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Golf Drouot

Club parisien, 1955-1981.

Le berceau du rock français

Le Golf Drouot est, à l'origine, un golf miniature situé 2, rue Drouot, à Paris, à quelques mètres de la station de métro Richelieu-Drouot. Un endroit tranquille, sans histoire. Au premier étage, au-dessus d'un entresol, cette salle en forme de fer à cheval élargi, peu fréquentée, va devenir, à partir de 1955, grâce à son nouveau barman, Henri Leproux, le lieu de rendez-vous des premiers amateurs de rock and roll en France. Le lieu où, d'une certaine façon, tout va commencer, où toutes les futures gloires du rock français vont débuter, de Johnny Hallyday et Eddy Mitchell au groupe Téléphone. Henri Leproux cherche vite à renflouer cet établissement trop désert. La propriétaire, Mme veuve Perdrix, décide d'en faire un thé dansant l'après-midi. Leproux, marqué par le lancement du Whisky à Gogo, premier night-club dans une France dominée par l'esprit dancing, préférerait transformer le Golf en club réservé aux jeunes, en discothèque pour adolescents. Il obtient carte blanche. Ne disposant pas d'un tourne-disque, ancêtre de l'électrophone, il finit par rencontrer le directeur de la firme Seeberg, qui importe des juke-boxes. L'appareil peut contenir cent 45 tours : des disques de rock and roll américains, notamment, livrés avec lui puis fournis par les plus passionnés des ces nouveaux clients. Le tour est joué.

Le « tremplin » du rock

« One, two, three ! », lance Bill Haley en ouverture de Rock Around The Clock, premier morceau à retentir dans ce décor obsolète, et le bouche à oreille ne tarde pas à fonctionner. Les teen-agers commencent à s'agglutiner autour de cette boîte à musique révolutionnaire… On remplace le parcours de golf miniature par une petite scène et une piste de danse vite remplie.

La scène est baptisée « tremplin » et permet aux rockers français en herbe de venir exercer, exhiber, leur éventuel talent. Et quel talent, parfois ! Reprenant tant bien que mal les succès du juke-box, les dénommés Jean-Philippe Smet, qu'on appelle déjà Johnny, et Claude Moine, futur Eddy Mitchell, grands gamins issus des quartiers du square Saint-Lambert ou de la Trinité, vont vite se faire remarquer et déchaîner, sur la piste, des ardeurs nouvelles. Dans le sillage des Chaussettes noires d'Eddy Mitchell, d'autres groupes naissent, se reproduisent, poussent sur le « tremplin » : les Pirates avec Dany Logan, Long Chris et les Daltons, les Fantômes, les Champions, El Toro et les Cyclones (avec Jacques Dutronc à la guitare). Et bien d'autres encore….

Triste fin

Dans les années 1970, le Golf Drouot continuera d'être la rampe de lancement, permettant à des groupes comme Ange, les Variations, Martin Circus, Présence (Daniel Balavoine), Téléphone, Starshooter de se révéler du jour au lendemain. Même si l'ambiance n'est plus exactement la même, la petite scène joue toujours son grand rôle.

Malheureusement, en novembre 1981, le Golf est fermé, la loi interdisant l'existence de deux débits de boissons dans un même endroit (il fait partie du Café d'Angleterre). « Tout finit, comme l'écrit Henri Leproux en introduction à son livre de souvenirs, le Temple du rock, par une sombre histoire de limonade et de bureaucratie.