
Chef de l'État : Qabus ibn Said
Chef du gouvernement : Qabus ibn Said
Nature de l'État : monarchie
Constitution :
Adoption : 6 novembre 1996
Entrée en vigueur : 6 novembre 1996
Exécutif
Chef de l'État et du gouvernement : sultan
Législatif
Le sultan légifère par décret. Le Conseil d'Oman, dont le rôle est purement consultatif, se compose du Conseil consultatif et du Conseil d'État.
Le pays s'étend du détroit d'Ormuz, à l'entrée du golfe Persique (péninsule de Musandam, enclavée dans les Émirats arabes unis), jusqu'au cap Darbat Ali sur la côte sud de la péninsule. L'ossature du pays est constituée par les montagnes de l'Oman, atteignant 3 000 m d'altitude au djabal Akhdar (« la montagne Verte »), arrosées en quantités appréciables (400 à 500 mm par an) par la mousson d'été.
Les ibadites (membres d'une secte dissidente de l'islam) représentent la moitié de la population, majoritairement rurale, et se concentrent dans les montagnes du Nord. Densément peuplée, la plaine côtière de la Batina accueille une population plus mélangée, à majorité sunnite. Peuplée de paysans, la plaine du Dhofar, au sud, est séparée du reste du pays par le désert du Rub al-Khali, où circulent des tribus nomades. Mascate, la capitale, forme le principal foyer d'urbanisation. Les travailleurs étrangers (Indiens, Pakistanais) constituent le tiers de la population et plus de 60 % des actifs. Avec une moyenne de 3 enfants par femme, la population croît rapidement ; elle est très jeune (31 de moins de 15 ans) et de plus en plus instruite.
Exploité tardivement (1967), le pétrole est la principale richesse du pays. La production de brut alimente 90 % des exportations, mais les réserves s'épuisent ; Oman mise désormais sur l'extraction du gaz naturel pour assurer son avenir économique. L'agriculture occupe 28 % des actifs et reste peu productive : l'irrigation permet la production de fruits et de légumes, mais le sultanat manque d'eau douce. Le secteur industriel est peu développé, alors que celui des finances est en pleine expansion. Malgré quelques difficultés entre 1990 et 1993, Oman reste un État prospère.
Au cours des XVIIe et XVIIIe s., Oman connaît une période d'expansion maritime, principalement dirigée vers la côte orientale de l'Afrique, où il possède le riche territoire de Zanzibar, qu'il perdra en 1861. Sous protectorat britannique à partir de 1891, le « sultanat de Mascate et Oman » se referme sur lui-même. En 1913, les ibadites défient le sultan de Mascate en élisant un imam à leur tête. Un traité règle provisoirement l'affaire en 1920, mais le conflit entre les partisans de l'imam et ceux du sultan reprend dès 1954, pour ne s'apaiser qu'en 1959. En 1964, le Dhofar se soulève à son tour. Oman est alors un pays très isolé, maintenu dans l'arriération économique et sociale par le vieux sultan Said ibn Taymur. Le 23 juillet 1970, un coup d'État l'oblige à abdiquer en faveur de son fils, Qabus ibn Said. Celui-ci propose alors une amnistie aux rebelles du Dhofar (Dhofar), modifie le nom de son pays (qui devient le « sultanat d'Oman ») et utilise les revenus du pétrole, découvert en 1964, pour le moderniser. En 1971, Oman entre à l'O.N.U., alors que les troubles continuent dans le Zufar. Début 1972, les mouvements insurrectionnels y fusionnent dans le Front populaire pour la libération d'Oman et du golfe Arabique (F.P.L.O.G.A.), soutenu militairement par la République démocratique et populaire du Yémen (R.D.P.Y.). Le gouvernement réagit par une vaste offensive, victorieuse, lancée entre 1973 et 1975 avec l'aide de contingents iraniens et jordaniens.
Dès le début de son règne, Qabus ibn Said mène une politique extérieure originale. Oman est ainsi l'un des seuls États arabes à soutenir le traité de paix égypto-israélien (1979). En 1980, le sultan signe un accord de coopération économique et militaire avec les États-Unis. Il adhère en 1981 au Conseil de coopération du Golfe (C.C.G.) et établit en 1982 des relations diplomatiques avec la R.D.P.Y. Signé en 1992, un accord sur la délimitation des frontières avec le Yémen unifié sera officialisé en mai 1997. Oman se rapproche aussi de l'Union soviétique (septembre 1985) et de l'Iran dès 1989, ce qui ne l'empêche pas, pendant la guerre du Golfe (1991), de prêter la base militaire de Masira aux États-Unis. Amorcé en 1994, le processus de réconciliation avec l'État d'Israël est suspendu en 1997, du fait de la politique intransigeante du gouvernement de Benyamin Netanyahou.
Parallèlement, Qabus ibn Said introduit des germes de démocratie dans la vie politique de son pays. En 1981, il crée une Assemblée consultative, remplacée en 1991 par un Conseil consultatif de 80 membres (ouvert aux femmes en 1995 et dont les membres ne peuvent donner leur avis que sur des questions sociales, de santé et d'éducation). Le 6 novembre 1996, la promulgation d'une Loi fondamentale donne sa première Constitution au sultanat. Le 4 octobre 2003, le Conseil consultatif est élu au suffrage universel ; deux femmes sont élues. Lors de son renouvellement, en octobre 2007, aucune femme n'est élue et 62,7 % des électeurs inscrits se rendent aux urnes.