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Haut-Karabakh

en russe Nagorno-Karabakh

Région de l'Azerbaïdjan, sur le versant N.-E. du massif arménien.

  • Superficie : 4 400 km2
  • Population : 137 137 hab. (recensement de 2005)
  • Capitale : Stepanakert

HISTOIRE

Le Haut-Karabakh (Artsakh en arménien, du nom d'une des principautés médiévales de l'Arménie) a souvent connu la domination des empires qui se sont succédés dans la région, avant d'être rattaché à l'empire des tsars par le traité russo-persan de Gulistan (1813). Peuplé majoritairement d'Arméniens, le Haut-Karabakh est disputé entre Bakou et Erevan lors de l'éphémère première indépendance de la Transcaucasie (1918-1920), puis rattaché par Staline, après la soviétisation, à la RSS d'Azerbaïdjan avec un statut de Région autonome (1923).

La revendication constante de réunion à l'Arménie resurgit lors de la perestroïka et de la vague d'émancipation démocratique et nationale, d'abord pacifiquement (vote du Soviet suprême régional du 22 février 1988, manifestations à Stepanakert et Erevan), avant de prendre un tour plus violent (pogroms anti-arméniens de Soumgaït, Kirovabad-Ganja, Bakou, opérations de police). Elle a débouché sur un conflit armé entre Azéris et Arméniens dans le contexte de la désintégration de l'URSS.

La république du Haut-Karabakh, qui a proclamé unilatéralement son indépendance après un réferendum (1991) et qui s'est engagé depuis dans la construction de l'État, en sort victorieuse malgré la perte d'un district au nord, après avoir établi une jonction territoriale avec l'Arménie et une « zone-tampon de sécurité » en s'emparant de sept districts d'Azerbaïdjan entourant l'enclave. Le bilan se chiffre à quelque 30 000 morts et des centaines de milliers de réfugiés de part et d'autre. L'Azerbaïdjan a soumis l'Arménie à un blocus avec le soutien de la Turquie et joue de l'arme du pétrole.

Si elle n'est reconnue ni par la communauté internationale ni par l'Arménie, la république du Haut-Karabakh s'est dotée d'institutions étatiques : un Parlement (28 décembre 1991), un Comité d'État à la Défense (12 juillet 1992), un président de la République élu au suffrage universel et un gouvernement 21-22 décembre 1994). Une dizaine de scrutins (référendum, élections législatives, présidentielles, municipales) ont été organisés depuis 1991. Les programmes économiques et sociaux sont soutenus notamment par l'Arménie et la diaspora.

Depuis le cessez-le-feu signé en mai 1994, sous l'égide de la Russie, et malgré la multiplication des rencontres directes entre les présidents d'Arménie et d'Azerbaïdjan, les négociations engagées avec la médiation du « groupe de Minsk » de l'OSCE (Arménie, Azerbaïdjan, Russie, États-Unis, Biéolorussie, Allemagne, France, Italie, Finlande, Suède, Turquie), sous la coprésidence permanente des États-Unis, de la Russie et de la France, n'ont pas abouti (automne 2008) au règlement de ce « conflit gelé » où s'affrontent deux principes contradictoires du droit international : autodétermination des peuples contre intégrité territoriale des États.

Outre la participation du Haut-Karabakh aux négociations et la levée du blocus rejetées par Bakou, le retrait des territoires conquis sans contrepartie politique refusé par Stepanakert, les questions à résoudre portent sur la question des frontières et du statut, la composition des forces d'interposition et les garanties de sécurité, le retour des réfugiés, le rôle de la Russie. Celle-ci, en réunissant à Moscou (2 novembre 2008) les présidents arménien et azerbaïdjanais qui ont signé un accord de résolution pacifique, semble aller dans le sens d'un format de négociation alternatif au groupe de Minsk.