En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

parti républicain

Theodore Roosevelt
Theodore Roosevelt

Un des deux grands partis qui dominent la vie politique aux États-Unis.

1. Des origines à 1933

Né de l'opposition à l'accord esclavagiste du Kansas-Nebraska Act (1854), le parti républicain (communément surnommé le Grand Old Party) est fondé à Pittsburgh en 1856. Son programme anti-esclavagiste et protectionniste rallie les États industriels du Nord-Est, qui, en 1860, portent à la présidence Abraham Lincoln.

Après la guerre de Sécession, qui voit croître leur influence auprès des fermiers de l'Ouest, les républicains dominent la vie politique. Ils se divisent entre partisans d'une politique de répression à l'égard du Sud (→ Ulysses Simpson Grant, 1869-1877), et modérés, qui se rassemblent dans le parti libéral républicain (1872-1876). Avec l'adoption du monométallisme (1890) et du protectionnisme (→ tarif McKinley, 1890), ils se coupent de l'électorat de l'Ouest.

Sous Theodore Roosevelt (1901-1909), le parti s'engage dans une politique plus libre-échangiste et moins favorable aux grandes entreprises (mise en application du Sherman Anti-Trust Act). Mais il connaît de nouveau des divisions : en 1912, T. Roosevelt se présente aux élections au nom du parti progressiste, contre le républicain conservateur William Howard Taft, ce qui permet au démocrate Woodrow Wilson de l'emporter. De nouveau au pouvoir de 1921 à 1933 avec Harding, Coolidge et Hoover, le parti se fait le champion des valeurs morales les plus traditionnelles et de l'isolationnisme ; pratiquant un ultralibéralisme économique, il ne propose aucun programme de lutte contre la Grande Dépression.

2. De l'après-guerre à 1993

Battus en 1933, les républicains ne reviennent au pouvoir au Congrès que pour quelques années (de 1946 à 1948, et de 1952 à 1954) et à la Maison-Blanche qu'avec Dwight Eisenhower (1953-1961), dont les deux présidences sont marquées par la guerre froide.

Battu par John F. Kennedy en 1960, Richard Nixon est élu en 1968 et met fin à la guerre du Viêt Nam, mais les scandales qui marquent son administration (→ Watergate, 1972-1974) discréditent le parti.

Celui-ci reprend durablement le contrôle de l'exécutif avec les présidents Ronald Reagan (1981-1989) et George Herbert Walker Bush (1989-1993). En 1994, aux élections de mi-mandat, les républicains retrouvent la majorité au Sénat ainsi qu'à la Chambre des représentants, ce qui ne s'était pas produit depuis 40 ans.

3. Depuis les années 2000

3.1. 2000-2005 : de la domination conjoncturelle à une prééminence incontestable

Ils reviennent au pouvoir (ne bénéficiant que d'une courte majorité à la Chambre des représentants) en novembre 2000 avec l'élection à la présidence de George Walker Bush (fils de George H. W. Bush) et sortent renforcés des élections de midterm (novembre 2002), à l'issue desquelles ils reprennent le contrôle du Sénat et acquièrent la majorité absolue à la Chambre des représentants. L’action du président à la suite des attentats terroristes de septembre 2001 suscite un mouvement de patriotisme et d’unité nationale dont le Grand Old Party profite pour effacer la victoire mitigée remportée deux ans plus tôt.

Les élections de 2004 consacrent cette prééminence politique des républicains : ils consolident leur position tant au Congrès (232 représentants, 55 sénateurs) qu'au niveau local (28 gouverneurs et 25 législatures d'État), et leur candidat, George W. Bush, est réélu à la Maison-Blanche. Les conditions apparaissent donc propices à la pleine mise en œuvre de la « révolution conservatrice » que les idéologues du parti appellent de leurs vœux. Mais les scandales qui éclaboussent ses leaders au Congrès, les révélations qui ébranlent l'exécutif (affaire Wilson-Plame, écoutes téléphoniques), l'impression générale d'enlisement en Iraq, l'incurie du gouvernement et du président face aux ravages du cyclone Katrina en Louisiane obèrent la réalisation de ce programme politique.

3.2. 2006-2010 : le temps des remises en cause

La formation se divise entre partisans de l'aile dure chrétienne et partisans modérés cependant que certains de ses ténors se placent déjà en pré-campagne pour 2008. Le camouflet reçu par les candidats du parti lors des élections locales de novembre 2005 obscurcit la fin du dernier mandat de G. W. Bush, d'autant que les républicains sont affectés par de nouvelles affaires – de corruption et de mœurs – et que la situation en Iraq, dont ils sont tenus responsables, s'aggrave. La « raclée » des midterms, un an plus tard, dépossède le Grand Old Party de sa majorité dans les deux chambres du Congrès.

Dès lors, nombreuses sont les personnalités en son sein à vouloir redresser la barre et briguer la succession d'un président déconsidéré, à commencer par son ancien rival des primaires de 2000, le sénateur de l'Arizona John McCain. Sa stature de héros militaire et son profil de non-conformiste tiré de son bilan législatif lui permettent de se démarquer de l'administration sortante et de venir facilement à bout de ses concurrents lors des primaires républicaines du début 2008. Investi candidat officiel du parti à la fin de l'été, il fait sensation et donne des gages aux plus conservateurs en choisissant comme colistière Sarah Palin, la jeune gouverneure de l'Alaska. Mais, ce faisant, J. McCain brouille son image de modéré et suscite des doutes quant à ses qualités de chef. En outre, son appréciation fluctuante de l'état financier et économique manifestement désastreux du pays achève de ternir sa réputation d'expérience. Sa défaite (46 % des suffrages) dans la course à la Maison-Blanche face à son adversaire démocrate Barack Obama se double d'une nouvelle déroute pour sa formation au Congrès : celle-ci se retrouve en nette minorité dans les deux chambres, avec une perte sèche de 23 représentants et de 7 sénateurs. Lors du scrutin du 4 novembre, sidérés par la perspective de la récession, les Américains semblent avoir voulu solder une époque et mettre fin à près de 30 années de domination idéologique et politique du Grand Old Party.

C'est dans ce contexte de crise que le 30 janvier 2009 les républicains portent à la tête de leur comité national l'ancien gouverneur adjoint du Maryland, Michael Steele. Cet Afro-Américain centriste, qualifié d'« Obama républicain », a pour mission de redonner du crédit à une formation de plus en plus assimilée à sa frange idéologique dure et associée à un électorat blanc, ouvrier, et rural en perte de vitesse dans un pays toujours davantage multiethnique. La défection du sénateur modéré de Pennsylvanie, Arlen Specter, à la fin avril, témoigne a contrario de cette tendance à la radicalisation du Grand Old Party. Elle permet aussi aux démocrates d'obtenir la 60e voix de majorité nécessaire pour contrer toute procédure d'obstruction parlementaire dans la haute assemblée, et par là d'envisager de pouvoir faire passer plus facilement au Congrès leurs projets de réforme. Pour l'heure, le parti républicain n'en est que davantage réduit à un rôle d'opposition mineure.

3.3. 2010-2016 : stratégies d’opposition

Mais très vite celui-ci retrouve un élan en adoptant une stratégie d’opposition systématique au Congrès et en s’employant à faire échouer certains des projets de loi que la majorité démocrate soumet au Congrès (comme sur l’environnement à l’été 2010). Capitalisant sur l’hostilité publique croissante à l’idée d’un plan-santé universel – elle-même largement alimentée par les discours des lobbies médicaux –, les républicains obtiennent l’édulcoration de la réforme phare du candidat Obama (mars 2010).

Dopés par des élections favorables (novembre 2009 et surtout janvier 2010, avec le succès inattendu et très significatif du jeune Scott Brown au poste de sénateur du Massachusetts laissé vacant par la mort du vieux lion progressiste Ted Kennedy), ils profitent de la fronde fiscale et anti-gouvernementale que les groupes des Tea Party attisent, et tendent à se choisir comme candidats lors des primaires pour les midterms de 2010 des partisans de l’aile la plus conservatrice. Bien que M. Steele ait été victime de ce choix de la radicalisation et ait dû démissionner en juillet après avoir parlé de la guerre d’Obama en faisant référence à l’Afghanistan, la tactique s’avère, du moins dans un premier temps, payante : les républicains retrouvent en effet en novembre le contrôle de la Chambre avec un gain historique de 60 sièges (242 contre 193), dont de nombreux occupés par des radicaux, plus ou moins liés à la mouvance du Tea Party, et ils réduisent l’avance des démocrates au Sénat (53 contre 47).

En outre, ils s’emparent des exécutifs de 7 États, dont les pivots et enjeux que sont l’Ohio, le Michigan et la Pennsylvanie, ainsi que d'environ une vingtaine de législatures locales. Toutefois, ils prennent acte de la main tendue par B. Obama et acceptent les concessions qu’il leur propose : prolongation des allocations chômage sur treize mois contre report de deux ans de la réforme de l’imposition des hauts revenus que le président projetait de mener. À la Chambre, ils s’emploient à partir de janvier à remettre en cause la politique en matière de santé et d’environnement de l’Administration, mais se heurtent au barrage démocrate du Sénat et à toutes sortes de contournements utilisés par l’exécutif. Ils doivent aussi composer avec l’intransigeance du président, s’agissant des coupes budgétaires drastiques qu’ils avancent (100 milliards de dollars) pour 2011, ramenées in fine en avril à un compromis situé à 38,5 milliards, sans que le planning familial soit remis en cause, au grand dam des partisans du Tea Party et des opposants farouches à l’avortement.

À nouveau pendant l’été, à propos du plafond de la dette, ils sont amenés à transiger avec le chef de l’exécutif età reporter à la fin 2012 leur exigence de réforme, en particulier leur demande de réduction des dépenses fédérales. Ils laissent ainsi aux futurs électeurs de la présidentielle le soin de trancher entre leurs propositions fiscales (maintien des baisses d’impôts, pour toutes les tranches) et le programme plus modéré du chef de l'État.

La course aux primaires s’engage, mettant aux prises quatre principaux candidats : Mitt Romney, ancien gouverneur du très progressiste Massachusetts, Rick Santorum, représentant ultra-catholique de Pennsylvanie, l’ancien speaker Newt Gingrich et le libéral-libertarien Ron Paul. La compétition est rude : M. Romney, dont le nouveau positionnement droitier ne convainc guère la frange la plus militante du parti, ne parvient à défaire ses concurrents qu’au mois de mai, à l’issue d’une bataille acharnée. S’il réussit finalement à rassembler son camp derrière le ticket qu’il forme avec le très conservateur Paul Ryan, il doit s’incliner face au président sortant : avec 47 % des voix et 206 Grands Électeurs, il ne crée pas la surprise que son premier duel télévisé d’octobre avec B. Obama et le bilan mitigé de ce dernier avaient pourtant pu faire envisager.

L’orientation très radicale du programme républicain et les maladresses de certains membres du parti ont inquiété les électeurs, qui reconduisent assez facilement celui-ci, et favorisent les démocrates au Congrès, renforçant d’un siège leur majorité au Sénat et d’une dizaine leur représentation à la Chambre – sans pour autant leur en redonner le contrôle. Bien que conscients de la nécessité d’un recentrage pour mieux épouser les évolutions de la société ainsi que les demandes des minorités en plein essor, les caciques du parti sont incités par leur base à fournir des gages à leur aile la plus radicale et de fait à adopter à nouveau une politique d’intransigeance et d’obstruction pourtant en apparence rejetée par les urnes.

Après avoir concédé à B. Obama à la fin décembre une hausse marginale de l’imposition des plus riches contre la perspective d’une redéfinition des réformes fiscales et des coupes budgétaires à mener à l’avenir, ils campent sur leur position qui consiste à pérenniser le plan d’allègement décennal des impôts voté en 2001 et à réduire le déficit en tranchant dans les dépenses fédérales. Ils prennent dès lors le risque de se heurter à l’opposition de la Maison-Blanche et de déclencher à partir de mars 2013 des mesures de taille automatique dans les programmes fédéraux, affectant indistinctivement services publics, défense et… croissance.

À la manœuvre pour enliser les projets présidentiels (contrôle des armes à feu, législation environnementale et régularisation des sans-papiers), ils croisent à nouveau le fer avec l’exécutif à la faveur du vote du budget et du relèvement du plafond de la dette en octobre. Emmenés par des élus étiquetés Tea Party désireux de faire plier le chef de l’État et surtout de priver son projet phare, l’assurance-santé, des fonds nécessaires à sa mise en place, ils répudient toute idée de compromis avec B. Obama et la majorité démocrate au Sénat, brandissent la menace d’un blocage des institutions et font fermer, partiellement, les administrations (government shutdown). Mais après une quinzaine de jours de gel des positions, la pression de l’opinion publique les oblige à mettre un terme à cette stratégie jusqu’au-boutiste et à trouver un terrain d’entente avec leurs adversaires, à savoir un prolongement du financement du gouvernement – d’abord temporaire, puis pérennisé au début 2014.

L’esprit de conciliation est toutefois loin de prévaloir dans les rangs du parti de l’éléphant : d’une part, si ses caciques s’emploient à décourager les candidatures des radicaux jusqu’au-boutistes, l’influence des croisés du Tea Party reste forte à la fois dans l’appareil comme dans l’électorat. Et d’autre part, les ratés de la mise en place de l’assurance-santé, ajoutés aux déceptions et frustrations suscitées par le retour d’une croissance perçue dans l’opinion comme inégalitaire, remettent en selle les républicains et leur permettent de remporter les élections de mi-mandat et de reprendre à cette occasion le contrôle du Sénat. Et pourtant, malgré la domination complète du Congrès et une majorité élargie à la Chambre (la plus grande qu’ils aient connue depuis 1928), ainsi que le contrôle de 31 gouvernements d’État, ils sont impuissants à contrer les initiatives du président qui, tour à tour, négocie un ultime prolongement du financement de la puissance fédérale, s’engage à traiter la question des travailleurs sans papiers par décrets, rouvre les relations diplomatiques avec Cuba, gèle le projet de construction de l’oléoduc intérieur Keystone, œuvre à la conclusion d’un accord international sur le nucléaire iranien et autorise à l’été 2015 l’Agence de protection de l’environnement à réglementer plus sévèrement les émissions en gaz à effet de serre du pays. Ils ont beau multiplier pressions et procédures d’obstruction (invitation faite en mars à B. Netanyahou à prononcer un discours anti-Téhéran au Capitole sans concertation avec la Maison-Blanche, annonce préalable d’un blocage de la procédure de ratification du traité au Sénat, assèchement temporaire des fonds alloués au Département de la sécurité intérieure en guise de protestation contre la politique migratoire en cours, etc.), leurs entreprises institutionnelles échouent.

Elles aboutissent paradoxalement au renversement de leur tête à la Chambre : à la fin septembre 2015, jugé trop modéré par les affidés Tea Party de sa majorité, J. Boehner choisit de démissionner de son poste stratégique de Speaker et de retourner à la vie civile. Après quelques nouveaux remous internes qui écartent le numéro 2, pressenti pour lui succéder mais perçu par les ultras comme insuffisamment pugnace, c’est à l’idéologue P. Ryan qu’il revient de prendre les rênes de l’assemblée. De leur côté, les sénateurs républicains poussent l’intransigeance à un stade supérieur lorsque, en février 2016, ils rejettent toute audition du candidat choisi par B. Obama pour succéder, à la Cour suprême, au très droitier juge A. Scalia, récemment décédé, et laissent ainsi son poste vacant et la haute juridiction parfaitement divisée entre conservateurs et progressistes. Contre l’usage institutionnel, ils dénient au Président sur le départ le droit d’influer durablement sur la sensibilité politique de ce pilier de l’État fédéral et confient aux électeurs de novembre le soin de trancher la question, tablant sur une improbable reconquête de l’exécutif ou, à défaut, se réservant un moyen supplémentaire de peser dans les arbitrages à mener avec son successeur…

3.4. L'improbable reconquête

C’est donc un parti « en fusion » qui se présente aux suffrages de sa base lors des primaires. L’état d’insurrection interne de la frange la plus militante et extrémiste de son électorat explique la multiplication des candidatures (jusqu’à 17 concomitantes), le retrait rapide et forcé de figures de l’establishment, à l’instar des gouverneurs et anciens gouverneurs Scott Walker, Bobby Jindal, Rick Perry, George Pataki, ou du sénateur Lindsey Graham, l’entrée dans la course des jeunes radicaux Ted Cruz et Marco Rubio, et surtout l’essor des outsiders populistes comme le magnat de l’immobilier new-yorkais et star de la télé-réalité Donald Trump, le neurochirurgien ultra-conservateur Ben Carson et l’ex-patronne de Hewlett-Packard Carly Fiorina – qui tirent les orientations de la formation un peu plus encore sur la droite et sont d’autant plus appréciés qu’ils n’ont pas d’expérience politique ! Ils sont finalement 12 à concourir au tout début février 2016 lors du caucus de l’Iowa, qui ouvre la compétition. Arrivé en tête avec à peine 28 % des voix, T. Cruz est talonné par D. Trump, qui le coiffe ensuite nettement dans le New Hampshire, puis dans la plupart des autres États, de sorte qu’après 5 semaines, ils ne sont plus que 3 à se disputer les suffrages des militants et sympathisants : donné au départ favori, John Ellis (Jeb) Bush est vite contraint de quitter la course, tout comme M. Rubio, lâché par sa Floride d’élection. Au grand dam des caciques du parti, que l’imprévisibilité, le programme insaisissable et iconoclaste ainsi que les propos tout aussi ébouriffants du trublion new-yorkais affolent, seuls le gouverneur de l’Ohio John Kasich et le sénateur Tea Party T. Cruz restent en lice, mais sans la moindre chance de pouvoir inverser la tendance et faire barrage à ce qui s’apparente de plus en plus à une vague populiste. De fait, au début de mai, ces derniers s’effacent à leur tour et laissent le champ libre au candidat qui s’est incontestablement imposé auprès de la base mais dont l’appareil ne veut manifestement pas.

À rebours des traditions, c’est donc avec beaucoup de réticence et dans un climat houleux qu’à l’été, la convention nationale républicaine de Cleveland intronise D. Trump et le colistier qu’il s’est habilement choisi, le très religieux gouverneur de l’Indiana Michael Pence – un homme posé, qui a longtemps siégé à la Chambre des représentants, ce qui est de nature à rassurer. Mais des responsables ou des grands noms du parti comme les présidents Bush, père et fils, boudent la célébration. D’autres, comme T. Cruz, se gardent d’afficher le moindre soutien dans leur allocution. Au reste, les dérapages se poursuivent de plus belle, au point que, de peur de perdre leurs circonscriptions, de nombreux candidats républicains finissent par prendre publiquement leurs distances avec leur chef de file, voire se désolidarisent de lui. Pourtant, malgré l’échec des confrontations télévisées avec sa rivale démocrate H. Clinton, l’opposition de la presse écrite dans sa quasi-unanimité, et de nouvelles révélations sur sa vie privée qui défraient la chronique, D. Trump tient bon, enchaîne les meetings et multiplie les contacts avec ses fervents supporters via les réseaux sociaux. Il joue de la détestation de son adversaire dans une partie de la population, ainsi que d’une vive demande de renouveau de la part d’Américains inquiets des effets de la mondialisation, préoccupés par la menace terroriste, et horripilés par les inégalités. Aussi emporte-t-il contre tout pronostic, avec certes quelque 3 millions de voix de moins que sa rivale, mais une nette majorité dans le collège électoral, le scrutin du 8 novembre, permettant au Grand Old Party de conserver son contrôle des 2 assemblées du Congrès (241 représentants et 52 sénateurs), de renforcer son emprise sur le pays (33 postes de gouverneurs et presque autant de chambres locales), et d’avoir désormais les moyens de défaire l’héritage Obama…

Pour en savoir plus, voir les articles États-Unis : histoire, États-Unis : vie politique depuis 1945, parti démocrate.