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Ligue arabe ou Ligue des États arabes

Association d'États arabes indépendants, destinée à promouvoir leur coopération et dont la charte fut signée le 22 mars 1945 au Caire par l'Égypte, la Syrie, le Liban, l'Iraq, la Transjordanie (devenue en 1949 la Jordanie), l'Arabie saoudite et le Yémen.

1. La création de la Ligue

La création de la Ligue répond à la volonté des Britanniques de retrouver, au cours de la Seconde Guerre mondiale, le soutien des États arabes. En effet, ceux-ci ont vécu comme une trahison l'abandon des promesses faites par la France et le Royaume-Uni pour s'assurer de leur concours lors de la Première Guerre mondiale.

À l'issue des négociations menées en 1915-1916, les Britanniques s'était engagés à soutenir la création d'un État arabe indépendant. Le souverain de ce futur État devait être le chérif de La Mecque Husayn ibn Ali, dont les troupes, organisées par Lawrence d'Arabie, contribuent à la défaite de l'Empire ottoman. Bien que victorieux, français et Britanniques ne tiennent pas leurs engagements. Malgré la présence en France du fils d'Husayn ibn Ali, le prince Faysal Ier, la Conférence de paix de 1919 refuse d'accorder aux Arabes un État. En vertu d'un accord secret signé en 1916, l'accord de Sykes-Picot, la France obtient un mandat sur la Syrie et le Liban. Conformément aux promesses de la déclaration Balfour de 1917, la Palestine, placée sous mandat britannique et détachée de la Syrie, est ouverte à la colonisation juive.

Cette situation suscite d'abord la colère des Arabes (insurrection en Égypte en 1919, émeutes en Palestine et révolte en Iraq en 1920 sévèrement réprimées). Apparaissent alors chez les Arabes le désir d'obtenir l'indépendance ainsi que l'idée d'une unité arabe, nécessaire face à la fragmentation imposée par les puissances.

En 1939, pour regagner la confiance des Arabes qui n'étaient pas insensibles à la propagande de l'Axe, le Royaume-Uni limite considérablement l'immigration juive en Palestine (Livre blanc de 1939). En mai 1941, le ministre britannique des Affaires étrangères Antony Eden soutient la cause de l'unité arabe. Churchill approuve en 1943 la proclamation de l'indépendance de la Syrie (effective en 1946) puis celle du Liban, à laquelle s'oppose le général de Gaulle, qui considérait que cette décision ne pouvait intervenir qu'après le rétablissement de la république en France.

En 1945, la constitution de la Ligue des États arabes, sous les auspices britanniques, permet à Londres d'ancrer sa domination sur le Proche-Orient. Le siège de la Ligue est fixé au Caire et ses principaux États membres – Égypte, Transjordanie, Iraq – se trouvent sous influence britannique.

2. Une influence limitée

L'influence de la Ligue arabe demeure limitée en raison de ses statuts mais surtout en raison de son histoire mouvementée.

2.1. Des statuts peu contraignants

La Ligue arabe n'est pas une organisation supranationale. Son objet se limite à favoriser une coopération interarabe multiforme, librement consentie par les États membres, qui ne peuvent être liés par les décisions de l'organisation auxquelles ils n'auraient pas souscrit. Un nombre très faible d'accords adoptés par le conseil de la Ligue (au sein duquel jour la règle de l'unanimité en matière de vote) a été ratifié par l'ensemble des pays membres. Il en est notamment ainsi de l'accord relatif à l'instauration d'un marché commun arabe, conclu en 1964. D'autres accords, bien que ratifiés par tous les pays membres, n'ont pas été régulièrement appliqués ; c'est le cas, par exemple, du système de sécurité collective institué par la charte de la Ligue et par le pacte de défense commune et de coopération économique du 13 avril 1950, qui n'a pas joué lors des guerres israélo-arabes de 1956, 1967 et 1973 (→ guerres israélo-arabes).

2.2. Une histoire mouvementée

Les crises incessantes qui ont agité le monde arabe depuis 1945 ont affecté le fonctionnement et l'efficacité de la Ligue et son rôle est resté mineur malgré l'arrivée au pouvoir en 1952 de Nasser en Égypte (1918-1970). Dès ses origines, la Ligue pâtit des divisions entre ses membres. L'Égypte réclame au Royaume-Uni l'évacuation de la zone du canal de Suez et la restitution du Soudan (en théorie soumis à un condominium anglo-égyptien), tandis que la Transjordanie et l'Iraq restent fidèles à l'alliance britannique. Mais surtout, la création du nouvel État d'Israël et sa victoire sur les Arabes en 1948 tournent à la confusion des pays arabes. Dès lors, la question palestinienne devient l'enjeu majeur de nombreux sommets de la Ligue arabe – c'est dans son cadre qu'est créée, en 1964, l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), devenue en 1976 membre à part entière de la Ligue.

L'Égypte en est exclue en 1979 pour avoir signé les accords de paix avec Israël (accords de Camp David de 1978) et le siège est transféré à Tunis. L'influence de la Ligue, privée de sa nation la plus puissante, est durablement entamée. Pendant cette période, d'autres structures de coopération se développent dans un cadre régional, comme le Conseil de coopération du Golfe, créé en 1981, ou l'Union du Maghreb arabe en 1989. Mis, en dépit du retour en son sein de l'Égypte (1990), la Ligue arabe ne parvient pas à s'imposer comme un acteur majeur sur la scène internationale. La guerre du Golfe (1990-1991) et le début du processus de paix israélo-arabe creusent les divisions au sein du monde arabe.

3. La Ligue arabe aujourd'hui

En 1990, le siège de la Ligue a été de nouveau établi au Caire. De 2001 à 2011, son secrétaire général a été l'Égyptien Amr Moussa, qui est un acteur majeur de la période de transition politique que connaît son pays.
Outre les sept États fondateurs, quatorze pays, ainsi que l'OLP représentant la Palestine, ont été admis au sein de la Ligue depuis sa création :
– la Libye (1953). [Après avoir suspendu la participation de la Libye en février 2011, la Ligue arabe reconnaît le Conseil national de transition (CNT) comme étant le représentant légitime du peuple libyen (août 2011)].
– le Soudan (1956)
– le Maroc (1958)
– la Tunisie (1958)
– le Koweït (1961)
– l'Algérie (1962)
– Bahreïn (1971)
– les Émirats arabes unis (1971)
– Oman (1971)
– le Qatar (1971)
– la Mauritanie (1973)
– la Somalie (1974)
– l'Organisation de libération de la Palestine (1976)
– Djibouti (1977)
– les Comores (1993).

Pour en savoir plus, voir les articles Empire ottoman, Gamal Abdel Nasser, Orient arabe.