
Chefs de l'État : Giovanni Francesco Ugolini et Andrea Zafferani
Chefs du gouvernement : Giovanni Francesco Ugolini et Andrea Zafferani
Nature de l'État : république
Exécutif
Chef de l'État et du gouvernement : capitaine-régent
Législatif
Grand Conseil général
Régie par une Constitution de 1569, Saint-Marin est la plus ancienne république du monde moderne. Accroché sur les pentes abruptes du monte Titano (738 m d'altitude), dans l'Apennin calcaire, ce micro-État vit principalement du tourisme. Il a accueilli, ces dernières années, environ trois millions de visiteurs par an, qui ont apporté 60 % du revenu national. Le commerce de timbres et de monnaies assure également des revenus appréciables tandis que, à l'instar de Monaco, Saint-Marin abrite de nombreuses banques, devenant par certains aspects un paradis fiscal. Les autorités italiennes soupçonnent ainsi de nombreux étrangers d'utiliser la petite république pour exporter des capitaux. L'agriculture traditionnelle (vignes et céréales), en revanche, recule en raison du tourisme et de la vague de constructions qui en découle. L'Italie et Saint-Marin sont liés par une union douanière et Rome verse au pays une somme annuelle pour le dédommager de l'absence d'impôts sur les douanes. La population tend cependant à diminuer du fait de la baisse de la natalité et d'un fort courant d'immigration vers l'Italie (mais également vers les États-Unis) au cours de ces dernières années (12 000 Saint-Marinais résident désormais à l'étranger).
Selon la tradition, Saint-Marin fut fondé au IVe s. par un ermite, dont la réputation de sainteté attira une petite communauté, qui s'élargit peu à peu en une « commune » laïque. Fortifié contre les incursions des Normands et des Sarrasins, Saint-Marin, dès la fin du IXe s., possède déjà une certaine autonomie et agrandit son territoire au XIe s.
Ayant pris le nom de « république » au XIIIe s., Saint-Marin fait alliance au XVe s. avec le pape et avec les ducs d'Urbino. Vers le milieu du XVe s. est créé le Grand Conseil de 60 membres à vie (20 nobles, 20 bourgeois et 20 paysans), désignés par cooptation. Aux XVIIe et XVIIIe s., l'abus du droit d'asile, les tendances oligarchiques des membres du Grand Conseil et les visées de la papauté sur le territoire marquent une période de déclin relatif. Respecté par Bonaparte en 1797, l'État de Saint-Marin est reconnu au congrès de Vienne en 1815. Le petit pays signe un traité d'amitié avec son voisin en 1862, renouvelé en 1897, 1939, 1953. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le pays accueillit plus de 100 000 réfugiés. De 1945 à 1957, le pays est gouverné par une coalition communiste, ce qui provoque des tensions avec l'Italie.
Le territoire de Saint-Marin est divisé en 9 bourgs correspondant aux anciennes circonscriptions paroissiales. La République est gouvernée par le Grand Conseil (60 membres), renouvelé tous les 5 ans par élection, et présidé par 2 capitaines-régents, élus tous les 6 mois et qui sont chefs de l'État et du gouvernement. Ce dernier est exercé par le Congrès d'État. Le droit de vote a été accordé aux femmes en 1960, et depuis 1973 ces dernières ont également le droit d'éligibilité. Les principales forces politiques sont la Démocratie chrétienne (centre droit) et le parti socialiste saint-marinais (PSS ex-parti communiste), se succèdent régulièrement au pouvoir. En 2005, le PSS fusionne avec le parti des Démocrates pour former le parti des Socialistes et des Démocrates (PSD), provoquant le départ des centristes du PSS qui fondent alors le Nouveau parti socialiste (NPS) et celui de l'aile gauche du parti des Démocrates, qui rejoint les ex-communistes pour former la Gauche unie. Apparue en 1993, l'Alliance populaire, l'équivalent saint-marinais de la Ligue du Nord en Italie, participe depuis 2002 à la coalition au pouvoir. En 1988, Saint-Marin adhère au Conseil de l'Europe et en 1992 à l'Organisation des Nations unies.