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Paris-Roubaix

Paris-Roubaix
Paris-Roubaix

Classique cycliste française.

L’« Enfer du Nord », la « Reine des Classiques » : les qualificatifs ne manquent pas pour définir la course cycliste Paris-Roubaix, épreuve très particulière en raison des 50 km de pavés qui jalonnent le parcours et le rendent particulièrement éprouvant lorsque la pluie et le vent s’en mêlent.

Paris-Roubaix suit traditionnellement le Tour des Flandres dans le calendrier des grandes classiques de printemps et c’est parmi les protagonistes du « Ronde » qu’il faut chercher les prétendants à la victoire sur le vélodrome de Roubaix.

1. Le parcours

Les coureurs s’élancent de Compiègne pour un périple de 259 kilomètres qui les fera traverser Noyon, Ham, Saint-Quentin, Bohain-en-Vermandois, Troisvilles (début des secteurs pavés), Solesmes, Denain, trouée d'Arenberg, Orchies, Templeuve, Cysoing, avant d’arriver sur le vélodrome de Roubaix.

1.1. Les difficultés

Les 52 kilomètres de pavés sont répartis sur 28 secteurs situés dans les 160 derniers kilomètres. À la différence du Tour des Flandres et de ses murs, pavés eux aussi, les côtes sont absentes de Paris-Roubaix et les passages pavés sont quasiment plats. Le premier secteur pavé sera franchi à Troisvilles, près de Caudry et du Cateau-Cambrésis, après 98 km de course (les pavés de la place du château de Compiègne, s’ils donnent un avant-goût aux coureurs de ce qui les attend, ne sont pas comptabilisés). La difficulté vient de cette accumulation de passages pavés qui font ressembler la course à un combat de boxe d’homme à homme, voire à un long contre-la-montre, car le peloton ne peut pas rester compact sur les pavés, abordés en file indienne. La course se joue souvent à l’usure, surtout si le vent défavorable et la pluie s’invitent, multipliant les crevaisons et les chutes dans la boue et les fondrières. Dans cette course à élimination, l’adresse, l’épuisement, parfois la chance font souvent la sélection. Ces caractéristiques du parcours avantagent les grands gabarits, avec des coureurs qui dépassent souvent les 80 kg.

Au départ de Compiègne, les coureurs regardent d’abord d’où souffle le vent et se souviennent qu’ils devront passer le pavé du Calvaire à Bourghelles et qu’à Orchies les pavés du chemin des Prières ne sont pas très loin de ceux des Abattoirs. Pourtant, ce n’est pas à ces difficultés que Paris-Roubaix doit son qualificatif d’« Enfer du Nord », mais en raison des dégâts subis par la région pendant la Première Guerre mondiale et qui avaient particulièrement impressionné les journalistes de l’époque.

1.2. Les pavés, d'abord décriés, devenus un patrimoine à conserver

La course a longtemps emprunté des grandes routes, qui étaient alors pavées pour la plupart. Les coureurs roulaient de plus en plus vite sur ces routes lissées par la circulation : le record de vitesse est toujours détenu par Peter Post, qui l’a emporté en filant à plus de 45 km/h de moyenne en 1964. Peu à peu, les grandes routes sont asphaltées, les pavés disparaissent et les organisateurs doivent dénicher des tronçons pavés qui ressemblent de plus en plus à des chemins de ferme boueux. Ces passages mal dégrossis, voies secondaires ou chemins vicinaux faits de pavés grossiers et disjoints, profitent à des spécialistes du cyclo-cross et les grands noms de la route ont tendance à fuir cette course qui devient dangereuse. Les organisateurs réagissent et mettent l’accent sur le caractère patrimonial de la course et des pavés du Nord. Ils s’entendent avec les communes concernées pour reconstruire des tronçons pavés cyclables, voire même d’en créer de nouveaux. Aujourd’hui, le nombre de kilomètres pavés est stable et la course n’est plus menacée de disparition.

1.3. La trouée d’Arenberg

L’un des passages les plus célèbres ainsi refait est celui de la trouée, ou tranchée, d’Arenberg, près de Valenciennes, un long boyau rectiligne de 2 400 m qui traverse la forêt de Raismes. Ce passage très difficile a entraîné plusieurs accidents (Johan Museeuw a failli y perdre la vie en 1998 et Philippe Gaumont s’y est fracturé le fémur en 2001) avant d’être refait et amélioré. Il constitue aujourd’hui l’un des moments forts de la course, que les coureurs abordent à grande vitesse, acclamés par deux haies compactes de spectateurs : si Paris-Roubaix se gagne rarement dans Arenberg, beaucoup de prétendants à la victoire y laissent leurs illusions.

Jean Stablinski, champion du monde en 1962, a été à l’origine de l’introduction de la trouée d’Arenberg dans Paris-Roubaix, en 1968. Il avait la particularité d’avoir été le seul à avoir travaillé sous la trouée, en tant que mineur, et à avoir roulé dessus, comme champion cycliste. Une stèle a été inaugurée en l’honneur du populaire « Stab » à l’entrée de la Drève des Boules d'Hérin, le véritable nom de la trouée ou tranchée d'Arenberg, en 2008.

1.4. Le carrefour de l’Arbre et la bataille de Bouvines

Sur le chemin (mal) pavé du carrefour de l’Arbre, long de 2,1 km, se joue en général la course, entre Camphin-en-Pévèle et Gruson, sur la plaine de Cysoing, au sud-est de Lille. Ce passage a été emprunté pour la première fois en 1958 et l'est depuis sans exception depuis 1980. Plusieurs vainqueurs se sont échappés dans ces parages situés à une quinzaine de kilomètres de l’arrivée, notamment Hennie Kuiper, en 1983, Marc Madiot, en 1985 et en 1991, et Tom Boonen, en 2009. D’autres, en tête ici, se sont finalement inclinés, comme Jacques Anquetil en 1958, ralenti un peu plus loin par une crevaison. Si aucune échappée ne s’y dessine, la difficulté de ces pavés, classés en haut de l’échelle des notes et qui surgissent en fin de parcours, entame les dernières forces des coureurs et limite leur vélocité sur le vélodrome de Roubaix.

Le carrefour de l’Arbre est situé à l’endroit même où eut lieu la bataille de Bouvines, le dimanche 27 juillet 1214 : le roi de France Philippe-Auguste, soutenu par les milices communales, y vainquit une coalition menée par l’empereur germanique Otton IV de Brunswick et ses alliés, Jean sans terre et le comte de Flandre. Parfois considérée comme l’un des moments de l’émergence de la nation française, cette bataille, narrée par les 21 vitraux de l’église de Bouvines, établit la supériorité de la royauté capétienne sur les grands vassaux.

2. Les origines de la course

À la fin du xixe s., Roubaix doit sa prospérité à l'industrie textile. Deux filateurs, Théodore Vienne et Maurice Pérez, souhaitent mieux faire connaître leur ville. Ils font construire un vélodrome pour accueillir les vedettes du cyclisme sur piste, la discipline alors dominante de ce sport. Ils décident ensuite d'organiser une épreuve préparatoire à Bordeaux-Paris, le marathon de la route, qui aurait lieu un mois avant.

La première édition de Paris-Roubaix a lieu le 18 avril 1896. Paris-Roubaix a été longtemps organisée systématiquement le jour de Pâques, d’où son autre appellation de « la Pascale ». Les assistances (entraîneurs à vélo qui aidaient les coureurs), autorisées les premières années, sont interdites à partir de 1910. Cette option va sortir Paris-Roubaix de l'ornière et la propulser devant Bordeaux-Paris pour la notoriété. En 1943, pour la première fois, la radio propose un reportage en direct de l'évènement. C'est à partir de cette même année 1943 que la course est jugée sur le vélodrome de Roubaix. Aujourd'hui, Paris-Roubaix est la dernière grande course à s'achever sur un vélodrome. En 1960, Paris-Roubaix est la première course à être survolée par un hélicoptère de la télévision.

3. Les grands vainqueurs de Paris-Roubaix

La course sourit souvent depuis lors aux rudes coursiers flandriens, habitués aux pavés et au vent, Museeuw, Van Petegem et Tom Boonen étant les plus récents d’entre eux. Pour soutenir les Flahutes, le drapeau des Flandres, un lion noir sur fond or, est partout présent sur la route de Paris-Roubaix.

Parmi les vainqueurs de Paris-Roubaix figurent essentiellement des coureurs belges (54 en 107 éditions), de Cyrille Van Hauwaert (1908) à Tom Boonen (2005, 2008, 2009 et 2012), en passant par Gaston Rebry (1931, 1934 et 1935), Rick Van Looy (1961, 1962 et 1965), Eddy Merckx (en 1968, année de l'introduction de la tranchée d’Arenberg, en 1970, où il gagne avec 5’ 21’’ d’avance sur de Vlaeminck, et en 1973), Roger de Vlaeminck (1972, 1974, 1975 et 1977, le premier à l’avoir emporté quatre fois, notamment grâce à son habitude du cyclo-cross, et il a terminé aussi quatre fois deuxième et une fois troisième) et Johann Museeuw (1996, année du centenaire de la course, 2000 et 2002).

Les Italiens occupent la troisième place de ce palmarès avec 11 vainqueurs, notamment Francesco Moser à trois reprises consécutivement (1978, 1979 et 1980) et le styliste Fausto Coppi, vainqueur en 1950 et deuxième en 1952, du temps où les pavés étaient parfaitement cyclables. La victoire de Coppi en 1950 a fait l’admiration de tous et le deuxième, le Français Diot, aurait déclaré à l’arrivée : « J'ai gagné... Fausto était hors concours ! ». Viennent ensuite les Néerlandais, avec cinq vainqueurs parmi lesquels Jan Janssen, vainqueur en 1967 d’un sprint royal où il devance dans l'ordre Van Looy, Altig, Vandenberghe, Sels, Willy Planckaert, Poulidor, Merckx, De Cabooter et Motta, Hennie Kuiper en 1983 et Servais Knaven en 2001, les Suisses (2 vainqueurs, Suter en 1923 et Cancellara en 2006, 2010 et 2013), l’Irlandais Sean Kelly à deux reprises (1984 et 1986) et quatre coureurs allemand, luxembourgeois, suédois et australien.

4. Les vainqueurs français

Les Français se sont quant à eux imposés à 30 reprises.

4.1. Les temps héroïques

Maurice Garin inaugure les victoires françaises, en 1897 et 1898. Il précède Albert Champion en 1899, Émile Bouhours en 1900, Lucien Lesna en 1901 et 1902, Hyppolite Aucouturier en 1903 et 1904, Louis Trousselier en 1905, Henri Cornet en 1906, Georges Passerieu en 1907, Octave Lapize, qui réalise le triplé en 1909, 1910 et 1911, Charles Crupeland en 1912 et 1914, Henri Pélissier en 1919 et 1921, André Leducq en 1928, Georges Speicher en 1936.

4.2. L'après-guerre : une bonne série française

L'après-guerre sourit aux tricolores, avec Paul Maye, en 1945, André Mahé, en 1949, Jean Forestier, en 1955, et Louison Bobet (qui l’emporte au sprint en 1956 devant son coéquipier Fred De Bruyne et Rik Van Steenbergen, après avoir fini deuxième en 1951, septième en 1952, quatrième en 1954 et troisième en 1955).

4.3. Les années 1980 et 1990 : Hinault, Madiot, Duclos, Guesdon

Il faut ensuite attendre Bernard Hinault, qui en 1981, ceint de son maillot arc-en-ciel de champion du monde, se relève d’une chute due à un caniche noir à 12 km de l’arrivée pour devancer au sprint un quintette royal : Moser, auteur du triplé lors des trois précédentes éditions, De Vlaeminck, en quête de sa cinquième victoire, Kuiper, vainqueur du Tour des Flandres une semaine plus tôt, De Meyer, lauréat du Paris-Roubaix 1976 et l'excellent sprinter Van Calster.

Puis vient le tour de Marc Madiot, qui s’échappe deux fois, en 1985 et en 1991, au carrefour de l’Arbre pour finir seul sur le vélodrome.

Le vétéran Gilbert Duclos-Lassalle, après avoir fini deuxième en 1980 derrière Francesco Moser et en 1983 derrière Kuiper, l’emporte enfin en 1992, à sa quatorzième participation, après être sorti en tête de la tranchée d'Arenberg et avoir attaqué à 47 kilomètres de l’arrivée, sur le pavé d'Ennevelin, à l'endroit même où Moser l'avait déposé avec Thurau et De Vlaeminck douze ans plus tôt. Douzième, le jeune Johan Museeuw s'en souviendra. Duclos fait le doublé en 1993, à 38 ans, en devançant de quelques centimètres l’Italien Ballerini, devenant ainsi le plus vieux vainqueur de l'épreuve.

Enfin, l’inattendu Frédéric Guesdon demeure le dernier vainqueur français, après avoir en 1997 devancé au sprint un très beau plateau composé de Planckaert, Johan Museeuw, Tchmil, Casarotto, Sörensen, Wauters et de son compatriote malheureux Frédéric Moncassin, rejoint à quelques encablures du vélodrome de Roubaix.

5. Quelques Français infortunés

Jacques Anquetil, pourtant dans le groupe de tête en 1958, a crevé à 13 km de l’arrivée et n’a jamais pu gagner ensuite, non plus que Raymond Poulidor, pourtant bien placé en 1976, à 40 ans passés. Pour avoir achevé l'épreuve sur le vélo d'une spectatrice, emprunté à quelques kilomètres de l'arrivée, Roger Lapébie a été destitué de sa victoire dans l’édition de 1934. (→ cyclisme.)

6. Le palmarès de Paris-Roubaix

Le palmarès de Paris-Roubaix

CYCLISME : PARIS - ROUBAIX

Palmarès

Année

Vainqueur

1896

Fischer (Allemagne)

1897

Garin (France)

1898

Garin (France)

1899

Champion (France)

1900

Bouhours (France)

1901

Lesna (France)

1902

Lesna (France)

1903

Aucouturier (France)

1904

Aucouturier (France)

1905

Trousselier (France)

1906

Cornet (France)

1907

Passerieu (France)

1908

Van Hauwaert (Belgique)

1909

Lapize (France)

1910

Lapize (France)

1911

Lapize (France)

1912

Crupelandt (France)

1913

Faber (Luxembourg)

1914

Crupelandt (France)

1919

Henri Pelissier (France)

1920

Deman (Belgique)

1921

Henri Pelissier (France)

1922

Dejonghe (Belgique)

1923

Suter (Suisse)

1924

Van Hevel (Belgique)

1925

Sellier (Belgique)

1926

Delbecque (Belgique)

1927

Ronsse (Belgique)

1928

Leducq (France)

1929

Meunier (Belgique)

1930

Vervaecke (Belgique)

1931

Rebry (Belgique)

1932

Gijssels (Belgique)

1933

Sylvère Maes (Belgique)

1934

Rebry (Belgique)

1935

Rebry (Belgique)

1936

Speicher (France)

1937

Rossi (Italie)

1938

Storme (Belgique)

1939

Masson (Belgique)

1943

Kint (Belgique)

1944

De Simpelaere (Belgique)

1945

Maye (France)

1946

Claes (Belgique)

1947

Claes (Belgique)

1948

Van Steenbergen (Belgique)

1949

Mahé (France) et Serse Coppi (Italie)

1950

Coppi (Italie)

1951

Bevilacqua (Italie)

1952

Van Steenbergen (Belgique)

1953

Derijcke (Belgique)

1954

Impanis (Belgique)

1955

Forestier (France)

1956

Bobet (France)

1957

De Bruyne (Belgique)

1958

Van Daele (Belgique)

1959

Foré (Belgique)

1960

Cerami (Belgique)

1961

Van Looy (Belgique)

1962

Van Looy (Belgique)

1963

Daems (Belgique)

1964

Post (Pays-Bas)

1965

Van Looy (Belgique)

1966

Gimondi (Italie)

1967

Janssen (Pays-Bas)

1968

E. Merckx (Belgique)

1969

Godefroot (Belgique)

1970

E. Merckx (Belgique)

1971

Rosiers (Belgique)

1972

R. De Vlaeminck (Belgique)

1973

E. Merckx (Belgique)

1974

R. De Vlaeminck (Belgique)

1975

R. De Vlaeminck (Belgique)

1976

Demeyer (Belgique)

1977

R. De Vlaeminck (Belgique)

1978

Moser (Italie)

1979

Moser (Italie)

1980

Moser (Italie)

1981

Hinault (France)

1982

Raas (Pays-Bas)

1983

Kuiper (Pays-Bas)

1984

S. Kelly (Irlande)

1985

M. Madiot (France)

1986

S. Kelly (Irlande)

1987

Vanderaerden (Belgique)

1988

De Mol (Belgique)

1989

Wampers (Belgique)

1990

E. Planckaert (Belgique)

1991

M. Madiot (France)

1992

Duclos-Lassalle (France)

1993

Duclos-Lassalle (France)

1994

Tchmil (Russie)

1995

Ballerini (Italie)

1996

Museeuw (Belgique)

1997

Guesdon (France)

1998

Ballerini (Italie)

1999

Tafi (Italie)

2000

Museeuw (Belgique)

2001

Knaven (Pays-Bas)

2002

Museeuw (Belgique)

2003

Van Petegem (Belgique)

2004

Backstedt (Suède)

2005

Boonen (Belgique)

2006

Cancellara (Suisse)

2007

O'Grady (Australie)

2008

Boonen (Belgique)

2009

Boonen (Belgique)

2010

Cancellara (Suisse)

2011

Vansummeren (Belgique)

2012

Boonen (Belgique)

2013

Cancellara (Suisse)

2014

Terpstra (Pays-Bas)