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raison

(latin ratio, -onis, compte)

Platon
Platon

Faculté propre à l'homme, par laquelle il peut connaître, juger et se conduire selon des principes.

PHILOSOPHIE

La philosophie ancienne

Chez les Grecs, le terme logos signifie à la fois le fait de savoir compter et la faculté de connaître ; d'où l'idée d'un calcul logique organisateur et ordonnateur de la diversité du monde et visant à comprendre ce qui est. Ainsi, le discours philosophique sur la raison est inséparable, à l'origine, du discours sur l'être. Chez les présocratiques, cette démarche vise à établir, grâce à la raison, ce qui est le même pour tous, ce qui est le fondement de la pensée et de l'être. D'où la recherche d'un principe unique et fondateur de tous les phénomènes extérieurs, afin d'exprimer, dans un discours cohérent, la cohérence du monde.

Chez Platon, la raison est une pensée juste qui s'oppose à la connaissance fragmentaire et surtout à la connaissance immédiate donnée par les sens. La connaissance rationnelle nous fait dépasser le stade des apparences et atteindre les Idées. Au sein de la raison, nous trouvons deux types de connaissance : la raison intuitive, qui perçoit immédiatement les essences, et la raison discursive, « discours intérieur que l'âme tient en silence avec elle-même » (Sophiste), qui s'apparente à la démonstration mathématique.

La philosophie médiévale

Pour la pensée médiévale, le concept de raison (latin ratio) est fonction de la foi. Ou bien la raison est subordonnée à la foi, ou bien, si elle jouit d'une autonomie comme faculté naturelle de l'homme, la raison ne peut être que discursive ; ainsi pour saint Thomas, qui déclare : « Raisonner, c'est aller d'un objet d'intelligence à un autre, en vue de saisir la vérité intelligible. »

Le cartésianisme

Avec Descartes s'affirme une pensée rationnelle émancipée de la foi, pour établir une pensée scientifique : « La puissance de bien juger et distinguer le vrai d'avec le faux, qui est proprement ce qu'on nomme le bon sens ou la raison, est naturellement égale en tous les hommes » (Discours de la méthode).

Chez Malebranche, le respect de la raison est nécessaire comme critère de la vérité et de la connaissance. Cependant, pour lui, comme pour Leibniz, rien ne peut ébranler la puissance de la raison autonome, indépendamment de la foi.

La philosophie moderne

Avec Kant, la raison (Vernunft) est le siège des plus hautes connaissances. Le pouvoir de la raison contient la règle de moralité qui vise à « donner aux lois de la raison pure pratique un accès dans l'âme humaine et de l'influence sur ses maximes, c'est-à-dire de rendre aussi subjectivement pratique la raison objectivement pratique » (Critique de la raison pratique).

Pour Rousseau, la raison doit être le guide et le critère de la législation sociale. Chez Hegel, la raison désigne la forme supérieure du connaître, celle qui comprend dans leur unité les différences que fixe l'entendement. Pour Husserl, l'émergence des sciences, si elle fait apparaître une raison morcelée, ne renonce cependant pas à l'« unité d'un système théorétique » et à une « méthodologie rationnelle ».