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parti du Congrès ou Congrès national indien

en anglais Indian national Congress

Indira Gandhi
Indira Gandhi

Mouvement, puis parti politique indien.

1. Fondation et lutte pour l'indépendance

Fondé en 1885 par une élite occidentalisée réclamant une plus grande participation à la vie politique, il s'allie en 1916 avec la Ligue musulmane (fondée en 1906). Modéré jusqu'en 1914, il se radicalise et devient, grâce à l'action de Gandhi, un parti de masse. Il lance l'agitation pour l'autonomie à partir de 1919-1920, puis, présidé par Jawaharlal Nehru à partir de 1929, réclame l'indépendance. Il gagne les élections de 1937, ce qui amène sa rupture avec la Ligue musulmane qui demande, et obtient en 1947, l'État séparé du Pakistan.

2. 1947-1977 : le parti dominant de l'Inde

En 1947, le Congrès est le parti dominant de l'Inde indépendante. Il impose une politique intérieure de développement économique se réclamant du socialisme et prône, à l'extérieur, le non-alignement. Affaibli par la mort de Jawaharlal Nehru (1964), devenu une « machine électorale » n’échappant ni au clientélisme ni à la corruption, le parti connaît deux scissions, en 1969 et en 1978 (où il prend le nom de Congrès I [comme Indira]). Il exerce cependant le plus souvent le pouvoir : sous la direction de Lal Bahadur Shastri (1964-1966), puis d'Indira Gandhi (1966-1977 et 1980-1984), de son fils Rajiv (1984-1989) et de P. V. Narasimha Rao (1991-1996).

3. L'Alliance progressiste unie (UPA)

Mais à partir de la fin des années 1980, son hégémonie – rétablie provisoirement, après la défaite de 1977, avec sa victoire historique de 1984 (426 sièges) dans le sillage de l’assassinat de I. Gandhi – se réduit progressivement au profit des partis « identitaires » (parti du Peuple indien (BJP), nationaliste hindouiste ou Bahujan Samaj Party (BSP), mouvement de défense des classes/castes défavorisées et des minorités religieuses) et régionaux (DMK au Tamil Nadu).

Battu par le BJP, devenu désormais son principal adversaire, aux élections de 1996, le parti du Congrès retrouve le pouvoir à la suite des élections législatives de 2004 mais en arrivant de justesse en tête de ce scrutin avec 159 sièges contre 147 au BJP. Il doit ainsi former une vaste coalition pour obtenir une majorité à la Chambre du peuple : l’Alliance progressiste unie (UPA) regroupant une quinzaine de formations dont plusieurs partis régionaux comme le DMK, et soutenue de l’extérieur par les formations de gauche dont les deux partis communistes. Après avoir adopté un « programme national commun minimum » fondé sur quelques grands principes directeurs (prévention du communalisme, croissance et défense de l’emploi, promotion des femmes, développement rural…), ce nouveau gouvernement de coalition tente de pacifier les relations entre la majorité hindoue et la minorité musulmane mais ne parvient pas à empêcher des assauts de violence contre la minorité chrétienne.

Sur le plan économique, il poursuit la libéralisation de l'économie amorcée dans les années 1990 (et que le BJP avait reprise à son compte), tout en introduisant des programmes sociaux au profit des plus défavorisés : notamment une politique de prix modiques pour les produits de première nécessité à l’attention des familles les plus démunies, une loi sur l’emploi rural ou des mesures en faveur des paysans surendettés. Le Premier ministre Manmohan Singh bénéficie probablement de la vigueur de l’activité économique – qu’il encourage en faisant le pari qu'accumulée, la croissance générée finira par faire baisser une pauvreté encore massive – mais il se garde bien de répéter l’erreur commise par le BJP en 2004 avec sa campagne tapageuse baptisée « India Shining » et s’attache surtout à défendre le bilan social de sa politique.

La franche victoire du parti (207 députés contre 115 au BJP) aux élections législatives de 2009 vaut comme large satisfecit de la part des électeurs, et ce malgré les vives polémiques à propos de la sécurité du pays qui ont suivi les attentats de Bombay de novembre 2008. Une victoire d’autant plus remarquable que face à une UPA réduite cette fois à 7 partis, outre l’Alliance démocratique nationale menée par le BJP, les anciens alliés de gauche ont tenté de leur côté, sans succès, de promouvoir un « troisième front ». Dans ce contexte, M. Singh se succède tout naturellement à lui-même comme chef du gouvernement, tandis que Sonia Gandhi, à la tête du Congrès depuis 1998, est facilement reconduite dans ses fonctions en septembre 2010. Toutefois, bien que cette embellie électorale soit confirmée en partie à l’issue d’élections régionales partielles en avril-mai 2011, le parti ne contrôle que 10 États (dont le Maharashtra, l’Andhra Pradesh et le Rajasthan) sur 28 et 1 territoire (Delhi) sur 7, tandis que des mesures résolues contre la corruption dans ses propres rangs restent l’un des principaux défis à relever.

4. La défaite historique de 2014

Annoncée par d’importants revers électoraux en 2013 dans quatre États (Delhi, Rajasthan, Madhya Pradesh et Chhattisgarh), le Congrès connaît une défaite sans précédent aux élections législatives d’avril-mai 2014. Les affaires, l’usure du pouvoir, des résultats économiques et sociaux décevants, le manque de charisme de Raul Gandhi, nouvel héritier de la dynastie Nehru-Gandhi, vice-président du parti depuis 2013 et désigné pour mener la campagne électorale, contribuent à cette déroute. Le Congrès ne sauve ainsi que 44 sièges à la Chambre du peuple avec 19,3 % des voix, loin derrière le BJP qui s’impose massivement et reprend la direction du gouvernement. Après cette humiliante défaite, le Congrès se retrouve à un moment charnière de son histoire.

Pour en savoir plus, voir l'article Inde : vie politique depuis 1947.