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les Trois-Évêchés

Généralité et gouvernement de la France constitués en territoire lorrain par les trois villes et évêchés de Metz, Toul et Verdun, de 1648 à 1790.

xive-xve siècles : sous protection française

À la faveur du désordre qui règne en Lorraine au xive siècle, la France intervient dans cette région où elle convoite, en particulier, les trois cités épiscopales de Metz, Toul et Verdun, qui tiennent des positions stratégiques de premier ordre et possèdent chacune d'importants domaines. Menacés par le duc de Lorraine, les comtes de Bar et de Luxembourg et par le duc de Deux-Ponts, Toul (1300) et Verdun (1315) acceptent la Garde française. Reprenant à son compte la politique française, Louis d'Orléans prend sous sa protection ces deux cités (1402-1407).

Au cours d'une expédition en Lorraine (1444-1445), Charles VII rétablit la Garde française sur Toul et Verdun et tente en vain d'attirer Metz dans sa vassalité.

Annexion des Trois-Évêchés par la France

En 1544, l'invasion en Lorraine des troupes de Charles Quint, qui s'avancent jusqu'à Meaux, détermine les trois villes, trop faibles pour assurer leur défense, à choisir pour maître le roi de France, désireux, quant à lui, de renforcer la frontière du nord-est du royaume par l'annexion de ces cités. Profitant des luttes intestines de l'Empire, Henri II conclut le traité de Chambord (15 janvier 1552) avec les princes protestants allemands qui lui accordent – moyennant la promesse de subsides – le droit d'occuper les villes d'Empire de langue française, notamment Metz, Toul et Verdun, en qualité de vicaire d'Empire.

En avril 1552, le roi entre à Toul et à Metz, puis occupe Verdun en juin. Le siège victorieux que soutient à Metz le duc François de Guise contre Charles Quint (octobre 1552-janvier 1553) assure à la France la possession des Trois-Évêchés, où la suzeraineté de l'Empire demeure cependant reconnue en principe. L'annexion de facto n'est transformée en annexion de jure que le 24 octobre 1648 au traité de Münster (→  traités de Westphalie).

Vie administrative et économique

Les Trois-Évêchés forment dès lors un gouvernement et une généralité (ou intendance) placés sous l'autorité d'un gouverneur et d'un intendant installés à Metz. Mais ils perdent définitivement leur indépendance dès 1633 avec la création à Metz d'un parlement. Dotés des institutions françaises, ils deviennent un pays de salines en ce qui concerne la gabelle et un pays d'étranger effectif au point de vue des traites : à ce titre, ils commercent librement avec les pays étrangers, mais se heurtent à un dense réseau de douanes du côté des provinces françaises.

Préparée par le régime de protection inauguré au xive siècle, la réunion à la France des Trois-Évêchés ne suscite pas d'opposition dans la population, qui fera toujours preuve de loyalisme à l'égard du roi. Les évêques des trois villes seront des prélats dociles, mais les parlementaires de Metz suivront les magistrats des autres cours du royaume dans leur opposition au pouvoir royal au xviiie siècle.

Comme la Lorraine, les Trois-Évêchés connaissent, à partir de 1700, une phase de prospérité dans les domaines démographique et économique après avoir subi, au xviie siècle, une véritable catastrophe démographique due aux épidémies de peste (1630-1640) et à la guerre de Trente Ans, laquelle paralyse, en outre, l'économie.

La généralité et le gouvernement des Trois-Évêchés disparaissent lors de la réforme administrative de 1790, qui répartit leur territoire entre les quatre départements de la Meurthe, de la Meuse, des Vosges et de la Moselle, dont Metz devient le chef-lieu.