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Oman

en arabe ‘Umān

Nom officiel : sultanat d'Oman

Carton de situation - Oman
Drapeau d'Oman
Drapeau d'Oman

État d'Asie occidentale, situé à l'extrémité orientale de la péninsule d'Arabie, Oman borde le golfe d'Oman à l'est, s'ouvre sur l'océan Indien (mer d'Oman) au sud-est il est limité au sud-ouest par le Yémen, à l'ouest par l'Arabie saoudite et au nord-ouest par les Émirats arabes unis. Oman comprend également la presqu'île de Musandam, donnant sur le détroit d'Ormuz.

  • Superficie : 212 000 km2
  • Nombre d'habitants : 3 632 000 (estimation pour 2013)
  • Nom des habitants : Omanais
  • Capitale : Mascate
  • Langue : arabe
  • Monnaie : rial omanais
  • Chef de l'État : Qabus ibn Said
  • Chef du gouvernement : Qabus ibn Said
  • Nature de l'État : monarchie
  • Constitution :
    • Adoption : 6 novembre 1996
    • Entrée en vigueur : 6 novembre 1996
Pour en savoir plus : institutions d'Oman

GÉOGRAPHIE

Le pays s'étend du détroit d'Ormuz, à l'entrée du golfe Persique (péninsule de Musandam, enclavée dans les Émirats arabes unis), jusqu'au cap Darbat Ali sur la côte sud de la péninsule. En grande partie désertique, montagneux au N., Oman possède de rares cultures (irriguées) et quelques troupeaux (ovins et chameaux), alors que la pêche est, ponctuellement, active sur le littoral. Mais le pétrole est la richesse essentielle du pays, à nette majorité arabe et en quasi-totalité islamisé.

1. Les montagnes

Les montagnes de l'Oman, assez faiblement arrosées (peut-être autour de 250 mm en moyenne sur les pentes nord-orientales, et exceptionnellement 400 à 500 mm sur les sommets), sont le plus souvent rocailleuses et dénudées, malgré leur nom de djebel Akhdar (« la Montagne Verte »). Ces montagnes, accidentées de charriage et de failles, culminent à 3 020 m. Elles sont couvertes d'une steppe discontinue et de forêt d'épineux. Elles ne supportent guère qu'une agriculture de terrasses irriguées de fond de vallée, à base notamment de fruits tempérés et subtropicaux (c'est de Mascate que vient sans doute le nom du muscat, apporté en Europe par les Portugais). Les villages fortifiés sédentaires s'imbriquent avec des tribus semi-nomades.

De part et d'autre de la montagne divergent des oueds, le plus souvent à sec. Ceux qui se dirigent vers le désert se perdent dans des cuvettes salines et gyspseuses, aux confins du Rub al-Khali.

2. La plaine côtière

La plaine côtière de la Batina, sur le golfe Persique, très sèche (75 à 150 mm de pluies en moyenne), comporte de grosses oasis à palmiers-dattiers, nourries par des puits et par des galeries drainantes souterraines (équivalentes des qanat iraniens et appelées ici faladj) en provenance du piedmont des montagnes. Les agrumes, les bananiers s'y mêlent, ainsi que le coton, qui alimentait jadis à Mascate une importante industrie textile, minée par la concurrence indienne et européenne au xixe s. De petites communautés littorales se consacrent à la pêche dans les eaux du Golfe. La population est infiniment plus mêlée que celle de la montagne. En majorité sunnite, elle comporte de nombreux éléments étrangers d'origine, Indiens, Baloutches, Iraniens, Noirs africains, descendants d'esclaves ou autres, laissés par les divers pouvoirs qui se sont succédé dans la région.

Sur le versant intérieur du djebel Akhdar, beaucoup plus sec que le versant nord-oriental, existent également quelques grosses oasis (Nizwa), dont certaines restent d'appropriation indécise, tel le groupe d'al-Buraymi, disputé entre Abu Dhabi, Oman et l'Arabie saoudite.

3. Les collines du Dhofar

Les collines du Dhofar, le long de la côte de l'Arabie méridionale, frappées de plein fouet par la mousson d'été de l'hémisphère Sud et relativement bien arrosées (peut-être 500 mm en moyenne), sont le pays par excellence des arbustes à parfums (encens et myrrhe). Peuplées de pasteurs pré-bédouins, les Qara, chez qui le gros bétail tient une place essentielle à côté des chameaux, elles restent très en marge du reste du pays, dont les séparent de vastes étendues à peu près désertiques.

4. Mascate

Mascate, la capitale, forme le principal foyer d'urbanisation. Elle est le foyer de civilisation urbaine qui a permis aux populations kharidjites de l'intérieur de réaliser une unité politique. L'abri exceptionnel d'une ria en eau profonde a créé ici un centre très ancien d'activité maritime, qui demeura une base portugaise jusqu'en 1650, puis fut capitale de l'imam de l'Oman, et alors point de départ d'une importante expansion dans l'océan Indien, notamment vers Zanzibar (qui fut jusqu'en 1861 une dépendance de Mascate). Mais, après le déclin de ces relations lointaines, l'absence de relations aisées avec l'intérieur paralysa tout développement fondé sur des bases locales.

5. La population

Très à l'écart du reste de l'Arabie, dont la sépare l'énorme massif dunaire du Rub al-Khali, la population a pu préserver son originalité culturelle. Les musulmans ibadites, et constitue sans doute plus de la moitié de la population, se concentrent dans les montagnes du Nord. Ils appartiennent à la secte kharidjite, qui, sous la conduite d'un imam, a fourni les bases de la construction politique.

Densément peuplée, la plaine côtière de la Batina accueille une population plus mélangée, à majorité sunnite. Peuplée de paysans, la plaine du Dhofar, au sud, est séparée du reste du pays par le désert du Rub al-Khali, où circulent des tribus nomades.

Les travailleurs étrangers (Indiens, Pakistanais) constituent le tiers de la population et plus de 60 % des actifs. Avec une moyenne de 3 enfants par femme, la population croît rapidement ; elle est très jeune (31 de moins de 15 ans) et de plus en plus instruite.

6. Les activités économiques

Exploité tardivement (1967), le pétrole est la principale richesse du pays. La production de brut alimente 90 % des exportations (par le port de Mina al-Fahal) et représente plus du tiers du produit intérieur brut, mais les réserves sont toutefois réduites (environ 0,5 % des réserves mondiales prouvées) et s'épuisent. Oman mise désormais sur l'extraction du gaz naturel pour assurer son avenir économique. Le pays valorise le développent des infrastructures portuaires et l'exploitation de ses autres richesses minières (aluminium, chrome, cuivre), couplées avec une diversification industrielle et agroalimentaire. L'agriculture occupe le quart des actifs et reste peu productive : l'irrigation permet la production de fruits et de légumes, mais le sultanat manque d'eau douce. Les pêcheurs recherchent des huîtres perlières. Le secteur industriel est peu développé, alors que celui des finances est en pleine expansion. Le secteur tertiaire représente presque les deux tiers du produit intérieur brut.

HISTOIRE

1. Un éveil tardif

Au cours des xviie et xviiie siècles, Oman connaît une période d'expansion maritime, principalement dirigée vers la côte orientale de l'Afrique, où il possède le riche territoire de Zanzibar, qu'il perdra en 1861. Sous protectorat britannique à partir de 1891, le « sultanat de Mascate et Oman » se referme sur lui-même. En 1913, les ibadites défient le sultan de Mascate en élisant un imam à leur tête. Un traité règle provisoirement l'affaire en 1920, mais le conflit entre les partisans de l'imam et ceux du sultan reprend dès 1954, pour ne s'apaiser qu'en 1959. En 1964, le Dhofar se soulève à son tour. Oman est alors un pays très isolé, maintenu dans l'arriération économique et sociale par le vieux sultan Said ibn Taymur. Le 23 juillet 1970, un coup d'État l'oblige à abdiquer en faveur de son fils, Qabus ibn Said. Celui-ci propose alors une amnistie aux rebelles du Dhofar, modifie le nom de son pays (qui devient le « sultanat d'Oman ») et utilise les revenus du pétrole, découvert en 1964, pour le moderniser. En 1971, Oman entre à l'ONU, alors que les troubles continuent dans le Zufar. Début 1972, les mouvements insurrectionnels y fusionnent dans le Front populaire pour la libération d'Oman et du golfe Arabique (FPLOGA), soutenu militairement par la République démocratique et populaire du Yémen (RDPY). Le gouvernement réagit par une vaste offensive, victorieuse, lancée entre 1973 et 1975 avec l'aide de contingents iraniens et jordaniens.

2. Indépendance diplomatique et modernisation politique

Dès le début de son règne, Qabus ibn Said mène une politique extérieure originale. Oman est ainsi l'un des seuls États arabes à soutenir le traité de paix égypto-israélien de 1979 (→ accords de Camp David). En 1980, le sultan signe un accord de coopération économique et militaire avec les États-Unis. Il adhère en 1981 au Conseil de coopération du Golfe (CCG) et établit en 1982 des relations diplomatiques avec la RDPY. Signé en 1992, un accord sur la délimitation des frontières avec le Yémen unifié sera officialisé en mai 1997. Oman se rapproche aussi de l'Union soviétique (septembre 1985) et de l'Iran dès 1989, ce qui ne l'empêche pas, pendant la guerre du Golfe (1990-1991), de prêter la base militaire de Masira aux États-Unis. Amorcé en 1994, le processus de réconciliation avec l'État d'Israël est suspendu en 1997, du fait de la politique intransigeante du gouvernement de Benyamin Netanyahou.

Parallèlement, Qabus ibn Said introduit des germes de démocratie dans la vie politique de son pays. En 1981, il crée une Assemblée consultative, remplacée en 1991 par un Conseil consultatif de 80 membres (ouvert aux femmes en 1995 et dont les membres ne peuvent donner leur avis que sur des questions sociales, de santé et d'éducation). Le 6 novembre 1996, la promulgation d'une Loi fondamentale donne sa première Constitution au sultanat. Le 4 octobre 2003, le Conseil consultatif est élu au suffrage universel ; deux femmes sont élues. Lors de son renouvellement, en octobre 2007, aucune femme n'est élue et 62,7 % des électeurs inscrits se rendent aux urnes. Alors que le sultan célèbre en 2010 sa quatrième décennie au pouvoir, les timides réformes qu'il a engagées semblent marquer le pas. Inspirés par les révolutions tunisienne et égyptienne, des rassemblements organisés à partir de janvier 2011 dénoncent la situation économique et la corruption dans les ministères. Au mois de mars, espérant éviter une radicalisation de cette opposition naissante et alors que le Yémen voisin est à son tour gagné par la contestation, le sultan limoge plusieurs de ses ministres avant d’annoncer un renforcement des pouvoirs du Conseil d’Oman ainsi que l’augmentation des retraites et de certaines aides sociales.