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Manmohan Singh

Manmohan Singh
Manmohan Singh

Homme politique indien (Gah, Pendjab occidental, aujourd'hui Pakistan, 1932).

Fils d'un modeste commerçant en fruits secs, il fait des études d'économie à Cambridge puis à Oxford qui lui valent de travailler à l'Organisation des nations unies (ONU) de 1966 à 1969, au Fonds monétaire international (FMI) de 1972 à 1974, avant d'occuper à plusieurs reprises le poste de conseiller économique auprès du ministère des Finances, puis de devenir gouverneur de la Banque centrale de l'Inde (1982-1985). Nommé ministre des Finances dans le cabinet Rao (1991-1996), il lance son pays sur la voie de l'ouverture à la mondialisation et fait adopter d'importantes réformes économiques : abaissement des barrières douanières, rejet du vieux cadre protectionniste mis en place après l'indépendance et privatisation de nombreuses structures publiques. Après la victoire du parti du Congrès aux élections anticipées de 2004 et à la suite du désistement de Sonia Gandhi, il est nommé Premier ministre (premier sikh à occuper ce poste). À la tête d'une nouvelle coalition, l'Alliance progressiste unie, regroupant une vingtaine de formations, M. Singh engage plus avant les réformes libérales entamées sous les gouvernements Rao et Vajpayee (1998-2004), tout en affirmant sa volonté de lutter contre une pauvreté massive. Faisant de la croissance à visage humain son leitmotiv, il n'hésite pas à introduire d'audacieux programmes de soutien aux paysans, notamment la garantie de cent jours de travail par an à chaque foyer de l'Inde rurale et des prix bas pour les produits de première nécessité destinés aux familles les plus démunies. L'économie indienne atteint des niveaux record de croissance : 9 % en 2005-2006, 9,4 % en 2006-2007, 9,1 % en 2007-2008.

À l'extérieur, il confirme le rapprochement avec les États-Unis, dont le point d'orgue est la signature, en 2007, d'un accord sur le nucléaire civil avec Washington. Sous sa conduite, l'Inde affirme sa volonté de renforcer son partenariat stratégique avec la Chine et l'Union européenne. Elle tente également de regagner une influence en Afghanistan et s'efforce, malgré les attaques terroristes lancées en juillet 2006 et en novembre 2008 contre Bombay depuis le Pakistan, de préserver la normalisation des relations et le processus de paix lancés depuis janvier 2004 avec ce dernier.

À l'issue des élections législatives d'avril-mai 2009 remportées par le parti du Congrès et la coalition qu'il anime, M. Singh est reconduit dans ses fonctions de Premier ministre. Pour contrer le recul de l’activité dû à la crise financière et économique internationale, il amplifie les plans de travaux et d’investissements publics définis dès la fin de 2008. De fait, après avoir un temps fléchi en dessous de 7 %, la croissance indienne renoue avec les 8 % et plus à partir de la seconde moitié de 2009. Sans renoncer aux mesures de soutien de l’activité et aux programmes sociaux (avec notamment la création d’une sécurité sociale pour les travailleurs du secteur informel), le budget 2010-2011 qu’il présente cherche à réduire le déficit, estimé à 6,8 % du PIB.

Toutefois, si cette croissance a donné naissance à une nouvelle classe moyenne qui selon certaines estimations devrait représenter 20 % de la population en 2015, contre toute attente, l’augmentation de l’emploi a été très médiocre entre 2004 et 2010 et inférieure à ce qu’elle était dans les années précédentes. L’inversion de cette tendance est l’un des défis à relever outre le contrôle de l’inflation, particulièrement des prix alimentaires. Par ailleurs, si sa popularité reste assez élevée en raison notamment de l’intégrité dont il est crédité, M. Singh doit encore prendre des mesures effectives contre la corruption que le développement économique n’a fait, dans certains secteurs, que favoriser. En 2014, ces difficultés ont cependant raison du parti du Congrès qui subit une défaite historique aux élections de mai alors que le BJP l’emporte massivement. M. Singh – qui avait décidé de ne pas briguer un troisième mandat quel que soit le résultat du scrutin – laisse son poste à Narendra Modi.

Pour en savoir plus, voir les articles parti du Congrès, Inde : vie politique depuis 1947.