de ces anticorps, a apporté la preuve de l'efficacité du vaccin et, par voie de conséquence, celle du renforcement de l'immunité organique naturelle contre ses méfaits éventuels. Le docteur Maupas et ses collaborateurs estiment que la vaccination spécifique contre l'hépatite B pourrait être étendue à l'ensemble du personnel hospitalier (services cliniques et laboratoires), ainsi qu'aux malades soumis à un haut risque de contamination (dialyses, polytransfusés).

Cancer

De plus, il n'est pas impossible que le vaccin antihépatite soit efficace dans la prévention de certains cancers, celui du foie en particulier. De nombreux faits semblent indiquer que le virus de l'hépatite B pourrait être l'agent, direct ou indirect, du processus pathologique qui, en Afrique intertropicale, est à l'origine du cancer primitif du foie, extraordinairement répandu dans ces contrées.

Dès lors, une vaccination systématique contre l'hépatite B, réalisée dans une zone à haute endémicité hépatite-hépatome (cancer primitif du foie), permettrait peut-être la diminution de la fréquence, voire l'éradication, du cancer du foie. C'est là l'espérance, la première scientifiquement fondée, d'un vaccin contre le cancer.

Paludisme

Sur les 450 espèces d'anophèles identifiées dans le monde, 80 sont reconnues comme vecteurs du paludisme. Cela explique, en partie, l'endémicité mondiale de la maladie que, malgré tous ses efforts, l'OMS n'a pas réussi à éradiquer.