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Syracuse

en italien Siracusa

Pantalica
Pantalica

Ville d'Italie, sur la côte orientale de la Sicile.

  • Population : 115 675 hab. (recensement de 2011)
  • Nom des habitants : Syracusains

Archevêché. Centre commercial et industriel (raffinerie de pétrole et pétrochimie, cimenterie, chantiers navals).

L'HISTOIRE DE SYRACUSE

La plus grande cité antique d'Occident (après Carthage) fut fondée vers 734 avant J.-C. par un émigré de Corinthe dans un îlot côtier, dénommé Ortygie ; une source fraîche, Aréthuse, y fut l'objet d'une légende, celle de la nymphe Aréthuse, changée en source par Artémis. Les colons grecs réduisirent à un état voisin du servage la population indigène sicule, dont les tombeaux rupestres et les vestiges d'habitations ont été retrouvés en divers endroits. Mais la cité, qui fonda ses propres colonies dès les viie s.-vie s. avant J.-C. (Akrai, Camarine), accueillit aussi d'autres Grecs, et cette population de caractère mêlé offrit un terrain favorable à l'instabilité politique qui se manifesta pendant toute l'époque grecque.

Face à l'aristocratie terrienne des gamores, les nouveaux venus constituaient une plèbe, qui chassa les gamores en 486 avant J.-C. Cet événement est le premier jalon bien repéré de l'histoire intérieure, sans être certainement le premier changement politique. L'aristocratie revint au pouvoir avec le tyran de Gela, Gélon (540-478 avant J.-C.), qu'elle avait appelé à l'aide. Gélon gouverna bien la cité, qu'il défendit contre les Carthaginois à la bataille d'Himère (480 avant J.-C.) et dont il accrut la population (nouvel apport, extension du droit de cité) et l'étendue : à Ortygie, reliée à la terre ferme par une digue, s'ajouta le quartier bas, qui la séparait du vaste sommet de l'Achradine et où s'établit l'agora. L'extension de la cité devait englober aussi plusieurs vastes quartiers : Tyche, les Épipoles, Neapolis. Hiéron Ier (478-466 avant J.-C.), frère de Gélon, assura la domination de Syracuse dans presque toute la Sicile. Il protégea les poètes, qu'il avait attirés à sa cour (Eschyle, Pindare, Simonide), mais gouverna de façon tyrannique. Peu après lui, la démocratie fut restaurée et se consolida par l'institution du pétalisme, sorte d'ostracisme visant les citoyens dont l'influence pouvait devenir excessive. Les mercenaires qui avaient été utilisés par les tyrans se révoltèrent, mais en vain (450 avant J.-C.).

En 415 avant J.-C., l'attaque athénienne contre Syracuse aurait pu être fatale, car les habitants n'étaient guère préparés. Mais le siège ne fut effectif qu'en 414 avant J.-C., et les Syracusains eurent le temps de s'organiser et de faire si bien face à la situation que les Athéniens, d'assiégeants, se retrouvèrent plutôt dans la situation d'assiégés et, malades, démoralisés, se retirèrent (413 avant J.-C.). Les prisonniers que ces derniers laissèrent furent vendus ou enfermés dans les célèbres latomies, vastes carrières à ciel ouvert profondément creusées en bordure des remparts méridionaux. Au lendemain de cet épisode, la constitution se démocratisa davantage sous l'influence de Dioclès, auteur d'un code de loi (411 avant J.-C.). Mais Syracuse semblait destinée à demeurer un lieu d'élection de la tyrannie, qui lui procura quelques maîtres notables.

Ainsi Denys Ier l'Ancien, tyran de 405 à 367 avant J.-C., qui avait glissé du parti aristocratique à celui du peuple, s'était fait élire stratège, avait favorisé ses soldats, s'était fait attribuer une garde personnelle et s'était établi en maître dans Ortygie transformée en forteresse. Il renforça les moyens de défense (remparts, vaisseaux) d'une ville qui s'accroissait encore par l'afflux de Grecs de Sicile fuyant les Carthaginois ; face à ceux-ci, il n'eut pas que des succès. Il laissa la cité plus forte que jamais et la dota de nouveaux temples et de gymnases. Les historiens anciens ont transmis bien des anecdotes relatives à sa cruauté et à son caractère soupçonneux (l'épée de Damoclès). Son fils, Denys II le Jeune (367-344 avant J.-C.), plutôt indolent et dépourvu de sens pratique, se laissa ballotter entre des conseillers d'opinions opposées et ne sut pas résister à la turbulence de la population, qui le chassa à deux reprises, sous l'impulsion de Dion en 357 avant J.-C., puis de Timoléon de Corinthe, restaurateur des institutions démocratiques, en 344 avant J.-C. Après une période de troubles, la tyrannie réapparut avec Agathocle (317-289 avant J.-C.), qui rétablit la primauté de Syracuse sur les cités grecques de Sicile, se proclama roi, mais qui se signala par sa cruauté. Hiéron II (265-215 avant J.-C.), proclamé roi après une guerre victorieuse contre les Mamertins, ne tarda pas à s'allier à Rome. Sa législation financière judicieuse, en partie conservée au temps de la Sicile romaine, contribua à assurer la prospérité économique. Son successeur, Hiéronymos (215-214 avant J.-C.), s'allia aux Carthaginois, et, après sa mort, le parti punique l'emporta dans la cité. La guerre avec Rome s'ensuivit. Le consul M. Claudius Marcellus entreprit un siège laborieux (214-212 avant J.-C.), qui l'opposa à l'ingéniosité du savant syracusain Archimède (287-212 avant J.-C.), inventeur de machines de guerre. Archimède périt dans l'assaut final, qui réussit grâce à une trahison. Le butin fut considérable. Syracuse devint la résidence des gouverneurs romains de Sicile. Une colonie fut fondée sous Auguste, et un amphithéâtre fut construit. Plus tard, des catacombes furent creusées. Le sac de 878 par les Arabes amoindrit définitivement l'agglomération. La ville médiévale et moderne s'est surtout tassée dans Ortygie.

C'est près de Syracuse que fut signée, le 3 septembre 1943, la convention d'armistice entre l'Italie et les Alliés. Elle impliquait la capitulation sans condition de l'Italie et la livraison de sa flotte de guerre, qui fut rassemblée à Malte. Cet armistice fut tenu secret jusqu'au 8 septembre.

L'ARCHÉOLOGIE ET L'ART À SYRACUSE

Syracuse possède encore des vestiges antiques grandioses. Le théâtre grec (ve s. avant J.-C.) est l'un des plus grands de l'Antiquité. C'est là que fut donnée la première représentation des Perses d'Eschyle. La zone archéologique comprend également l'autel dédié à Hiéron II, les latomies, l'amphithéâtre romain. À Ortygie, il reste le temple dorique d'Apollon (début du vie s. avant J.-C.) et celui d'Athéna (ve s. avant J.-C.), inclus en partie dans la cathédrale (viie s.-xviiie s.), ainsi que la fontaine Aréthuse. Les fortifications des Épipoles (ive s. avant J.-C.), dominées par le château de l'Euryale, sont un des édifices défensifs antiques le mieux conservés.

De l'époque médiévale, Syracuse conserve le château Maniace (environ 1240), des églises et des palais (palais Bellomo, aujourd'hui Musée régional). La ville abrite également de beaux monuments baroques, surtout du xviiie s.

Le Musée archéologique régional Paolo Orsi, installé dans un édifice moderne dû à l'architecte Franco Minissi, comporte une section préhistorique et de très riches collections grecques (sculptures, bronzes, céramiques). La Pinacothèque du Musée régional abrite notamment l'Annonciation d'Antonello de Messine.

MILITAIRE

C'est près de Syracuse que fut signée, le 3 septembre 1943, la convention d'armistice entre l'Italie et les Alliés.