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quaker

(anglais quaker, trembleur)

Membre d'un groupement religieux de tradition protestante, dit « Société des Amis ».

1. Origines

Le terme quaker est un sobriquet donné aux membres du groupement religieux qui se désigne comme la « Société des Amis », à cause du mot de son fondateur, George Fox, qui exhorta le juge Bennet à « honorer Dieu et à trembler (en angl. to quake) devant sa Parole ». Cité dès 1654, ce sobriquet est employé couramment depuis la fin du xviie siècle. Fox commença à prêcher sa doctrine en 1647. Le législateur de la Société des Amis fut William Penn et son unique théologien, Robert Barclay.

2. Croyances et pratiques

Ce mouvement, né d'une révolte contre les abus du ritualisme, du dogmatisme et du conformisme de l'Église anglicane (→  anglicanisme), professe les points suivants : autorité suprême de la lumière intérieure du Saint-Esprit, négation de tous les sacrements, abolition du ministère ordonné, au profit du sacerdoce universel étendu aux femmes.

Adversaires de la théorie de la corruption incurable de l'homme par le péché originel, les quakers contestèrent les idées de Calvin sur la prédestination absolue, la grâce irrésistible, la justification par la foi seule. Une pureté morale remarquable, une pratique rigoureuse de la solidarité, une entière distance à l'égard du pouvoir politique et un pacifisme absolu firent d'eux des citoyens incommodes. Aussi connurent-ils la persécution tant en Angleterre qu'en Amérique, où, dès 1681, dans le New Jersey, ils s'étaient établis. Cependant, cette hostilité cessa rapidement : l'Acte de tolérance de1689, confirmé par un bill de 1695, donnera au quakerisme l'égalité civile et religieuse.

3. Évolution du quakerisme

Un des grands chapitres de l'histoire du quakerisme est lié au nom de William Penn. Ayant obtenu de la Couronne la concession d'un vaste territoire dans le Nord-Ouest américain (l'actuelle Pennsylvanie), il entreprit d'installer une démocratie religieuse, qui dura ce que durent les utopies. À l'âge héroïque des pionniers va succéder une période de déclin. La doctrine de l'inspiration imprévisible est elle-même codifiée, et la liberté de recherche dans la foi est remplacée par un conformisme sourcilleux : un certain style d'habillement, la récitation de maîtres mots sont exigés ; les contrevenants s'exposent à être exclus de la Société.

Mais, en même temps, se développent les œuvres philanthropiques, qui font que ce petit groupe de quelque 250 000 chrétiens connaît un rayonnement exceptionnel. Les quakers prennent au xixe siècle une grande part à la lutte contre l'esclavage. À la fin de la Première Guerre mondiale, dans les territoires dévastés, ils apportent le secours de leur présence et de leurs considérables moyens matériels. En 1945, ils s'installent dans les ruines de Berlin. Dès 1956, ils manifestent au peuple vietnamien une solidarité active. Ils ont le sens aigu de l'urgence créée par toutes les détresses.

Sur le plan social, ils ont été de tout temps à l'avant-garde du progrès, notamment dans le domaine pédagogique. Mais ils se sont aussi distingués par leur grande capacité d'enrichissement spirituel, en raison même de leur éthique ascétique et de leur immense activité. Ils sont ainsi des représentants authentiques du puritanisme, dont ils forment, à plus d'un titre, la branche la plus vivante. En 1947, les comités anglais et américain du « Secours quaker international » ont reçu le prix Nobel de la paix pour leur action en faveur de la paix et de la réconciliation des peuples.