En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Édouard Glissant

Écrivain français (Sainte-Marie, Martinique, 1928-Paris 2011).

Le militant de la décolonisation

Fils d’un gérant de plantation, boursier au lycée Schœlcher de Fort-de-France où il est l’élève d’Aimé Césaire, il part étudier la philosophie à Paris en 1946. Il y rencontre les intellectuels du renouveau culturel négro-africain, collabore à la revue Présence africaine, publie ses premiers recueils poétiques (Un champ d’îles, 1953 ; la Terre inquiète, 1954 ; les Indes, 1956) et un essai (Soleil de la conscience, 1955). Son premier roman, la Lézarde (1958, Prix Renaudot), itinéraire d’un groupe de jeunes anticolonialistes martiniquais, lui vaut la reconnaissance de l’avant-garde littéraire parisienne. Il écrit pour le théâtre Monsieur Toussaint (1961) en hommage au révolutionnaire haïtien. Militant de la décolonisation, signataire en 1960 du Manifeste des 121 sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie, il est arrêté en Guadeloupe l’année suivante pour son implication dans le Front antillo-guyanais et assigné à résidence en métropole. De retour en Martinique en 1965, il fonde l’Institut martiniquais d’études (1967) puis la revue Acoma (1971).

Le chantre de l’« antillanité »

Sa réflexion sur la littérature et sa défense de la spécificité antillaise se prolonge dans des essais (l’Intention poétique, 1969, le Discours antillais, 1981). Analysant les névroses des Antilles, du traumatisme de la traite des Noirs à la situation contemporaine de peuple assisté, il engage le colonisé, dépossédé de sa terre et de son histoire, à se réapproprier son « antillanité » contre la fausse universalité de l’histoire occidentale, et à réparer ses déchirures par une relation constante à l’altérité (Poétique de la relation, 1990, Prix Roger Caillois 1991 ; Faulkner, Mississippi, 1996 ; Traité du Tout-Monde, 1997). Il poursuit parallèlement l’ample cycle romanesque engagé avec le Quatrième Siècle (1964), remontée flamboyante dans l’inconscient historique antillais. Malemort (1975), la Case du commandeur (1981), Mahagony (1987), et Sartorius, le Roman des Batoutos (1999) sont autant de récits en archipel, portés par un souffle puissant, où circulent thèmes et personnages récurrents. La synthèse du français et des cadences créoles caractérise aussi la poésie de haute inspiration, exigeante et dense, des recueils de la maturité (Boises, 1979 ; Pays rêvé, pays réel, 1985 ; Fastes, 1991). Son œuvre, mondialement reconnue, lui vaudra d’être nommé rédacteur en chef du Courrier de l’UNESCO en 1981, poste qu’il quitte en 1988 pour enseigner à l’université de Louisiane puis à New-York.