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consumérisme

(anglais consumerism)

Mouvement visant à organiser l'information et la défense des consommateurs face aux entreprises de production et de distribution.

L'émergence d'un contre-pouvoir

L’analyse économique néoclassique de la fin du xixe s. véhicule l’idée d’un consommateur rationnel à la recherche d’un bien ayant un maximum d’utilité pour un prix le plus bas possible sur le marché. Les consommateurs seraient parfaitement informés des caractéristiques des produits, des quantités offertes et demandées, et des prix pratiqués par les vendeurs. La théorie met alors en avant le dogme de la « souveraineté » du consommateur, qui sanctionne le producteur par ses achats effectifs. Cependant, cette vision théorique se heurte à une observation plus pragmatique de la réalité des relations entretenues entre les entreprises et leurs marchés.

L’économiste américain John Kenneth Galbraith montre, dans le Nouvel État industriel (1967), que la grande entreprise moderne cherche à s’affranchir des contraintes du marché en imposant ses produits aux consommateurs. C’est ce que Galbraith appelle la filière inversée. Par le recours aux stratégies marketing, et notamment à la communication publicitaire, la grande entreprise tendrait à manipuler la demande en réduisant au maximum le libre arbitre des consommateurs. Cependant, tout pouvoir amène l’émergence d’un contre-pouvoir. Galbraith évoque alors les limites du pouvoir des producteurs par l’avènement du consumérisme, qui coïncide avec la prise de conscience par les consommateurs de leurs droits, puis avec leur organisation en groupe d’intérêt.

Un phénomène de société industrielle

Le consumérisme est particulièrement développé dans les pays anglo-saxons, surtout aux États-Unis. L'intérêt des consommateurs y est devenu une cause nationale grâce à la ténacité de l’avocat Ralph Nader, qui gagna un procès contre le constructeur automobile General Motors dont l‘un des véhicules, le modèle Corvair, présentait de graves lacunes pour la sécurité des passagers. En France, c’est au début du xxe s. qu’apparurent les prémices du combat des consommateurs, qui aboutit en 1927 à la création de la Confédération générale de la consommation. Cependant, ce n'est qu'au lendemain de la Seconde Guerre mondiale que se développa un consumérisme à la française. L’Union fédérale de la consommation (U.F.C.) fut fondée en 1951 avec le soutien des syndicats et des pouvoirs publics. Sur le modèle anglo-saxon, cette association sans but lucratif, se donna pour objectif l’information et la défense des consommateurs. Son magazine mensuel, Que choisir ?, édité sans publicité, continue à publier des tests comparatifs par gammes de produits.

En 1960 apparut le Comité national de la consommation (C.N.C.). À ses cotés, l’Institut national de la consommation (I.N.C.), créé en 1966 et doté du statut d’établissement public, dispose de centres d’essais afin d’effectuer des tests comparatifs de produits dans les domaines les plus variés. L’I.N.C. publie un mensuel destiné au grand public, 60 Millions de consommateurs, et réalise un programme de télévision, Consommag, sur le service public de l’audiovisuel (France 2). Par ailleurs, lors des permanences assurées par des avocats, les consommateurs peuvent se faire conseiller quant à leurs droits face aux producteurs.