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Armand Jean du Plessis, cardinal de Richelieu

Académie française

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Académie française

L'une des cinq compagnies de l'Institut de France.

Fondée par Richelieu, elle tint sa première séance le 13 mars 1634 et reçut du roi des lettres patentes le 25 janvier 1635 : elles officialisaient un cercle de lettrés qui se réunissait depuis 1629 chez Valentin Conrart. Préposée à la surveillance du langage et au jugement des livres parus, la Compagnie apparut comme un instrument politique, voire despotique : le parlement n'accepta d'enregistrer les lettres de fondation qu'en 1637. « Protecteur » de l'Académie (ce titre fut dévolu au roi à partir de 1672, et aujourd'hui au chef de l'État), Richelieu contrôla toutes les candidatures (il fit dès l'origine adjoindre aux écrivains des conseillers d'État et le garde des Sceaux) et assigna aux académiciens d'autres tâches que le dictionnaire (la 1re édition fut publiée en 1694) et la grammaire (parue en 1933) ; ils préparaient ses discours, ses écrits théologiques et ses pamphlets politiques. C'est lui aussi qui poussa l'Académie à prendre position dans la querelle du Cid.

   

L'Académie resta un instrument efficace du pouvoir royal, malgré les premières fissures dues à l'affrontement des Anciens et des Modernes, jusqu'à la lente infiltration du « parti philosophique » dans la seconde moitié du XVIIIe s.

   Dissoute en 1793, l'Académie fut reconstituée le 23 janvier 1803 comme une « classe de littérature et de langue française » de l'Institut de France. À cette date, Bonaparte ne l'avait pas oubliée dans sa conception militaire de l'État : les académiciens avaient reçu un uniforme, l'« habit vert », dont la composition avait été fixée par un arrêté du 13 mai 1801. Elle trouva son siège actuel (le collège des Quatre-Nations) dès 1805, mais ne retrouva son titre d'Académie française que le 5 mars 1815.

   Elle compte 40 membres depuis 1639 et n'élit ni correspondants ni associés. Mais avec l'élection de Julien Green (1971), de Marguerite Yourcenar (1980) puis de Léopold Sédar Senghor (1983), elle s'est ouverte successivement aux étrangers francophones et aux femmes. Malgré la diversité des professions et des titres des académiciens, elle ne comporte pas de sections. L'égalité est complète entre ses membres : en 1712, Louis XIV offrit 40 fauteuils aux académiciens pour ôter tout prétexte aux dignitaires de l'Église ou aux grands seigneurs de se distinguer de leurs confrères.

   L'Académie est représentée dans ses tâches administratives par un bureau à 3 personnes : le directeur et le chancelier, élus pour 3 mois ; le secrétaire perpétuel, élu à vie. Elle décerne des prix littéraires, des prix de fondations et, depuis 1986, le grand prix de la francophonie.

Membres de l'Académie française

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