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Édith Giovanna Gassion, dite Édith Piaf

Chanteuse française (Paris 1915-Paris 1963).

De son vivant, Édith Piaf s’est attiré tous les superlatifs, tant sa destinée, sa carrière et sa voix ont été exceptionnelles. Transcendant les générations, la force émotionnelle de ses chansons, servies par des textes qui magnifient la langue française, est demeurée intacte.

La triste enfant de la balle

La légende voudrait que la plus grande interprète française de chansons réalistes ait vu le jour sous un bec de gaz de la rue de la Villette ou de la rue de Belleville, à Paris, par une glaciale journée d’hiver. En réalité, Édith Giovanna Gassion, qui est la fille d’artistes de la rue, Louis Alphonse Gassion (1881-1944), acrobate, et Anita Maillard, dite Line Marsa (1895-1945), chanteuse d’origine kabyle, est née dans un hôpital parisien. En revanche, l’univers à la Eugène Sue qui est le sien durant son enfance et son adolescence n’a rien d’imaginaire.

Privée de son père, parti au front pendant la Première Guerre mondiale, et plus ou moins abandonnée par sa mère, Édith est tout d’abord élevée par l’une des grands-mères de celle-ci, puis par sa grand-mère paternelle, qui tient un hôtel de passe à Bernay, en Normandie. Un événement traumatisant se révélera déterminant pour le reste de son existence : aveugle à l’âge de 8 ans, elle pensera toujours n’avoir recouvré la vue que grâce aux ferventes prières adressées à sainte Thérèse.

« La Môme Piaf »

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, Édith retrouve quelque temps son père, qu’elle accompagne dans les rues. Puis, au début des années 1930, elle décide de tenter sa chance seule. Les habitués des quartiers de Belleville et de Pigalle se montrent sensibles à son talent de chanteuse. Parmi eux se trouve Louis Dupont, dit « P’tit Louis », avec qui elle se mariera et aura la petite Marcelle (morte d’une méningite en 1934). Il y a aussi, et surtout, Louis Leplée, qui tient un cabaret, le Gerny’s, sur les Champs-Élysées : non seulement Leplée, qui l’a baptisée « la Môme Piaf » en raison de sa petite taille, l’engage immédiatement, mais, en 1936, il lui fait enregistrer son premier disque, intitulé Les Mômes de la cloche.

Après Louis Leplée (assassiné à son domicile en 1936), ce sont Raymond Asso (1901-1968) et Marguerite Monnot (1903-1961) qui président à la destinée d’Édith Piaf. Le parolier, transcendé par l’amour qu’il voue à la jeune chanteuse, et la compositrice, qui a été l’élève du wagnérien Alfred Cortot (1877-1962), créent pour elle, ensemble ou séparément, un répertoire qui permet à sa voix retentissante d’émotion et à son talent de tragédienne de s’exprimer pleinement. Outre Mon légionnaire, qui triomphe lors d’un récital en 1936 à l’ABC, célèbre music-hall parisien, le Fanion de la Légion, Escale ou Elle fréquentait la rue Pigalle sont parmi ses plus grands titres de cette période. Dans les heures sombres de l’Occupation, Édith crée l’Accordéoniste (1942), dû à Michel Emer (1906-1984), l’un des paroliers, avec Henri Contet (1904-1998) et René Rouzaud (1905-1976), qui ont succédé à Raymond Asso (mobilisé) et qui accompagneront la carrière de la chanteuse après la Libération.

L'aura internationale

Adulée par le public populaire et respectée par les milieux intellectuels, Édith Piaf écrira elle-même la Vie en rose (1946). Elle apporte alors son expérience à de nouveaux artistes, tels qu’Yves Montand, qui a été son partenaire dans le film Étoile sans lumière (Marcel Blistène, 1945), et à un groupe, les Compagnons de la chanson, avec lesquels elle enregistre les Trois Cloches (1945). Mais, surtout, elle décide de donner une dimension nouvelle à sa carrière en se produisant hors des frontières. Avec les Compagnons de la chanson, elle part en tournée aux États-Unis en 1947. Alors qu’elle est à New York, en 1948, elle a le coup de foudre pour le boxeur Marcel Cerdan, qui vient de conquérir le titre de champion du monde des poids moyens.

Après avoir enregistré Jezebel (1951), d’un jeune auteur-compositeur (qui est aussi son secrétaire et son chauffeur) du nom de Charles Aznavour, Édith Piaf épouse en 1952 le chanteur Jacques Pills (1906-1970), en ayant comme témoin l’actrice Marlene Dietrich. Tandis que ses récitals se donnent à guichets fermés, à l’Olympia comme au Carnegie Hall de New York, les succès, succédant aux succès, parachèvent la légende : entre autres, Padam, padam (1952), la Foule (1953), la Goualante du pauvre Jean (1954), l’Homme à la moto (1955), les Amants d’un jour (1956), Mon manège à moi (1958), Milord (1959, avec des paroles de Georges Moustaki), Non, je ne regrette rien (1961) et À quoi ça sert l’amour ? (1962), enregistré avec Théo Sarapo (1936-1970), qui sera le dernier amour de sa vie. À Paris, Édith Piaf a sa place et sa statue (XXe arrondissement) ; elle a aussi son musée (XIe arrondissement).

L'hymne à (son) amour

Édith Piaf avait un tempérament passionné. Marcel Cerdan fut le grand amour de sa vie – amour que la mort lui enleva brutalement. Le champion français, qui était revenu en France après son combat victorieux de 1948, avait décidé de repartir au plus vite à New York pour y rejoindre Édith. Renonçant au bateau, il prit place à bord d’un avion d’Air France qui, dans la nuit du 27 au 28 octobre 1949, s’écrasa contre une montagne des Açores.

Édith Piaf ne se remit jamais de la disparition de Marcel Cerdan. Sur une musique de Marguerite Monnot, elle écrivit en sa mémoire la chanson l’Hymne à l’amour, à laquelle elle donna une dimension quasi mystique lorsqu’elle la créa salle Pleyel, à Paris, en 1950. « J’irais jusqu’au bout du monde/[…]J’irais décrocher la lune/[…]Si tu me le demandais. » Édith se livra par la suite à des séances de spiritisme, dans l’espoir d’entrer en communication avec l’esprit de Cerdan.