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Cet article fait partie du DOSSIER consacré aux genres et registres littéraires.
Catégorie d'œuvres littéraires ou artistiques définie par un ensemble de règles et de caractères communs ; style, ton d'un ouvrage : Le genre oratoire.
Catégorie grammaticale fondée sur la répartition des noms en deux ou trois classes (masculin, féminin, neutre) selon un certain nombre de propriétés formelles (genre grammatical) auxquelles on associe le plus souvent des critères sémantiques relevant de la représentation des objets du monde (genre naturel).

Comme en peinture ou en musique, la notion de genre a permis en littérature de classer les œuvres suivant leur sujet ou leur style : on parle de genre romanesque, épique, épistolaire, dramatique, etc. Bien qu'existant depuis Aristote, cette notion ne peut être clairement définie. Tantôt attachée à la forme, tantôt à l'objet littéraire, elle n'a eu de cesse de passionner les plus grands écrivains et critiques. D'aucuns ont tenté de la théoriser, et de fixer des règles, d'autres de la rejeter (notamment au XXe s.). Ce qui est certain, c'est que malgré les nombreuses querelles littéraires qu'elle continue encore aujourd'hui de soulever, elle reste l'une des façons la plus évidente de classer les œuvres littéraires.
Depuis Aristote et sa Poétique, la rhétorique, (l'art du discours), s'est spécialisée en poétique, ou codification des différents genres de l'écrit, se restreignant à la seule elocutio (ornement, art de dire), au détriment de l'inventio (invention, recherche des arguments) et de la dispositio (disposition, mise en ordre). Une hiérarchie s'est établie, du style noble (ou sublime) au style bas (ou trivial), en passant par le médiocre, correspondant aux trois classes de la société (nobles, bourgeois, paysans).
Pour simplifier, on a pu caractériser les œuvres littéraires à partir des pronoms personnels et des temps verbaux qui y dominent. Au je (présent) correspond le genre lyrique, au tu le théâtre (comique ou tragique, selon la nature des personnages), au il (passé) l'épopée, le récit narratif.
Les théoriciens se sont appliqués à définir les règles précises convenant à chaque genre et à dénommer chacune de ses catégories internes (c'est, essentiellement, l'objet des « arts poétiques »). De sorte que s'est établi un pacte, un contrat de lecture, entre l'auteur, inscrivant son texte dans un ensemble donné, et le lecteur, qui sait précisément à quel type d'émotions s'attendre, à quels principes esthétiques on fait appel sous une étiquette donnée. Le genre fonctionne alors comme une référence, un ensemble de conventions commodes qui permet une lecture en fonction de règles supposées connues du lecteur, et que l'auteur s'épargnera donc la peine de rappeler. Mais toute codification rigoureuse finit par déplaire au créateur véritable, qui cherche à s'en débarrasser ou à se situer ailleurs ; de même, le lecteur se lasse des formes conventionnelles.
En effet, les débats sur les genres littéraires n'ont pas manqué et ce depuis l'Antiquité. Quintilien (Institution oratoire), Nicolas Boileau (Art poétique) ou Ferdinand Brunetière (l'Évolution des genres dans l'histoire de la littérature) ont tenté de les définir, tandis que Benedetto Croce, Maurice Blanchot ou Roland Barthes ont tenté de les rendre obsolètes. Ainsi Maurice Blanchot en est-il arrivé à rejeter la notion même de genre, et à déclarer: « Un livre n'appartient plus à un genre, tout livre relève de la seule littérature. »

Les substantifs d'un certain nombre de langues sont répartis en deux ou trois classes grammaticales spécifiques correspondant à la notion de genre : le masculin et le féminin (pour le français, l'hébreu, l'hindi, etc.), le masculin, le féminin et le neutre (pour le grec, le latin, l'allemand, le russe, etc.). En français, dans Le maître est arrivé, il est gentil vs La maîtresse est arrivée, elle est gentille, le genre s'exprime par les suffixes (-/-esse), par l'accord (le/la, gentil/gentille, arrivé/arrivée) et par la référence pronominale (il/elle). À cette catégorisation formelle (genre grammatical) vient se superposer, dans certains cas, une catégorisation sémantique (genre naturel) qui oppose les personnes et les objets (animés et non-animés) et, à l'intérieur de la classe des animés, les individus mâles et les individus femelles.