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Bahreïn

en arabe Baḥrayn

Nom officiel : royaume de Bahreïn

Carton de situation - Bahreïn
Drapeau du Bahreïn
Drapeau du Bahreïn

État insulaire d'Asie occidentale, Bahreïn se situe dans le golfe Persique entre la côte d'Arabie saoudite à l'ouest et le Qatar à l'est et au sud-est.

  • Superficie : 660 km2
  • Nombre d'habitants : 1 332 000 (estimation pour 2013)
  • Nom des habitants : Bahreïniens
  • Capitale : Manama
  • Langue : arabe
  • Monnaie : dinar de Bahreïn
  • Chef de l'État : Hamad ibn Isa Al Khalifa
  • Chef du gouvernement : Khalifa ibn Salman Al Khalifa
  • Nature de l'État : monarchie constitutionnelle
  • Constitution :
    • Adoption : 14 février 2002
Pour en savoir plus : institutions du Bahreïn

GÉOGRAPHIE

Cet État du Golfe, sur la côte orientale de l'Arabie, est constitué d'un archipel de 33 îles, totalisant 660 km2.

Les deux îles principales sont celles de Bahreïn proprement dite (reliée par un pont depuis 1986 à l'Arabie saoudite), où se trouve la capitale, Manama, et la petite île voisine de Muharraq, qui lui est reliée par une jetée.

1. La population

Concentrée sur Bahreïn et Muharraq, la population est entièrement urbanisée, avec une densité de peuplement très élevée (près de 1 200 habitants par km2). L'héritage de deux siècles de domination persane explique la forte proportion de musulmans chiites (60 %). Toutefois, c'est la minorité sunnite qui dirige le pays. Les travailleurs étrangers, en majorité venus d'Asie, représentent 30 % de la population totale et 60 % des actifs. La population continue de croître, mais la natalité tend à baisser, tout comme la fécondité (2,3 enfants par femme en moyenne). Le régime est plus libéral à l'égard des femmes que la plupart des émirats voisins, et elles constituent près du quart de la population active. Bahreïn connaît l'un des plus faibles taux d'analphabétisme (12 %) de la péninsule arabique, grâce à une politique d'éducation précoce. La grande jeunesse de la population (26 % des habitants sont âgés de moins de 15 ans) inquiète pourtant les autorités, qui peinent à lui trouver une place sur le marché du travail.

2. L'indispensable diversification économique

Les hydrocarbures ont fait la fortune de Bahreïn, mais les réserves de pétrole (exploitées depuis 1932) sont modestes, et le gaz naturel deviendra bientôt la seule ressource du royaume. Bahreïn s'est très tôt lancé dans une politique de diversification économique, en installant notamment sur son littoral oriental une raffinerie de pétrole alimentée par du pétrole brut saoudien, une fonderie d'aluminium, une usine de liquéfaction du gaz naturel et une cale sèche géante. Manama a profité du déclin de Beyrouth dans les années 1970 pour devenir une place financière internationale, dynamique malgré la chute des cours du brut dans les années 1980, le krach boursier de 1987 et la guerre du Golfe en 1991. Le manque d'eau douce est partiellement compensé par les usines de dessalement d'eau de mer. L'agriculture a été négligée, et Bahreïn doit importer la quasi-totalité de sa consommation alimentaire. Le pays est aujourd'hui une place financière.

HISTOIRE

1. Portugais, Ottomans et tutelle britannique

Occupées par les Portugais au xvie s., puis tombées sous la dépendance de la Perse de 1602 à 1783, les îles Bahreïn sont, à partir de cette dernière date, gouvernées par la dynastie des Khalifa. Elles passent ensuite sous tutelle britannique en 1914. Pendant longtemps, l'Iran revendique l'archipel, mais finit par renoncer à ses prétentions en mai 1970.

2. Un régime autoritaire

Ayant refusé, après trois ans d'hésitations, de faire partie de la nouvelle fédération des Émirats arabes unis, Bahreïn devient le 14 août 1971 un État indépendant, à la tête duquel règne la dynastie des Khalifa.

Un traité d'amitié est signé (août 1971) avec la Grande-Bretagne, qui retire ses troupes de cette région, et peu après (décembre) avec les États-Unis, dont la marine obtient des facilités permanentes dans la base navale d'al-Djufayr.

Le régime connaît des difficultés au plan social (troubles de mars 1972, à la suite desquels le droit de grève est suspendu). En juin 1973, une nouvelle Constitution est adoptée et, en décembre, le Parlement est élu pour la première fois au suffrage universel. Le scrutin se traduit par une forte poussée de la gauche. La moitié des députés se réclame soit du Front de libération nationale, de tendance procommuniste, soit de l'organisation révolutionnaire FPLGAO (Front populaire de libération du golfe Arabique occupé). En décembre 1974, un conflit éclate entre l'Assemblée et l'émir Isa ibn Salman. Il s'achève en août 1975 par la dissolution de l'Assemblée nationale et l'arrestation de plusieurs dizaines de personnes appartenant à l'opposition. La Constitution est alors suspendue, l'émir Isa ibn Salman assumant tous les pouvoirs.

3. Un pays aligné sur l'Arabie saoudite

Tout au long du xxe s., Bahreïn tisse des liens étroits avec son grand voisin saoudien, dont le régime est aussi autoritaire que le sien. Comme lui, il condamne en mars 1979 le traité de paix égypto-israélien (→ accords de Camp David). En 1981, il participe à la fondation du Conseil de coopération du Golfe (CCG), et soutient le Koweït face à l'Iraq lors de la guerre du Golfe (1990-1991). Un pont-digue financé par l'Arabie saoudite relie les deux pays dès 1986. La même année, un débarquement de troupes qataries sur l'îlot bahreïni de Facht al-Dibal provoque une crise entre Bahreïn et le Qatar. Les relations des deux émirats s'enveniment à propos d'autres territoires contestés. En 1991, le Qatar décide de porter le différend devant la Cour internationale de justice (CIJ). Celle-ci rend son verdict au terme d'une longue procédure (mars 2001), reconnaissant la souveraineté de Bahreïn sur les îles Hawar et sur les hauts-fonds de Qitaat Jarada, et celle du Qatar sur la zone d'al-Zubara et sur les hauts-fonds de Facht al-Dibal.

4. Une agitation chiite endémique

En 1979, la révolution islamique iranienne déclenche, au sein de la population chiite, majoritaire dans le royaume, une agitation qui persiste pendant toute la décennie 1980-1990.

Les revendications des chiites (→ chiisme), opposés au pouvoir sunnite (→ sunnisme), se confondent avec celles de l'opposition politique, qui réclame la restauration de l'Assemblée nationale. L'émir n'accorde qu'un Conseil consultatif de 40 membres aux pouvoirs restreints (1992). En décembre 1994, de violentes émeutes éclatent après l'arrestation d'un chef religieux chiite, alors que doit s'ouvrir à Manama le XVe sommet du CCG. La répression ne décourage pas les insurgés, et les troubles se poursuivent en 1995, nourris par le mécontentement des nombreux jeunes chômeurs chiites. Quoique soutenu par l'Arabie saoudite et les États-Unis, le gouvernement ne parvient pas à endiguer une contestation qui prend la forme d'actions terroristes à partir de 1996.

Après la mort de Isa ibn Salman, Hamad, son fils aîné, lui succède à la tête de l'émirat en mars 1999.

5. L'instauration d'une monarchie constitutionnelle

Hamad met rapidement en œuvre un programme de réformes, fait libérer plusieurs centaines de prisonniers politiques et autorise le retour des opposants exilés. Un projet de « Charte nationale », qui prévoit la restauration des institutions du pays et, notamment, le rétablissement du Parlement dans un délai de deux ans, est approuvé par 98,4 % des voix en février 2001. Le 14 février 2002, un décret royal amende la Constitution : l'émirat devient une monarchie constitutionnelle avec un Parlement bicaméral ; le droit de vote et d'éligibilité des femmes est garanti. Les premières élections législatives organisées au mois d'octobre sont boycottées par l'opposition chiite pour protester notamment contre la décision de donner autant de pouvoir au Conseil nommé par le roi (Majlis al-Shura) qu'à l'Assemblée élue (Majlis al-Nuwab).

Aux élections législatives de novembre-décembre 2006, le principal mouvement d'opposition chiite, la Société nationale islamique al-Wifaq, remporte 17 sièges sur 40 au Conseil des représentants. Les autres sièges reviennent aux candidats pro-gouvernementaux, membres de deux associations islamiques sunnites, al-Menbar (7 sièges) et Assala (5 sièges) ainsi qu'à des candidats indépendants (11 sièges). Le taux de participation, qui n'avait pas dépassé les 50 % lors du précédent scrutin atteint 72 %. Une femme est élue pour la première fois à l'Assemblée. Le 10 décembre, le roi Hamad forme un gouvernement avec trois vice-Premiers ministres dont, pour la première fois, un chiite.

En octobre 2010, alors qu’une vingtaine d’opposants chiites accusés d’avoir préparé un complot contre la monarchie ont été arrêtés en septembre, le parti al-Wifak remporte 18 sièges au Conseil des représentants, mais les sunnites y conservent de justesse la majorité.

6. Le régime face à un mouvement de contestation populaire et politique

6.1. La « révolte de la Perle »

Suivant le modèle des révolutions tunisienne et égyptienne, l'opposition conteste depuis le 14 février 2011 le poids écrasant de la famille régnante sur le royaume (le prince Khalifa Ben Salman al-Khalifa, à la tête de l'exécutif depuis 1970, est lui-même l'oncle du roi), la fin du système clientéliste à l'avantage des sunnites et l'instauration d'une véritable monarchie constitutionnelle. Le 14 mars, un appel à la grève générale est lancé mais à la demande du gouvernement, un millier de soldats saoudiens de la force commune du Conseil de coopération du Golfe (CCG) sont envoyés dans le royaume. Le 16, après la proclamation de l'état d'urgence pour trois mois, la place de la Perle, épicentre de la contestation à Manama, est évacuée par la force ; trois manifestants et deux policiers sont tués et plusieurs représentants de l'opposition arrêtés. L’Iran, accusé par Bahreïn de soutenir l’opposition chiite, condamne l’intervention.

En septembre, les élections législatives partielles organisées afin de pourvoir au remplacement des 18 députés d’al-Wifaq démissionnaires en signe de protestation contre la répression, sont marquées par une forte abstention à la suite de l’appel au boycott lancé par ce parti.

Les tensions perdurent : alors que le royaume organise les élections suivantes dans les délais prévus en novembre 2014, quelque 3 000 opposants sont toujours détenus et la ségrégation de la population chiite ne s’est pas atténuée. Le pouvoir est accusé de vouloir modifier l'équilibre démographique au détriment de cette dernière par la naturalisation d’une partie de la population immigrée et si le changement de la carte électorale lui est plutôt favorable, l’opposition boycotte de nouveau ce scrutin qualifié de mascarade au risque de s’isoler. Ce refus vaut au chef du parti al-Wifaq, cheikh Ali Salmane, d’être arrêté. Des manifestations s’en suivent en décembre et en janvier 2015. À l’instar des autres États du Golfe, au premier rang desquels son principal allié, l’Arabie saoudite, la famille régnante semble profiter de la lutte contre le terrorisme « djihadiste », incarné désormais par l’« État islamique », pour museler ses opposants plutôt que de favoriser une véritable démocratisation.