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Bourges (18000)

Bourges, la cathédrale Saint-Étienne
Bourges, la cathédrale Saint-Étienne

Chef-lieu du Cher, au confluent de l'Yèvre et de l'Auron, à 226 km au S. de Paris.

  • Population : 68 590 hab. (recensement de 2010)
  • Nom des habitants : Berruyers

GÉOGRAPHIE

Ancienne capitale du Berry, Bourges est un centre administratif, commercial, judiciaire (cour d'appel), religieux (archevêché), où l'industrie est notamment représentée par des usines d'armement, de pneumatiques, de matériel de cuisine et de chauffage. Écoles et établissements intéressant la défense nationale : Établissement d'études et de fabrication de la Direction technique des armements terrestres, École supérieure d'application du matériel (transférée de Fontainebleau depuis 1965). Festival de musique, annuel (le Printemps de Bourges).

L'HISTOIRE DE BOURGES

1. Avaricum, capitale des Bitures Cubi

Bourges remonte à une très haute antiquité. Importante cité gauloise, puis romaine (Avaric, latinisée en Avaricum), elle ne dispose pourtant pour site, dans l'atonie de relief de la Champagne berrichonne, que de la légère retombée (20 m) d'un éperon calcaire sur une confluence marécageuse (zone attractive ou répulsive selon les besoins de la défense ou du négoce) où quatre petites rivières du bassin du Cher, Yèvre, Yèvrette, Auron et Moulon, mêlent leurs eaux. Mais là se croisent, favorisées par les facilités du passage, deux grandes voies terrestres, de la Bourgogne vers l'Aquitaine, de Lyon vers l'Armorique.

Avaricum soutient, au cours des campagnes de César, un siège mémorable qui se termine par la destruction de la ville et le massacre de ses défenseurs (52 avant J.-C.). Ville d'étape, marché agricole, capitale de la civitas des Bituriges, métropole de l'Aquitaine Première au ive siècle, Bourges passe ensuite aux mains des Wisigoths, puis des Francs.

L'organisation de l'évêché par saint Ursin semble avoir eu lieu vers 250. Marche d'Aquitaine, Bourges est, comme le Berry, constamment tiraillée, à l'époque carolingienne, par des influences rivales. Aux compétitions politiques s'ajoutent les incursions normandes, qui ravagent la ville (857, 867, 873). Durant cette longue période de troubles (ixe-xie siècles), l'action des archevêques est prépondérante, d'autant que ceux-ci disputent à Bordeaux la primatie d'Aquitaine. Peu à peu, cette prépondérance diminue au profit des vicomtes de Bourges.

2. Foyer artistique de renommée européenne

La ville est réunie au domaine royal au début du xiie siècle. Le Berry est érigé en apanage au profit de plusieurs fils de France, le plus célèbre restant Jean de Berry, 3e fils de Jean II le Bon, qui fait de Bourges un foyer artistique de renommée européenne. Par ailleurs, Bourges – l'une des grandes villes du royaume – possède d'importantes industries textiles et du cuir. Au xve siècle, elle est la ville de Jacques Cœur, dont les opérations commerciales et financières contribuent à son enrichissement.

3. Centre de la résistance à l'invasion anglaise

Mais, auparavant, elle a été le centre des médiocres possessions de Charles VII, « le petit roi de Bourges », rival malheureux de la puissante maison d'Angleterre. Après la victoire définitive sur les Anglais, le roi de France reste fidèle à Bourges, où il réside volontiers. C'est là qu'en 1438 il promulgue la pragmatique sanction, qui fait de lui le véritable maître de l'Église gallicane.

4. L'un des principaux foyers réformistes de France

Louis XI, comme son père, vient souvent à Bourges, où il est né en 1423 et qu'il dote (1463) d'une université qui devient au xvie siècle l'un des principaux foyers réformistes en France : la protection de Marguerite de Navarre duchesse de Berry depuis 1517, favorise d'ailleurs la Réforme dans le Berry. Melchior Volmar, professeur de grec à l'université de Bourges, est le précepteur de Théodore de Bèze ; Calvin étudie à Bourges. Plus tard, Bourges devient ligueuse, puis le diocèse est fortement marqué par le jansénisme : l'abbaye bénédictine de Saint-Cyran n'est-elle pas sur son territoire ?

BOURGES, VILLE D'ART

1. Introduction

Rien n'a subsisté de la première ville, considérée alors comme l'une des plus belles de Gaule, après sa destruction par les Romains lors du siège de 52 avant J.-C. Par contre, la ville gallo-romaine, reconstruite à partir d'Auguste, a livré les vestiges d'un nymphée et des thermes. Dans les fondations du large rempart du ive siècle (édifié après les invasions du milieu du iiie siècle et conservé en plusieurs endroits), on a retrouvé la plupart des débris connus des monuments de l'époque précédente, en particulier funéraires. Réunies dans le musée du Berry (hôtel Cujas), ces stèles constituent l'un des plus riches ensembles de France.

La ville du Moyen Âge s'est étendue autour de l'oppidum, protégée par l'enceinte de Philippe Auguste, dont il ne reste que deux tours. De l'église Saint-Aoustrille et du sanctuaire dédié à saint Ursin, il subsiste une porte du xie s. et un tympan du xiie siècle, signé Giraldus.

2. La cathédrale

Sous les deuxième et troisième travées du chœur de la cathédrale se trouve une salle perpendiculaire à l'axe de l'édifice par laquelle on parvient au petit caveau dit « des archevêques ». Cet ensemble est antérieur à l'église romane, dont les meilleurs témoins sont les deux belles portes latérales abritées sous des porches de la fin du xiiie siècle.

La cathédrale gothique semble avoir été édifiée en deux campagnes : l'une concerne la crypte et le chœur (1195-1214) ; l'autre intéresse la nef et la façade (1225-1255). L'élévation intérieure à cinq étages et l'évasement du vaisseau central vers le rond-point, auquel correspond la disposition inverse des bas-côtés, donnent à la cathédrale de Bourges un caractère exceptionnel. Par ses voûtes sexpartites qui font alterner piles fortes et piles faibles, c'est un édifice de transition entre les cathédrales à tribunes et à double bas-côté du type de Notre-Dame de Paris et celles de Reims ou d'Amiens. Les vitraux des xiiie siècle, xve siècle et xvie siècle constituent un merveilleux musée de la peinture sur verre. Des déplorables travaux du xviiie siècle, qui supprimèrent le jubé et tout le mobilier du chœur pour les remplacer par une décoration rocaille de Michel-Ange Slodtz, il ne reste presque rien.

La façade occidentale est percée de cinq portes surmontées de gables et entourées de profondes archivoltes : les portes Saint-Ursin et Saint-Étienne datent de 1250 ; celle du centre, où figure un admirable Jugement dernier est de 1265 ; la porte de la Vierge a été complétée au xvie siècle ; la porte Saint-Guillaume a été reconstruite après l'écroulement de la tour nord en 1506. Le centre de la façade est occupé par une énorme fenêtre, le « Grand Housteau », due aux libéralités de Jean de Berry et exécutée sous la direction de Guy de Dammartin vers 1390.

La cathédrale Saint-Étienne a été inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco en 1992.

3. L'architecture civile

Du palais élevé à Bourges par le duc Jean, il ne subsiste qu'une belle salle ; la Sainte-Chapelle, œuvre de Drouet de Dammartin, qui a été détruite en 1757, abritait le tombeau du mécène, commandé par Charles VII à Jean de Cambrai entre 1422 et 1438 (restes conservés dans la crypte de la cathédrale).

Le xve siècle est représenté à Bourges par un des plus beaux édifices civils gothiques qui soient parvenus jusqu'à nous : l'hôtel Jacques-Cœur, achevé en 1453, au moment même de la disgrâce du grand argentier. Sa façade occidentale, de caractère militaire, contraste avec la cour d'honneur, entourée de portiques, et avec la décoration raffinée de l'ensemble. L'ancien hôtel de ville, devenu le petit lycée, est de peu postérieur : on y retrouve les guetteurs figurés se penchant à l'appui de fausses fenêtres. L'ancienne maison des Échevins abrite aujourd'hui le musée Maurice Estève.

La Renaissance berrichonne a enrichi la ville de l'hôtel Cujas (construit par l'architecte Guillaume Pelvoysin vers 1515), qui abrite le musée du Berry de l'hôtel Lallemant, aujourd'hui Musée des Arts décoratifs où se voient des ensembles mobiliers des xviie et xviiie siècles.

Enfin, le xviie sièclle a marqué de son empreinte un peu lourde le couvent des Augustins, la maison des Ursulines, le grand séminaire, devenu la caserne Condé, et le palais de l'Archevêché, transformé en hôtel de ville.