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Pompéi

en italien Pompei

Pompéi et le Vésuve
Pompéi et le Vésuve

Ville d'Italie, en Campanie (province de Naples), au pied du Vésuve.

  • Population : 25 503 hab. (recensement de 2011)

L'HISTOIRE DE LA VILLE

La ville, bâtie par les Osques au vie s. avant J.-C., tombe sous l'influence des Grecs, est occupée quelques années par les Samnites, vers 425-420 avant J.-C., devient l'alliée de Rome en 290 avant J.-C., tout en gardant sa culture osque, et se révolte lors de la guerre sociale. Prise par Sulla en 89 avant J.-C., elle devient alors colonie romaine, avec le latin comme langue usuelle. Prospère grâce à son terroir, elle attire par son climat de riches Romains, qui viennent y villégiaturer. En 59 après J.-C., une rixe provoquée par les jeux de l'amphithéâtre oppose ses habitants et ceux de Nuceria Alfaterna (aujourd'hui Nocera Inferiore). En 62, un tremblement de terre qui cause de gros dégâts annonce la reprise de l'activité du Vésuve, qui, du 24 au 28 août 79, ensevelit la ville sous une pluie de cendres et de lapilli, étouffant de très nombreux habitants ; Pline l'Ancien, qui commandait alors la flotte de Misène, accourut au secours et périt suffoqué, comme le raconte son neveu dans une lettre célèbre.

Pompéi fut anéantie en même temps qu'Herculanum, Stabies et Oplontis (Torre Annunziata). L'analyse stratigraphique de l'épaisse couche de matériaux volcaniques qui recouvrit d'un véritable manteau les ruines de la ville complète utilement les observations de Pline. Quand le sol fut refroidi, des habitants revinrent creuser sur les lieux de leur habitation pour exhumer quelque trésor qu'ils n'avaient pu emporter. Des pillards vinrent aussi. On fouilla encore quelque peu aux iie et iiie s., puis on oublia le site, qui fut abandonné aux cultures pour de longs siècles. Au xviiie s., on entreprit des fouilles destinées à trouver des œuvres d'art. (À cet égard, on eut plus de succès à Herculanum.) Au xixe s., le travail devint plus systématique et plus scientifique, et le déblaiement progressa quartier par quartier. Au cours du xxe s., le travail connut des périodes de ralentissement sévère, mais les progrès des techniques archéologiques firent encore évoluer les méthodes. En 1997, les zones archéologiques de Pompéi, Herculanum et Torre Annunziata ont été inscrites par l'Unesco sur la liste des sites du patrimoine mondial.

L'ARCHÉOLOGIE DE POMPÉI

La ville est enfermée dans une enceinte, construite au ve s. avant J.-C., réparée plusieurs fois jusqu'au ier s. avant J.-C., et qui a la forme d'une ellipse ; elle comprend le noyau osque ancien, autour du forum, avec des rues dont l'irrégularité ne fut jamais complètement rectifiée, et les quartiers hellénistiques, organisés autour de deux rues est-ouest (rue de Nola et rue de l'Abondance), que recoupent perpendiculairement trois rues principales nord-sud. Le forum, place rectangulaire, entoure le temple de Jupiter, devenu pour les Romains le Capitole, et jouxte le temple d'Apollon ; autour s'alignent les principaux bâtiments publics : basilique judiciaire, curie, marché, édifice construit par une certaine Eumachia pour les foulons ; le temple de Vénus, protectrice de la ville, est au sud de la basilique. On trouve vers l'est le « forum triangulaire », ancien sanctuaire suburbain avec temple dorique ; le théâtre, l'Odéon et, plus tard, la caserne des gladiateurs et le temple, très fréquenté, d'Isis se sont installés dans ce secteur ; à l'époque impériale, Pompéi disposait de quatre thermes publics ; les plus importants sont les thermes centraux et de Stabies.

Ville de propriétaires aisés et de plaisanciers, Pompéi n'avait pas de grands immeubles à étages. La maison type se compose de deux parties, l'une centrée sur l'atrium, l'autre, plus intime, entourant le péristyle ; il y avait quelquefois un étage avec balcon et loggia. La richesse de la décoration des murs contraste souvent avec la modeste superficie des appartements. Les décors muraux pompéiens ont été classés en quatre « styles » par A. Mau en 1886, et après plus d'un siècle cette distribution apparaît toujours valable. Le premier style, inventé en Grèce, se bornait à imiter à l'aide de stucs peints des revêtements de matériaux précieux. Le second style paraît avec la conquête romaine vers 90 avant J.-C. ; il se caractérise par la création, en avant et en arrière de la paroi, d'un espace imaginaire meublé d'architectures en trompe-l'œil ; on en trouve l'expression la plus remarquable dans la maison du Labyrinthe et surtout dans la maison des Mystères, dont le nom vient d'une fresque encore incomplètement expliquée qui représente une cérémonie dionysiaque. Le troisième style apparaît vers 15 avant J.-C., fruit d'une réaction rationaliste et classicisante (il supprime les espaces imaginaires en avant et en arrière de la paroi) sagement organisée autour d'un tableau central inspiré librement par la peinture grecque (maison de Jason). Mais, déjà, sous le règne de Claude, une tendance romantique se manifeste dans les tableaux des maisons du prêtre Amandus et de Lucretius Fronto. Elle aboutit, sous Néron, au quatrième style, de beaucoup le mieux représenté ; renouant avec les tendances fantastiques du deuxième, il ouvre la paroi en trompe-l'œil sur un monde imaginaire ; souvent les architectures fictives s'inspirent de scènes de théâtre, et les grotesques accroissent la note surréaliste ; mais, par un contraste voulu, des tableaux copiés exactement sur les œuvres classiques grecques occupent le centre des parois. Les plus remarquables maisons du quatrième style sont celles des Vetti, d'Apollon, de Pinarius Cerealis et d'Octavius Quartio (d'époque flavienne). Aux peintures internes s'ajoutent les décors de façade, évoquant des scènes de la vie quotidienne, souvent surchargés de programmes électoraux en vue des élections qui se préparaient au moment de la catastrophe.

Les mosaïques connaissent leur période la plus brillante au début du Ier s. avant J.-C., avec l'ensemble de la maison du Faune (bataille d'Alexandre) ; sous l'Empire triomphent, à de rares exceptions près (maison de Cuspius Pansa), les pavements géométriques noir et blanc, mais des mosaïques polychromes décorent les fontaines. De nombreuses statues, représentant quelquefois des notables de la ville comme le banquier Caecilius Jucundus, dont les comptes ont pu être déchiffrés, et tout un ensemble de meubles et d'objets d'art achèvent de faire de Pompéi un reflet de la vie romaine au premier siècle de l'Empire.