Nicolas Copernic, en polonais Mikołaj Kopernik
Astronome polonais (Toruń 1473-Frauenburg, aujourd'hui Frombork, 1543).
Fils d'un riche négociant de Cracovie venu s'établir à Toruń avant la conquête de la ville par la Pologne, le jeune Copernic est adopté à l'âge de dix ans, à la mort de son père, par son oncle maternel Lukas Watzelrode (1447-1512), qui devient plus tard évêque d'Ermeland (Warmia).
Après avoir étudié les écrits de Regiomontanus (1436-1476) et suivi à Bologne les leçons d'astronomie de Domenico Maria Novara (1454-1504), il enseigne les mathématiques à Rome en 1500. L'année suivante, il retourne en Pologne, où, grâce à la protection de Lukas Watzelrode, il a été nommé dès 1497 chanoine de Frauenburg.
Ayant obtenu l'autorisation de prolonger ses études en Italie, il s'inscrit aux facultés de droit et de médecine de Padoue. Reçu docteur en droit canon (31 mai 1503) à Ferrare, il retourne à Frauenburg, où il fait construire un observatoire et où il demeure jusqu'à sa mort.
Frappé par le manque de symétrie du système de Ptolémée (IIe s.), qu'il trouve d'ailleurs très compliqué, et en particulier par la vitesse considérable que doit atteindre la partie superficielle de la sphère céleste pour pouvoir tourner autour de son axe en vingt-quatre heures, il consulte les écrits d'un certain nombre de philosophes anciens (Cicéron, Aristarque de Samos, Martianus Capella, etc.) et constate que certains de ces auteurs envisagent la rotation des planètes, dont la Terre, autour du Soleil, considéré comme fixe. C'est alors que, le premier, il conçoit les mouvements apparents des planètes (tantôt dans le sens direct, tantôt dans le sens rétrograde) comme résultant de la combinaison des mouvements de la Terre et de ceux des planètes. Remarquant ensuite que Mars, Jupiter et Saturne présentent leur plus grande dimension à l'époque de leur opposition, il pressent que la Terre n'est pas le centre de leurs mouvements. En les supposant tourner autour du Soleil, il constate que leurs changements de diamètre apparent sont une conséquence de cette rotation. Les distances des planètes au Soleil étant mal connues à l'époque, il s'agit bien plus d'une constatation qualitative que d'une constatation quantitative.
Pendant trente-six ans, ses conclusions se précisent au fur et à mesure qu'il travaille et qu'il observe. Après avoir déterminé de façon plus satisfaisante les distances des différentes planètes au Soleil, il démontre que la Lune est un satellite de la Terre, expliquant ainsi d'une manière aussi simple que rationnelle des phénomènes célestes ainsi que la diversité des saisons et l'inégalité des jours et des nuits. Le déplacement des points équinoxiaux lui permet de montrer que l'axe de la Terre ne reste pas parallèle à lui-même et que, à la fin de l'année, sa position n'est pas celle qu'il avait au début. Copernic attribue la précession des équinoxes à un mouvement des pôles de la Terre autour des pôles de l'écliptique, mais sans donner cependant la raison même de ce phénomène.
Son ouvrage fondamental De revolutionibus orbium cœlestium n'est imprimé à Nuremberg qu'en 1543, et Copernic n'en reçoit les premiers exemplaires que quelques heures avant sa mort des mains de son disciple Rheticus (1514-1576). Dans la dédicace qu'il fait de son livre au pape Paul III, il présente son système du monde comme une simple hypothèse, exposant qu'il le publie à la sollicitation de ses amis afin de n'être pas accusé de fuir le jugement de personnes éclairées et espérant que l'autorité du pape le garantira des attaques de ses ennemis.
Le système de Copernic, que Rheticus soutient dès 1540 non pas comme une hypothèse, mais en l'affirmant, eut d'abord beaucoup de détracteurs. Il ne fut universellement adopté qu'un siècle après la mort du profond penseur qui l'avait conçu. Les savants accueillirent ces idées avec enthousiasme, mais la foule des ignorants les traita d'absurdes rêveries. Elles furent même exposées par des comédiens à la risée publique.
Pour en savoir plus, voir l'article Système solaire.
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