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amour

Gustav Klimt, le Baiser
Gustav Klimt, le Baiser

Sentiment très intense, attachement englobant la tendresse et l'attirance physique entre deux personnes.

Le mot « amour » (du latin amor) a une particularité en français, celle de devenir féminin au pluriel.

Si l'amour a donné lieu à de nombreux clichés, il reste un concept abstrait, plus facile à expérimenter qu'à expliquer. Sa définition elle-même, « affection vive pour quelqu'un ou pour quelque chose », n'est pas univoque, et son sens peut varier de la dévotion à la tendresse, de l'attachement durable à l'inclination passagère, de la passion à la raison, de l'affection à l'obsession… Une constante toutefois : l'amour est source d'émotions multiples, quelles que soient les nuances dont il se teinte. Ce qui explique sans doute qu'il soit si souvent symbolisé par un cœur, organe dont le rythme s'emballe au gré des émois.

Les trois amours grecques

Depuis l'Antiquité, l'amour fait l'objet d'interrogations et de débats. Ainsi, les Grecs distinguaient trois sentiments différents :

la « philia », qui se rapproche de ce que l'on appelle aujourd'hui « amitié » ;

l'« agapê », ou amour du prochain (au sens chrétien) ;

l'« erôs », qui désigne l'attirance sexuelle et le désir, représenté dans la mythologie romaine par Cupidon, enfant ailé qui décoche des flèches d'or dans le cœur des humains.

Les représentations culturelles

Au fil des époques et selon les cultures, on retrouve l'amour dans toutes les formes d'expression, de la plus populaire à la plus artistique. Il est le thème central d'une quantité innombrable d'œuvres d'art (vases antiques, tapisseries, peintures, sculptures…), de poèmes et d'opéras, mais aussi de dictons, de chansons, de romans, de films… et nul n'ignore ces grandes histoires d'amour, de Tristan et Yseult à Roméo et Juliette, qui parlent d'amour éternel et font rêver d'absolu.

L'apprentissage de l'amour

L'amour semble une expérience tellement naturelle que l'on imagine volontiers ne pas avoir besoin d'apprendre à aimer. En réalité, son apprentissage débute dans la petite enfance (développement de l'enfant), et l'amour parental aide le jeune enfant à développer en retour l'amour filial et l'amour fraternel. Quand elle est heureuse, cette première expérience s'avère le meilleur gage pour l'avenir « aimant » (aimer et être aimé) d'une personne. Par ailleurs, des parents unis et amoureux font deviner à l'enfant la composante sexuelle du lien conjugal (→ sexualité).

Dans le cas contraire, les repères rassurants de l'enfance sont manquants, et l'adulte devra les trouver par lui-même, ce qui peut prendre un certain temps et nécessiter volonté et persévérance.

L'évolution des mœurs

D'une certaine façon, l'attirance sexuelle ou l'apparition de sentiments amoureux entre deux personnes n'ont que faire des règles sociales ou religieuses. Toutefois, l'évolution culturelle influence fortement les codes amoureux et modifie les attentes individuelles et conjugales.

Associer, comme on le fait aujourd'hui dans la culture occidentale, amour, mariage et sensualité est une invention récente de l'époque postromantique (→ romantisme). Au cours des siècles précédents, les histoires de cœur et les désirs charnels étaient presque toujours vécus en dehors d'une union légitime. Et même si l'amour courtois (fin amor) du Moyen Âge vantait déjà les sentiments délicats du troubadour pour sa « Dame », celle-ci était rarement son épouse.

Le mariage d'amour, tournant de l'époque moderne, correspond à une nouvelle attente d'amour légitimé, y compris dans l'union libre. Le courant de libération sexuelle de la deuxième moitié du xxe s. (→ mai 1968) a permis de remettre en question l'institution du mariage mais n'a pas supprimé le couple social, bien au contraire. Ce dernier s'appuie sur le libre choix de vivre ensemble, un goût réciproque l'un envers l'autre et le partage du plaisir sexuel.

Aujourd'hui, l'amour est considéré comme une valeur essentielle du couple et de la famille, et son usure ou sa disparition entraîne la rupture. Pierre angulaire de la relation, il fait partie des critères fondamentaux de réussite individuelle et conjugale. C'est oublier qu'il n'en est pas de même dans d'autres cultures et qu'il y a de multiples façons d'aimer, y compris au sein d'un couple. Ce « diktat » d'un amour associant affection et sexe (philia, agapê et erôs), provoque chez de nombreuses personnes un sentiment, parfois très douloureux, de frustration et d'incompétence.

Par ailleurs, la levée des tabous et des interdits vis-à-vis de l'homosexualité a modifié l'opposition classique entre amour et amitié. On admet de nos jours l'amour entre personnes de même sexe et les relations sexuelles entre amis.

Les variantes de l'amour

Absolu, inconditionnel, passionnel, obsessionnel, vache, tendre, raisonnable, fou, platonique ces adjectifs ne représentent que quelques variantes de toutes les formes possibles d'amour.

Si les amoureux peuvent « vivre d'amour et d'eau fraîche » le temps d'une rencontre, il leur faut ensuite apprendre à « s'aimer pour la vie » en acceptant mutuellement la réalité de l'autre. L'amour ne se mesure pas à l'aune du temps, et si l'amour « avec un grand A » est en général associé à une notion de pérennité, il existe des amours brèves très intenses. Par ailleurs, si chaque individu a une sorte de personnalité amoureuse qui influence son comportement, on peut dire qu'il y a autant d'histoires d'amour qu'il y a de couples, et la sagesse populaire se méfie, peut-être à bon escient, de certains embrasements amoureux dangereux.

Des expressions comme « s'aimer à la folie », être « fou d'amour », « mourir d'amour » évoquent les effets potentiels de la passion amoureuse sur la stabilité individuelle et conjugale.

Amour, désir et sexualité

L'amour platonique (du philosophe antique Platon), ou amour sans relations sexuelles, privilégiant la communion de l'esprit, paraît aujourd'hui tout à fait désuet. En effet, de nos jours, amour et sexualité sont en général considérés comme allant de pair, ainsi dans l'expression « faire l'amour » où le mot amour, habituellement réservé au sentiment, prend un sens sexuel. C'est souvent vrai, mais les liens entre inclination et désir sont complexes et il faut se méfier d'une vision simpliste pouvant entraîner des conclusions erronées.

Certaines personnes, plus souvent des femmes, malgré des sentiments très forts, manquent de désir envers leur partenaire. D'autres personnes, plus souvent des hommes, ressentent du désir physique en dehors de tout sentiment amoureux. Dans les deux cas, l'interprétation du conjoint peut en être faussée : « Si tu m'aimais, tu me désirerais… », « Si tu ne l'aimais pas, tu n'aurais pas eu de relations sexuelles… », ce qui risque de provoquer une remise en question, voire une rupture.

De nos jours, l'épanouissement sexuel, considéré comme une part intégrante de l'amour, sert parfois à mesurer la qualité du lien. Or, attirance sexuelle et capacité à vivre ensemble ne sont pas directement superposables. Une très bonne entente sexuelle spontanée, fondée en partie sur des similitudes de sensualité et de fantasmes, peut exister entre deux êtres par ailleurs mal assortis en matière de goûts ou de valeurs morales. À l'inverse, une grande complicité affective et intellectuelle peut s'accompagner de divergences sensuelles.

Dans le domaine de l'amour et du sexe, comme dans bien d'autres, il faut se garder des idées reçues et comprendre l'importance de la tolérance envers l'autre pour pouvoir avancer ensemble sur le chemin de la vie et mieux s'aimer.