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Anthony Blair, dit Tony Blair

Tony Blair
Tony Blair

Homme politique britannique (Édimbourg 1953).

Avocat, député travailliste depuis 1983, il est élu chef du parti travailliste après la mort de John Smith (juillet 1994). Il poursuit la mue de sa formation qu'il entend recentrer sur l'échiquier électoral et transformer en parti de gouvernement. Élu Premier ministre du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord après la victoire des travaillistes aux élections de 1997, il obtient un second mandat à l'issue des élections de 2001 et devient en 2003 le premier chef de gouvernement travailliste à présider aux destinées du pays pendant plus de six ans.

Très populaire auprès de l'opinion publique jusqu'en 2003, Tony Blair joue de son charisme bénéficie d'une conjoncture économique favorable soutenue par l'orthodoxie de son chancelier de l'Échiquier Gordon Brown : le gouvernement poursuit la réforme de l'État providence, transformant le welfare en workfare destiné à remettre les chômeurs sur le chemin de la formation et de l'emploi. Parallèlement, il investit massivement dans les services publics (santé, éducation, transports). Soucieux de moderniser les institutions du royaume et de les rapprocher des populations, Tony Blair décentralise les gouvernements d'Écosse et du pays de Galles et contribue activement aux efforts de règlement de la question d'Irlande du Nord (avril 1998). Mais la réforme du système électoral et parlementaire s'enlise rapidement et l'entreprise de conciliation entre protestants et catholiques à Belfast connaît des ratés et un arrêt (2002). Pro-européen, il doit également repousser sine die l'adhésion de son pays à l'euro et renoncer au référendum politiquement périlleux qu'il entendait pourtant organiser sur la question.

Atlantiste et solidaire de George Walker Bush et de sa stratégie à l'encontre de Saddam Husayn, il s'engage – en dépit de l'hostilité d'une majorité de Britanniques – dans la guerre contre l'Iraq aux côtés des États-Unis (mars-avril 2003). L'apparence de quelques succès (chute du dictateur en avril 2003, tenue de premières consultations dites démocratiques en janvier 2005), nempêche pas que l'aura et la popularité du Premier ministre soient fortement écornées à la suite des révélations sur les manipulations de l'opinion à propos de la question des armes de destruction massive. Le coût de la guerre, les exactions des troupes américano-britanniques, l'exécution d'otages anglais et l'impression générale qui va croissant de l'enlisement de la coalition dans un inextricable bourbier ne le dissuadent toutefois nullement de porter les couleurs du New Labour lors des élections générales de mai 2005, à l'issue desquelles il devient, grâce à la victoire par défaut de sa formation, le premier chef de gouvernement travailliste britannique à remporter trois victoires électorales consécutives.

L'annonce préélectorale selon laquelle il ne solliciterait pas de quatrième mandat et les résultats en demi-teinte de sa formation lors du scrutin général font un peu plus pâlir son étoile, au profit de celle de son vieux rival, Chancelier de l'Échiquier et dauphin désigné, Gordon Brown. L'obtention par Londres des jeux Olympiques de 2012 le 6 juillet 2005 et la détermination affichée lors des attentats du lendemain dans la capitale rehaussent toutefois la popularité du chef du gouvernement.

Reste que, poussé vers la sortie par la fronde répétée de sa majorité parlementaire et par les partisans – au sein de son parti – de Gordon Brown, éclaboussé tout au long de l'année 2006 par des révélations sur le financement trouble des élections de 2005, usé par l'exercice du pouvoir et plus que jamais impopulaire du fait de son alignement atlantique et du fiasco irakien qu'il finit par reconnaître publiquement, Tony Blair fait savoir en septembre 2006 qu'il quittera le pouvoir avant la rentrée 2007 – le temps pour lui d'essuyer un nouveau revers lors des élections locales de mai 2007, avec notamment la perte pour son parti d'une Écosse autonome de plus en plus tentée par l'aventure nationaliste, mais aussi de parachever le processus de paix nord-irlandais, et d'obtenir, à l'arraché, les dérogations exigées dans le projet de traité européen simplifié à la fin du mois de juin. Après dix années passées à Downing Street, le 27 juin 2007, et sans avoir égalé le record de onze ans établi par Margaret Thatcher, il cède son poste à Gordon Brown, pour se voir confier aussitôt par le Quartet une mission de paix au Proche-Orient.