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Barcelone

en espagnol Barcelona

Barcelone
Barcelone

Deuxième ville d'Espagne, capitale de la Catalogne et chef-lieu de la province de Barcelone, sur la Méditerranée.

  • Population : 1 611 013 hab. (recensement de 2011)
  • Nom des habitants : Barcelonais
  • Population pour l'agglomération : 5 487 878 hab. (estimation pour 2010)

Barcelone constitue une importante agglomération, qui englobe cinq autres villes dépassant les 100 000 habitants, anciens pôles industriels ou simples villages au début du xxe s. : Hospitalet, Badalona, Sabadell, Tarrasa, Santa Coloma de Gramanet.

GÉOGRAPHIE

Au pied des collines de Montjuich et du Tibidabo, sur un plan incliné entre les deltas du Besós et du Llobregat, la croissance de la ville s'est effectuée de façon schématique et bien lisible dans son plan. La ville romaine s'inscrit en ovale sur le sommet du Taber (marqué par la cathédrale) ; les enceintes médiévales incluent la promenade des Ramblas entre la place de Catalogne et le port, et sont soulignées par les Rondas. Au-delà des quartiers anciens et entre les anciennes villes de la périphérie, comme Gracia, s'étale le quadrillage de l'Ensanche (mot à mot « l'agrandissement ») dû à Cerdá. Son quadrillage a guidé l'extension de la ville du milieu du XIXe s. au milieu du xxe s. Barcelone reste le principal foyer industriel du pays, résorbant peu à peu les structures héritées du xixe s., s'étalant dans le Vallés proche, et sur le littoral, concentrant une main-d'œuvre venue des provinces méridionales de l'Espagne (industries métallurgiques, constructions automobiles [SEAT], textiles et produits chimiques); les grands immeubles collectifs de la périphérie soulignent cet aspect de sa croissance. Le port (trafic total de l'ordre de 15 Mt) alimente en priorité la fonction industrielle. Parallèlement, le centre historique s'affine et récupère son capital archéologique, alors que le quartier des affaires, à partir du Paseo de Gracia et sur la Diagonal, concentre les sièges sociaux des firmes et les immeubles de bureaux. Barcelone est aussi une capitale administrative (siège de la généralité de Catalogne), intellectuelle (universités, presse et édition) et un centre touristique. Elle regroupe l'essentiel des forces vives de la Catalogne, que ne peuvent guère lui disputer les autres provinces catalanes, Tarragone et Gérone, et encore moins Lérida. Son importance dans le domaine tertiaire est un peu éclipsé toutefois par la prééminence aujourd'hui affirmée de Madrid. La ville a accueilli les jeux Olympiques d'été en 1992.

HISTOIRE DE BARCELONE

Colonie fondée dans la première moitié du vie s. avant J.-C. par les Phocéens sur le territoire de la tribu ibère des « Layetanos », dont elle prend le nom (Laye ou Laie), Barcelone est occupée à la fin du iiie s. par les Carthaginois aux ordres des Barcides : c'est alors qu'elle devient Barcino. La ville est prise, en 133 avant J.-C., par Scipion Emilien ; Auguste y fonde ensuite une colonie romaine du nom de colonia Faventia Julia Augusta Pia Barcino. Devenue capitale de la Layetania, subdivision territoriale de l'Espagne citérieure, évangélisée au moins dès le ive s., Barcelone se protège alors des invasions par la construction d'une forte enceinte. Capitale provisoire du royaume wisigoth au temps de Theudis (531-548), elle est occupée par les Arabes en 714, puis Charlemagne opère une tentative de conquête en 778. La cité ne tombe durablement sous la domination carolingienne qu'en 801 (expédition de Louis le Pieux). Capitale successive des Marches de Toulouse (801-817), de Gothie (817-873), puis d'Espagne, elle devient dès lors le centre d'une principauté pratiquement indépendante de l'autorité franque. Aux avant-postes de la chrétienté, face à la poussée des Omeyyades, elle est victime d'un raid d'al-Mansur en 985-986. Bientôt reconquise par Borrell II, elle est au xiie s. la capitale officielle du comté de Barcelone et, de fait, celle du royaume d'Aragon, qui lui est uni.

Mais, à cette date, son rôle politique s'efface déjà au profit de ses activités économiques grâce à la participation de sa flotte aux croisades du xiie s. Bien protégée par la forteresse de Montjuich au sud et par la chaîne du Tibidabo au nord, libérée de la piraterie musulmane par l'occupation de Majorque (1229), d'Ibiza (1235) et de Valence (1238), Barcelone échange la laine et les métaux d'Espagne contre les produits orientaux, que drainent ses comptoirs du Levant, implantés en Syrie jusqu'à la chute de Saint-Jean-d'Acre en 1291 et, depuis lors, à Chypre. L'essentiel de ce trafic, contrôlé à partir du xive s. par le Consulado de Mar, se concentre pourtant en Méditerranée occidentale à partir du moment où les Vêpres siciliennes en font un lac aragonais (1282). De ce lac, Barcelone maîtrise aux xive s. et xve s. les deux principaux axes, est-ouest et nord-sud, le premier étant celui de la route du drap, de l'huile et même du blé de Sicile (Barcelone, Naples et Palerme avec prolongement jusqu'à Chypre), le second étant celui des produits africains, et particulièrement de l'or du Soudan (Barcelone, Majorque, Oran).

Fréquentée par les Allemands et par les Lombards, qui contrôlent tout le trafic Gênes-Barcelone et y animent le marché financier, en particulier par un intense trafic de lettres de change circulant entre l'Italie, la Flandre et la Catalogne, Barcelone devient alors un très grand centre bancaire, ainsi qu'en témoigne le renom de sa banque publique, la Taula de Canvi. Le cosmopolitisme (importantes colonies juives et, à un moindre degré, italiennes), l'expansion démographique, la construction de deux nouvelles enceintes, une au milieu du xiiie, l'autre au milieu du xive s., sont les conséquences humaines de cet essor économique. Maîtresse du commerce et de la banque, la classe marchande barcelonaise entend, par ailleurs, présider aux destinées de sa cité. Dès 1249, elle arrache au roi d'Aragon le « Privilège de Barcelone », qui lui permet de gouverner la ville par l'intermédiaire de quatre « poders » élus par lui-même et désignant à leur tour un magistrat (veguer) et huit conseillers. Ceux-ci élisent les membres d'une nombreuse assemblée, choisis obligatoirement dans des milieux différents de façon à associer au sein d'une nouvelle aristocratie municipale les représentants de la vieille oligarchie locale (89 citoyens) à ceux du grand (22 marchands) et du petit commerce ou de l'atelier (89 artisans). Peu démocratique, un tel type de gouvernement provoque la révolte des « hommes vils ». L'échec de celle-ci laisse en place une municipalité marchande, le « Conseil des cent », qui édifie la Casa de la Ciudad à la fin du xive s.

Ébranlée dans sa prospérité par la découverte de l'Amérique, dont elle revendique pourtant l'auteur, Christophe Colomb, comme l'un de ses fils, privée de ses fonctions de capitale au xvie s. par le transfert à Madrid et à l'Escurial de la résidence royale, éprouvée par sa participation à la révolte de 1640, contrainte d'accepter dès le xvie s. la présence de nobles au sein du « Conseil des cent », réduit à « vingt-quatre », puis relevé à trente, amputée de ses « fueros » pour avoir résisté à Philippe V en 1714, par fidélité à l'archiduc Charles d'Autriche, Barcelone souffre encore de l'occupation française (1808-1813), des révoltes sanglantes des xixe et xxe s. Important foyer anarcho-syndicaliste, la ville brise le soulèvement nationaliste de juillet 1936, mais elle est finalement occupée par les franquistes le 26 janvier 1939. Un moment interrompue par la guerre civile, la renaissance de la ville a repris depuis lors.

BARCELONE, VILLE D'ART

Le nom de gothique, attribué au plus ancien quartier de Barcelone (Barrio Gótico), est un hommage au style qui marque le plus fortement dans le passé le visage artistique de la cité. Non que les époques antérieures s'y soient toutes montrées stériles, mais elles ne sont plus généralement représentées que par des témoins modestes.

De la domination romaine subsiste la puissance enceinte dont la ville s'entoura dans la seconde moitié du iiie s. Les fouilles ont en outre livré nombre de fragments d'architecture et de sculpture qui révèlent que l'art universaliste de Rome sut acquérir ici, à l'occasion, des accents plus personnels. On s'étonnera peut-être de constater que cette relative médiocrité se prolonge à l'époque romane. N'est-elle pas celle du premier essor de l'art catalan ? Mais, à cette époque, les centres créateurs, qui sont les abbayes bénédictines, se trouvent encore dans les campagnes. Les édifices romans barcelonais, quant à eux, sont rares et modestes (San Pedro de las Puellas, restauré au xxe s., et San Pablo del Campo, qui possède un cloître à curieuses arcades lobées). S'il est vrai que la peinture romane fit une entrée brillante dans la ville, ce n'est qu'au xxe s. avec les riches collections du musée d'art catalan de Montjuich.

Tout change à l'époque gothique. La cité, à l'apogée de sa prospérité vers la fin du xiiie s. et au début du xive s., voit se développer dans ses murs une modalité originale de l'architecture ogivale. Comme c'est encore l'âge des cathédrales, ce « gothique particulier » se manifeste d'abord dans celle de la ville (Basilica de Santa Eulalia), qui se distingue de ses sœurs françaises par la hauteur exceptionnelle du déambulatoire et des collatéraux. Ce caractère est systématisé par l'architecte Berenguer de Montagut à Santa Maria del Mar, la paroisse maritime de Barcelone. On s'achemine avec cet édifice, qui est un des sommets de l'architecture catalane, vers l'église-halle, à trois vaisseaux de même importance.

Le gothique catalan dut emprunter au midi de la France la nef unique, couverte soit de voûtes nervées, soit d'une charpente sur arcs diaphragmes, mais il assura à cette formule la plus large diffusion. À Barcelone, l'esprit pratique et ingénieux des Catalans sut l'adapter à tous les besoins du moment. À une époque de grand développement urbain, le vaisseau unique convenait bien à la construction rapide des nouvelles églises paroissiales. On le trouve donc à Santa Maria del Pino et au Santos Justo y Pastor. Mais on ne le considéra pas comme indigne d'une noble destination, et c'est ainsi que, enjolivé d'une charpente mudéjare, il apparaît à Santa Águeda, la chapelle du palais royal. Simultanément, il s'adapte aux usages les plus humbles, que ce soit aux bâtiments de l'arsenal ou à la salle des malades de l'hôpital général de la Santa Cruz.

L'architecture civile tient dans l'art gothique catalan une place toute particulière. Les solides maisons bourgeoises de Barcelone, construites en pierre de taille et ouvrant sur la rue par un portail aux grands claveaux et par d'élégantes fenêtres géminées, surprenaient les voyageurs venus du nord, habitués aux maisons en pisé et à colombage. La vitalité des classes dirigeantes se manifeste aussi dans des bâtiments publics servant soit au commerce, comme la Loge de mer – une grande salle divisée en trois nefs par un système hardi d'arcatures –, soit à l'exercice de l'autorité. L'hégémonie de la Catalogne au sein de la Confédération catalano-aragonaise s'exprimait par le pouvoir considérable des Cortes et de leur délégation permanente, la députation, ou généralité. Celle-ci possédait à Barcelone son propre palais (aujourd'hui provincial) de la Diputación, dotée d'une belle cour intérieure. L'hôtel de ville (l'Ayuntamiento), où siégeait le parlement municipal, fut lui aussi partiellement reconstruit à l'époque.

Grâce aux nombreuses demandes de retables, une active école de peinture se maintint à Barcelone tout au long des xive s. et xve s. (œuvres à la cathédrale, au musée de Montjuich, etc.). Dans la chapelle San Miguel du monastère royal de Pedralbes, Ferrer Bassa montrait en 1346 une attention soutenue pour les nouveautés que Giotto avait introduites dans l'art italien, mais ce courant dut apparaître trop savant à la clientèle barcelonaise. Ce fut en définitive l'art siennois dans ce qu'il avait de plus aimable et de plus décoratif qui triompha dans la seconde moitié du xive s., d'abord avec Ramon Destorrents, ensuite avec les frères Serra. Les générations suivantes furent sensibles aux charmes du « style international », que cultivèrent Lluís Borrassà et Bernat Martorell. De l'art flamand, révélé par Luis Dalmau en 1445, la peinture catalane ne retint que l'accessoire. C'est pourquoi, incapable de se renouveler et en dépit du bain d'humanité que lui apporta Jaume Huguet, elle s'épuise et disparaît à la fin du xve s.

Après une période de repliement, c'est dans la seconde moitié du xviiie s. que, ranimée par le commerce colonial, la ville s'ouvre de nouveau aux courants internationaux. C'est ainsi que s'élèvent dans le style néoclassique les monuments où s'opèrent les échanges : la douane (1783-1792) de Miguel Roncali et la nouvelle loge de commerce (la Lonja) de Juan Soler y Faneca (1731-1794).

Au xixe s., Barcelone entreprend la conquête industrielle de toute la Catalogne et, simultanément, sort de son enceinte médiévale. Si ses dirigeants ne surent pas maîtriser parfaitement le tracé du nouvel organisme urbain, du moins témoignèrent-ils d'une ouverture étonnante aux recherches menées dans le domaine architectural. Gaudi fit de Barcelone une des capitales du « modern style » avec ses maisons qu'envahit un vitalisme exubérant (maisons Batlló et Milá). S'il avait poursuivi l'expérience du parc Güell, il se serait engagé dans un urbanisme d'avant-garde, mais il préféra s'enfermer dans le rêve de la Sagrada Familia.

Dans les années 1930, les disciples catalans de Le Corbusier introduisirent à Barcelone l'architecture fonctionnelle. Plus récemment, la ville a élevé des monuments à la gloire des plus illustres de ses enfants prodigues : un riche musée Picasso a été établi dans un palais médiéval rénové, et un autre musée a été spécialement construit pour abriter une importante donation de Miró.

LES MUSÉES DE BARCELONE

La ville abrite de prestigieux musées, dont les principaux sont :
le Musée d'art de Catalogne, à Montjuich, installé dans le Palais national construit pour l'Exposition internationale de 1929 (peinture romane et retables gothiques) ;
le Musée Federico Marès, installé dans les dépendances du Palais Royal (riches collections de sculptures médiévales) ;
le Musée d'art moderne (peintres catalans des xixe et xxe s., depuis Fortuny, Casas, Nonell, etc.) ;
le Musée d'art contemporain, réalisé par l'architecte américain Richard Meyer (Klee, Calder, Boltanski, Kiefer, Tàpies…) ;
la Collection Cambo (surtout peinture italienne des xive-xvie s.) ;
le Musée Picasso, créé dans un palais gothique à partir de la collection de J. Sabartès et enrichi par des dons de Picasso (Ménines) ;
la Fondation Miró, qui réunit près de 300 peintures et sculptures de Miró, et environ 3 000 dessins ;
le Musée archéologique (collections romaines et hellénistiques) et le Musée maritime.