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François Arago

François Arago
François Arago

Astronome, physicien et homme politique français (Estagel, Roussillon, 1786-Paris 1853).

Par ses contributions à la physique et à l'astronomie, ainsi que par ses talents d'organisateur et de vulgarisateur, François Arago a fortement marqué de son empreinte le développement scientifique du xixe siècle. Il fut aussi une figure de la politique, aux convictions républicaines affichées, qui milita pour le progrès technique et le progrès social

1. Des débuts prometteurs

Fils aîné d'un petit propriétaire terrien d'Estagel, dans les Pyrénées-Orientales, François Arago fréquente d'abord l'école primaire de ce village, avant de poursuivre ses études à Perpignan, où sa famille s'établit en 1795, après la nomination de son père comme trésorier de la Monnaie. Celui-ci le destine à une carrière juridique ou administrative mais le jeune François, séduit un jour par l'uniforme d'un officier du génie, décide de préparer seul l'École polytechnique : il y est admis à 17 ans, après avoir ébloui son examinateur, le mathématicien Gaspard Monge. Engagé à sa sortie comme secrétaire-bibliothécaire au Bureau des longitudes, il est envoyé en Espagne, en 1806, comme adjoint de Jean-Baptiste Biot, pour prolonger la mesure d'un arc du méridien de Paris. En août 1807, les plus importantes opérations étant achevées jusqu'aux Baléares, Biot rentre à Paris et laisse Arago terminer les travaux. Celui-ci se trouve alors surpris par la guerre d'indépendance espagnole ; il est enfermé, s'évade et, à la suite d'étonnantes aventures qui le mènent deux fois en Algérie, réussit enfin à regagner la France en 1809. Il est aussitôt admis à l'Académie des sciences, avec une dispense d'âge (il n'a que 23 ans) ; la même année, il est nommé professeur d'analyse et de géodésie à l'École polytechnique et astronome adjoint à l'Observatoire de Paris, avec l'autorisation d'y habiter.

2. Le physicien

En physique, Arago va s'illustrer plus particulièrement dans les domaines de l'optique et de l'électromagnétisme. Dès 1806, il effectue avec Biot les premières mesures précises de l'indice de réfraction de l'air et de divers autres gaz. Protecteur et ami d'Augustin Fresnel, il adopte et diffuse sa théorie ondulatoire de la lumière. En 1811, il découvre la polarisation rotatoire dans les cristaux de quartz, ainsi que la polarisation chromatique, dont Fresnel va donner la théorie. En 1820, il réalise devant l'Académie des sciences l'expérience d'Œrsted, dont il vient d'avoir connaissance, puis découvre l'aimantation temporaire du fer au voisinage d'un courant électrique et, en 1824, le magnétisme par rotation. Proche d'Ampère, il est l'un des plus ardents défenseurs de sa théorie de l'électrodynamique. En 1822, il organise l'opération montée par le Bureau des longitudes pour la mesure de la vitesse du son entre Villejuif et Montlhéry. En 1825, il procède avec Pierre Louis Dulong à des mesures de la pression de la vapeur d'eau à haute température, en vue de réduire les risques d'explosion dans les machines à vapeur.

3. L'astronome

En astronomie, les travaux personnels d'Arago sont principalement des applications de ses autres recherches (en polarimétrie et photométrie notamment) à la physique solaire, stellaire ou atmosphérique. Il étudie la réfraction atmosphérique, explique la scintillation des étoiles, détermine avec précision le diamètre des planètes, s'intéresse à la chromosphère solaire.

À l'Observatoire de Paris, dont il devient directeur des observations en 1834, puis directeur de 1843 à sa mort, il donne toute la mesure de ses talents d'administrateur, d'organisateur, de pédagogue et de vulgarisateur. Le cours public d'astronomie qu'il assure de 1813 à 1846 connaît une grande affluence et est à l'origine de son Astronomie populaire (1854-1857 ; 4 tomes), une encyclopédie extrêmement complète de l'astronomie de son temps. Il se distingue aussi par la rédaction de Notices scientifiques très documentées dans l'Annuaire du Bureau des longitudes.

Dès 1839, il discerne toute l'importance que prendra la photographie en astronomie, et c'est à son initiative que Léon Foucault et Hippolyte Fizeau obtiennent, en 1845, le premier daguerréotype du Soleil. C'est également lui qui incite Urbain Le Verrier à rechercher la cause des perturbations du mouvement orbital d'Uranus.

4. L'académicien

À l'Académie des sciences, Arago utilise avec générosité son influence pour mettre en avant de jeunes chercheurs dont les travaux l'enthousiasment. Très attentif à la diffusion du savoir, il fait accepter en 1825 la présence des journalistes aux séances et est à l'origine de la création des Comptes rendus, publiés depuis 1835. Élu secrétaire perpétuel, en 1830, il rédigera et prononcera, en cette qualité, de nombreux Éloges de ses confrères disparus, qui sont des modèles de style et de narration.

5. L'homme politique

Parallèlement à sa carrière scientifique, Arago s'engage dans l'action politique après la révolution de 1830. Élu député des Pyrénées-Orientales, puis de Paris, constamment réélu jusqu'en 1848, il siège à l'extrême gauche. Il est aussi membre du conseil général de la Seine. À la Chambre des députés, il se fait le champion de l'innovation industrielle et du progrès technique, intervenant sur les machines à vapeur, les chemins de fer, les canaux, les travaux publics et la technologie militaire. Il souhaite également associer la science au progrès social et se préoccupe des problèmes sociaux, éducatifs et politiques que pose le développement industriel.

En février 1848, porté par l'acclamation populaire au gouvernement provisoire et chargé de diriger les ministères de la Marine et de la Guerre, il promulgue le décret abolissant l'esclavage dans les colonies françaises. Député à l'Assemblée constituante (avril 1848), il préside le Comité exécutif, qui exerce le pouvoir du 5 mai au 24 juin 1848, puis siège à l'Assemblée législative (mai 1849). Ardent républicain, il s'oppose ensuite à Louis Napoléon Bonaparte et quitte la vie politique après le coup d'État du 2 décembre 1851, mais conserve ses fonctions, l'Empereur l'ayant dispensé de prêter serment. Presque aveugle et miné par le diabète, il s'éteint en 1853, âgé de 67 ans.

Pour en savoir plus, voir l'article révolution française de 1848.