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Jean-Baptiste Camille Corot

Camille Corot, le Pont de Narni
Camille Corot, le Pont de Narni

Peintre français (Paris 1796-Paris 1875).

Artiste de formation classique, Camille Corot est aussi romantique par le lyrisme de ses paysages peints d'après nature. Son œuvre, que Baudelaire qualifia de « miracle du cœur et de l'esprit », lui vaut d'occuper une place unique dans la peinture française.

Corot paysagiste

Camille Corot naît dans une famille aisée de la petite bourgeoisie parisienne. Son père est perruquier puis drapier ; sa mère tient boutique de modiste. Lui-même s'essaie sans succès au négoce, alors qu'il se sent une vocation de peintre. Au cours d'une première période (jusqu'en 1843), il travaille une gamme de couleurs peu étendue, dominée par les gris et les bleus, puis il passe à des jeux plastiques au contenu plus lyrique.

Perpétuel itinérant, Corot séjourne à Rome (Rome, la Trinité des monts, Louvre, 1826-1828), parcourt la province française de long en large, se rend en Suisse, aux Pays-Bas, puis en Angleterre. Habitant une partie de l'année à Ville-d'Avray, il peint abondamment, avec la notion – qui fait de lui un précurseur des impressionnistes – que la lumière crée la vie (la Cathédrale de Chartres, Louvre, 1830). Il travaille aussi à Barbizon et s'imprègne, comme les autres artistes qui s'y rassemblent, de l'influence des maîtres hollandais du xviie s., bien qu'elle soit tempérée chez lui par la révélation italienne et par son indépendance d'esprit (la Forêt de Fontainebleau, 1831, National Gallery of Art, Washington ; la Vue de Soissons, 1833, Otterlo ; le Port de Rouen, 1834, Rouen).

Dès 1835, la notoriété de Corot s'établit avec ses envois aux Salons. Ce sont de vastes compositions mythologiques ou bibliques : Silène (1838, collection privée), Homère et les bergers (1845, Saint-Lô), Destruction de Sodome (1857, Metropolitan Museum of Art, New York), Macbeth et les sorcières (1859, Wallace Collection, Londres). Ce sont aussi des vues de Ville-d'Avray et de l'Italie, où il a fait deux autres voyages (1834, 1843), autant de toiles qui n'atteignent pas, toutefois, à la plénitude poétique du Souvenir de Mortefontaine (1864, Louvre).

Les grands chefs-d'œuvre demeurent ceux où Corot mène jusqu'à la perfection son art des variations subtiles de tonalité : le Port de La Rochelle (1852, Yale University), la Cathédrale de Mantes (1869, Reims), le Beffroi de Douai (1871, Louvre), l'Intérieur de la cathédrale de Sens (1874, ibid.). « On doit le reconnaître comme le doyen des naturalistes » dira de lui Émile Zola (les Paysagistes, 1868).

Corot portraitiste et dessinateur

Les portraits et figures constituent une part capitale de l'œuvre de l'artiste, qui s'intéresse plus particulièrement à la femme : émouvants portraits de ses proches (Claire Sennegon, 1838, Louvre ; Femme en bleu, 1874, ibid.), nus chastes ou troublants (l'Odalisque romaine, dite Marietta, 1843, Petit Palais ; Nymphe couchée, 1855, musée d'Art et d'Histoire, Genève ; la Toilette, 1859, collection privée), figures saisies sur le vif ou issues de songes (la Lecture interrompue, 1868, Art Institute, Chicago ; la Jeune Grecque, vers 1869, Metropolitan Museum of Art ; Jeunes Filles de Sparte, id., Brooklyn Museum, New York ; Jeune Femme algérienne couchée sur l'herbe, vers 1873, Rijksmuseum), dont l'apothéose est la Femme à la perle (vers 1869, Louvre).

Parmi 600 dessins que Corot a laissés, les uns sont exécutés à la mine de plomb (Civita Castellana, 1827, Louvre), les autres au fusain (Macbeth, 1859). Beaucoup sont des ébauches en vue de tableaux. Certains, au contraire, constituent des œuvres abouties (la Petite Fille au béret, 1831, Lille ; Fillette accroupie, vers 1838, Louvre). Venu tardivement à l'estampe, Corot en sera un maître. Il est l'auteur d'une quinzaine d'eaux-fortes et d'autant de lithographies – paysages pour la plupart –, mais surtout de près de 70 clichés-verre, exécutés à partir de 1853 suivant un procédé mis au point par ses amis photographes à Arras.

Vrais et faux Corot

Les Corot authentifiés se comptent par centaines et se répartissent dans les collections du monde entier. Les plus importantes se trouvent en Amérique. En France, ce sont les musées du Louvre et d'Orsay, à Paris, ainsi que le musée de Reims, en région, qui conservent le plus grand nombre d'œuvres.

Il reste que Corot est l'un des artistes le plus visés par les faussaires. On a attribué au peintre, pour des raisons de lucre, des toiles de contemporains qui dénotaient une appartenance à la même esthétique. On est même allé jusqu'à effacer la signature de petits maîtres au bas de tableaux qui étaient ensuite présentés comme des Corot non signés. Le marché de l'art a également été envahi de copies, exécutées à Arras par des amis de Corot ou par ses élèves, dont on contesta parfois la bonne foi – d'autant que ces copies ont facilité nombre d'escroqueries.