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Theodore Roosevelt

parti républicain

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parti républicain

Un des deux grands partis qui dominent la vie politique aux États-Unis.

Protectionnisme, isolationnisme, ultralibéralisme

Né de l'opposition à l'accord esclavagiste du Kansas-Nebraska Act (1854), le parti républicain est fondé à Pittsburgh en 1856. Son programme anti-esclavagiste et protectionniste rallie les États industriels du Nord-Est, qui, en 1860, portent à la présidence Abraham Lincoln. Après la guerre de Sécession, qui voit croître leur influence auprès des fermiers de l'Ouest, les républicains dominent la vie politique. Ils se divisent entre partisans d'une politique de répression à l'égard du Sud, et modérés, qui se rassemblent dans le parti libéral républicain (1872-1876). Avec l'adoption du monométallisme (1890) et du protectionnisme (tarif McKinley, 1890), ils se coupent de l'électorat de l'Ouest. Sous Theodore Roosevelt (1901-1909), le parti s'engage dans une politique plus libre-échangiste et moins favorable aux grandes entreprises (mise en application du Sherman Anti-Trust Act). Mais il connaît de nouveau des divisions : en 1912, Theodore Roosevelt se présente aux élections au nom du parti progressiste, contre le républicain conservateur William Howard Taft, ce qui permet au démocrate Woodrow Wilson de l'emporter. De nouveau au pouvoir de 1921 à 1933, le parti se fait le champion des valeurs morales les plus traditionnelles et de l'isolationnisme ; pratiquant un ultralibéralisme économique, il ne propose aucun programme de lutte contre la crise.

   

Battus en 1933, les républicains ne reviennent au pouvoir au Congrès que pour quelques années (de 1946 à 1948, et de 1952 à 1954) et à la Maison-Blanche qu'avec Dwight Eisenhower (1953-1961), dont la présidence est marquée par la guerre froide. Battu par John F. Kennedy en 1960, Richard Nixon est élu en 1968 et met fin à la guerre du Viêt Nam, mais les scandales qui marquent son administration (Watergate, 1972-1974) discréditent le parti. Celui-ci reprend durablement le contrôle de l'exécutif avec les présidents Ronald Reagan (1981-1989) et George Herbert Walker Bush (1989-1993). En 1994, aux élections de mi-mandat, les républicains retrouvent la majorité au Sénat ainsi qu'à la Chambre des représentants, ce qui ne s'était pas produit depuis 40 ans.

Depuis les années 2000

Ils reviennent au pouvoir (ne bénéficiant que d'une courte majorité à la Chambre des représentants) en novembre 2000 avec l'élection à la présidence de George Walker Bush, fils de George H. W. Bush et sortent renforcés des élections de midterm (novembre 2002), à l'issue desquelles ils reprennent le contrôle du Sénat et acquièrent la majorité absolue à la Chambre des représentants. L'action du président à la suite des attentats terroristes de septembre 2001 suscite un mouvement de patriotisme et d'unité nationale dont le Grand Old Party profite pour effacer la victoire mitigée remportée deux ans plus tôt.

   

Les élections de 2004 consacrent cette prééminence politique des républicains : ils consolident leur position tant au Congrès (232 représentants, 55 sénateurs) qu'au niveau local (28 gouverneurs et 25 législatures d'État), et leur candidat, George W. Bush, est réélu à la Maison-Blanche. Les conditions apparaissent donc propices à la pleine mise en œuvre de la « révolution conservatrice » que les idéologues du parti appellent de leurs vœux. Mais les scandales qui éclaboussent ses leaders au Congrès, les révélations qui ébranlent l'exécutif (affaire Wilson-Plame, écoutes téléphoniques), l'impression générale d'enlisement en Iraq, l'incurie du gouvernement et du président face aux ravages du cyclone Katrina en Louisiane obèrent la réalisation de ce programme politique. La formation se divise entre partisans de l'aile dure chrétienne et partisans modérés cependant que certains de ses ténors se placent déjà en pré-campagne pour 2008. Le camouflet reçu par les candidats du parti lors des élections locales de novembre 2005 obscurcit la fin du dernier mandat de G. W. Bush, d'autant que les républicains sont affectés par de nouvelles affaires – de corruption et de mœurs – et que la situation en Iraq, dont ils sont tenus responsables, s'aggrave. La « raclée » des midterms, un an plus tard, dépossède le Grand Old Party de sa majorité dans les deux chambres du Congrès.

   Dès lors, nombreuses sont les personnalités en son sein à vouloir redresser la barre et briguer la succession d'un président déconsidéré, à commencer par son ancien rival des primaires de 2000, le sénateur de l'Arizona John McCain. Sa stature de héros militaire et son profil de non-conformiste tiré de son bilan législatif lui permettent de se démarquer de l'administration sortante et de venir facilement à bout de ses concurrents lors des primaires républicaines du début 2008. Investi candidat officiel du parti à la fin de l'été, il fait sensation et donne des gages aux plus conservateurs en choisissant comme colistière Sarah Palin, la jeune gouverneure de l'Alaska, mais, ce faisant, brouille son image de modéré et suscite des doutes quant à ses qualités de chef. En outre, son appréciation fluctuante de l'état financier et économique manifestement désastreux du pays achève de ternir sa réputation d'expérience. Sa défaite (46 % des suffrages) dans la course à la Maison-Blanche face à son adversaire démocrate Barack Obama se double d'une nouvelle déroute pour sa formation au Congrès : celle-ci devient nettement minoritaire dans les deux chambres, avec une perte sèche finalement de 23 représentants et de 7 sénateurs. Lors du scrutin du 4 novembre, les Américains semblent avoir voulu mettre fin à près de 30 années de domination idéologique et politique du Grand Old Party.

   C'est dans ce contexte de crise que le 30 janvier 2009 les républicains portent à la tête de leur comité national l'ancien gouverneur adjoint du Maryland, Michael Steele. Cet Afro-Américain centriste, qualifié d'« Obama républicain », a pour mission de redonner du crédit à une formation de plus en plus assimilée à sa frange idéologique dure et associée à un électorat blanc, ouvrier, et rural en perte de vitesse dans un pays toujours davantage multiethnique : au reste, la défection du sénateur modéré de Pennsylvanie, Arlen Specter, à la fin d'avril, témoigne a contrario de cette tendance à la radicalisation du Grand Old Party. Elle permet aussi aux démocrates d'obtenir la 60e voix de majorité nécessaire pour contrer toute procédure d'obstruction parlementaire dans la haute assemblée, et par là d'envisager de pouvoir faire passer plus facilement au Congrès leurs projets de réforme. Pour l'heure, le parti républicain n'en est que davantage réduit à un rôle d'opposition mineure.

   Mais très vite celui-ci retrouve un élan en adoptant une stratégie d'opposition systématique au Congrès et en s'employant à faire échouer certains des projets de loi qu'elle soumet au Congrès (comme sur l'environnement à l'été 2010). Capitalisant sur l'hostilité publique croissante à l'idée d'un plan-santé universel – elle-même largement alimentée par les discours des lobbies médicaux –, les républicains obtiennent l'édulcoration de la réforme phare du candidat Obama (mars 2010). Dopés par des élections favorables (novembre 2009 et surtout janvier 2010, avec le succès inattendu et très significatif du jeune Scott Brown au poste de sénateur du Massachussetts laissé vacant par la mort du vieux lion progressiste Ted Kennedy), ils profitent de la fronde fiscale et anti-gouvernementale que les mouvements des Tea Party attisent, et tendent à se choisir comme candidats lors des primaires pour les midterms de 2010 des partisans de l'aile la plus conservatrice, non sans susciter des crises voire des scissions au sein des appareils locaux. Bien que M. Steele ait été victime de ce choix de la radicalisation et ait dû démissionner en juillet après avoir parlé de la guerre d'Obama en faisant référence à l'Afghanistan, la tactique s'avère, du moins dans un premier temps, payante : les républicains retrouvent en effet en novembre le contrôle de la Chambre avec un gain historique de 60 sièges (242 contre 193), dont de nombreux occupés par des radicaux, plus ou moins liés à la mouvance du Tea Party, et réduisent l'avance des démocrates au Sénat (53 ontre 47). En outre, ils s'emparent des exécutifs de 7 États, dont l'Ohio, le Michigan et la Pennsylvanie, et de près d'une vingtaine de législatures locales. Ils prennent rapidement acte de la main tendue par B. Obama et acceptent les concessions qu'il leur propose : prolongation des allocations chômage sur 13 mois contre report de deux ans de la réforme de l'imposition des hauts revenus que le président projetait de mener. À la Chambre, à partir de janvier, emmenés par le nouveau speaker John Boehnner, ils s'emploient à remettre en cause la politique en matière de santé et d'environnement de l'Administration, mais se heurtent au barrage démocrate du Sénat et à toutes sortes de contournements utilisés par l'exécutif. Ils doivent aussi composer avec l'intransigeance du président, s'agissant des coupes budgétaires drastiques qu'ils proposent (100 milliards de dollars) pour 2011, ramenées in fine en avril à un compromis situé à 38,5 milliards, sans que le planning familial ne soit remis en cause, au grand dam des partisans du Tea Party et des opposants farouches à l'avortement.

   Pour en savoir plus, voir l'article parti démocrate.

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