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Paul Kruger

Le président Paul Kruger
Le président Paul Kruger

Homme d'État sud-africain (ferme Zoutpansdrift, près de Venterstad, colonie du Cap, 1825-Clarens, Suisse, 1904).

1. Le jeune pionnier

Descendant d'un immigré berlinois, il reçoit une stricte éducation puritaine qui le marque profondément. Sa jeunesse mouvementée ne lui permet pas de faire des études sérieuses ; la Bible reste sa seule source d'inspiration, avec une préférence marquée pour l'Ancien Testament.

La rude vie de pionner que Kruger mène dans sa jeunesse accentue ces traits de son caractère. En 1836, à l'âge de onze ans, il participe avec ses parents au Grand Trek, qui contraint les Boers chassés par les Britanniques à se réfugier dans le Transvaal, au nord du territoire de l'Orange et de la rivière Vaal.

Encore enfant, Kruger se bat contre les tribus des Zoulous et des Matébélés. Le 16 décembre 1838, il prend part au célèbre combat de Blood River contre le roi zoulou Dingane. À vingt-sept ans, il commande en chef une expédition contre le chef bechuana Sechele. À la même époque également, il participe à de grandes chasses dans la région du Zambèze.

Kruger se croit véritablement l'objet d'une élection divine particulière et a de véritables élans mystiques qui le poussent, à vingt-cinq ans, à se réfugier un temps au « désert » dans le veld transvaalien. Cette tournure d'esprit explique son autoritarisme politique et son manque de souplesse dans les rapports diplomatiques.

2. Le fondateur et le président de la république du Transvaal

Il participe avec Andries Pretorius à la fondation du Transvaal, dont l'indépendance est reconnue par la Grande-Bretagne en 1852 par le traité de Sand River. C'est à partir de 1860 que Kruger commence à jouer un rôle politique important dans la vie de son pays. En 1864, sous la présidence de M. W. Pretorius, il exerce le commandement général des forces du Transvaal.

Profitant des luttes politiques internes, la Grande-Bretagne occupe le Transvaal en avril 1877. Kruger, qui est alors vice-président, se rend en Grande-Bretagne pour réclamer le départ des troupes britanniques et l'indépendance de son pays. Devant l'insuccès de sa démarche, il organise en 1880, de concert avec M. W. Pretorius et le général P. J. Joubert, l'insurrection des Boers.

Les Anglais subissent un cuisant échec à la bataille de Majuba Hill (27-28 février 1881) ; aussi Gladstone reconnaît-il l'indépendance du Transvaal, dont Kruger est élu président en 1883 et qui reprend en 1884 le nom de « République d'Afrique du Sud », soulignant ainsi les ambitions des Boers. Cette même année, la découverte de l'or au Transvaal y provoque une véritable ruée d'aventuriers, les Uitlanders, principalement anglais.

Kruger est réélu président en 1888, en 1893 et en 1898. Sa politique tend, dès lors, à favoriser l'élément boer de la population aux dépens des Uitlanders, attirés par le mines d'or et de diamants (lois de 1890, 1891, 1892 1894). Refusant de donner un statut légal à la langue anglaise, Kruger s'écrie « C'est mon pays, mes lois, ceux qui ne veulent pas y obéir peuvent quitter le pays. »

Il veut également préserver l'indépendance de la république, menacée par l'avidité des financiers anglais, qui désirent s'emparer du « pays de l'or et des diamants ». À Cecil Rhodes venu à Pretoria, il réclame comme condition d'un accord la cession du Swaziland (1894). Kruger fait également construire une ligne de chemins de fer directe reliant Pretoria à Lourenço Marques (aujourd'hui Maputo, Mozambique), par laquelle il fait venir du matériel de guerre de l'Europe. En 1889, il conclut une alliance défensive avec l'État libre d'Orange. Après l'échec du raid de Jameson (décembre 1895), il s'oppose à l'exécution de ce dernier.

3. L'opposant intransigeant à l'impérialisme britannique

En 1898, la Grande-Bretagne, qui s'était assuré la bienveillance allemande et avait fait capituler la France à Fachoda, envisage de venger l'échec de Majuba Hill. Dans les négociations engagées sur l'initiative de Chamberlain par le haut-commissaire anglais, lord Milner, Kruger refuse la qualité de citoyens aux Uitlanders ayant moins de sept ans de séjour (entrevue de Bloemfontein, octobre 1899) et lance aux Britanniques un ultimatum qui entraîne la guerre en octobre 1899.

Jusqu'en février 1900, les Boers sont partout vainqueurs, mais, écrasés par le nombre, ils sont repoussés par les Britanniques, qui occupent Bloemfontein et Pretoria. Pour vaincre la résistance acharnée des Boers, les Britanniques brûlent leurs fermes et créent des camps de concentration pour les femmes et les enfants.

En octobre 1900, Kruger se rend en Europe demander l'aide des nations. Si les populations l'accueillent avec enthousiasme (France, Belgique et Pays-Bas), les gouvernements restent neutres et Guillaume II lui interdit même l'entrée en Allemagne.

Découragé, Kruger se retire alors à Utrecht, où il écrit ses Mémoires, publiées en 1902. Il meurt en Suisse, le 14 juillet 1904. Son corps est enterré cette même année à Pretoria où, deux ans auparavant, un traité de paix (paix dite de Vereeniging) avait été signé, qui accordait aux Boers une large autonomie, fruit de leur long combat pour la liberté.

Pour en savoir plus, voir les articles Afrique du Sud : histoire, guerre des Boers.