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Vallée de la Hunza

Cachemire

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Cachemire
ou Kashmir

Ancien État de l'Inde, partagé entre l'Inde et le Pakistan.

GÉOGRAPHIE

Le Pakistan a conservé l'Azad Kashmir (Cachemire libre), qui comprend le district (jagir) de Punch, le Baltistan et le Dardistan (80 000 km2).

   

L'État actuel de Jammu-et-Cachemire est intégré dans la République indienne. Il comprend trois parties : la région de Jammu (la capitale d'hiver), au S., dans le Moyen Himalaya, de population hindoue ; le Ladakh, au N. du Grand Himalaya, région de langue tibétaine ; la vallée du Cachemire, au centre, haute plaine (vers 1 500 m d'altitude) encadrée par le Grand Himalaya et le Pir Panjal, drainée par la Jhelam. Cette région, en grande majorité musulmane, est le foyer historique du Cachemire et de sa civilisation originale, avec la cité de Srinagar, capitale d'été. La Vallée est célèbre pour ses industries de laine et de soie, ses artisanats de luxe (châles, papier mâché, meubles, tapis, etc.) et le tourisme (stations de Gulmarg, Pahalgam, etc.). Dans les montagnes on pratique l'exploitation forestière et un élevage nomade.

HISTOIRE

Le Cachemire fut jusqu'au XIVe s. un royaume hindou dont l'histoire est exceptionnellement bien connue grâce à des chroniques. Le bouddhisme y fut florissant et le quatrième grand concile bouddhique s'y tint sous Kaniçka. Il fut conquis en 1346 par un aventurier musulman, Chah Mir, qui fonda un sultanat, puis fut annexé à l'Empire moghol par Akbar en 1586 (→ Grands Moghols). En 1757, le Cachemire passa sous la domination afghane puis il fut conquis par Ranjit Singh, fondateur de l'empire des sikhs (1819).

   Les Britanniques le concédèrent en 1846 au roi hindou Gulab Singh, dont les descendants régnèrent sur le pays jusqu'en 1947. À cette date, le Cachemire, dont les musulmans constituaient les trois quarts de la population, fut revendiqué à la fois par le Pakistan et par l'Inde et, à l'exception de sa partie orientale, passa sous le contrôle de l'Union indienne. Une guerre entre les deux pays s'y déroula de 1947 à 1949. L'ONU imposa le cessez-le-feu mais le plébiscite que l'Inde s'engagea à organiser n'eut jamais lieu. Le Cachemire fut l'enjeu d'une seconde guerre indo-pakistanaise (1965) qui se termina par un retour au statu quo ante. Le principal leader musulman du Cachemire fut le cheikh Muhammad Abdullah qui fonda en 1932 la Conférence nationale, parti modéré cachemiri, et qui fut chef du gouvernement de 1975 jusqu'à sa mort, en 1982. Son fils, Farooq Abdullah, lui succéda et inaugura une stratégie d'alliance avec le parti du Congrès. La fin des années 1980 est marquée par le réveil de l'agitation indépendantiste et le regain de violences entre hindous et musulmans, qui font plusieurs milliers de morts.

   Depuis 1990, année de la démission de Farooq Abdullah, le Cachemire est de nouveau sous contrôle direct du gouvernement central. En 1995, les affrontements entre les séparatistes musulmans et l'armée indienne culminent avec l'incendie et la destruction du sanctuaire soufi de Charar-e Sharif, près de Srinagar. En 1996, le gouvernement indien réussit cependant à organiser des élections, à l'issue desquelles la Conférence nationale remporte la majorité des sièges aussi bien au sein de la représentation cachemirie au Lok Sabha, la Chambre du peuple de l'Union indienne, qu'à l'Assemblée législative du Jammu-et-Cachemire (septembre) : Farooq Abdullah dirige à nouveau le gouvernement régional. En mai 1999, des unités de séparatistes musulmans fortement armés et soutenus par le Pakistan entrent dans la zone indienne, franchissant la ligne de contrôle ; l'Inde engage des opérations aéro-terrestres de grande envergure pour les déloger, conférant au conflit l'allure d'une guerre conventionnelle présentant des risques importants d'escalade entre les deux puissances nucléaires déclarées de l'Asie du Sud (guerre de Kargil).

   Malgré une tentative de rapprochement en juillet 2001, un sommet indo-pakistanais s'achève à Agra sans qu'aucun accord n'ait pu être conclu. Après un premier un attentat-suicide contre le Parlement indien à Srinagar (1er octobre) – revendiqué par un mouvement de guérilla islamique –, suivi, le 13 décembre, d'une attaque contre le Parlement indien à New Delhi attribuée à des séparatistes du Cachemire, l'Inde accuse le Pakistan de complicité terroriste.

   À l'issue des élections législatives de l'automne 2002, largement boycottées par l'alliance séparatiste musulmane Hurriyat – qui regroupe une vingtaine de mouvements séparatistes et qui réclame un référendum d'autodétermination sous l'égide de l'ONU –, la Conférence nationale cède la majorité qu'elle détenait depuis 1996 à deux partis pro-indiens, le parti du Congrès et le parti démocratique du Peuple (PDP). Issu de ce dernier, Mufti Muhammad Sayeed succède à Farooq Abdullah. Un accord de cessez-le-feu, signé le 25 novembre 2003 par les deux puissances nucléaires sur leur frontière commune au Cachemire, est prorogé en septembre 2004, et, le 7 avril 2005, une ligne d'autobus, reliant Muzaffarabad (capitale du Cachemire pakistanais) à Srinagar (capitale d'été du Cachemire indien), permet aux Cachemiris et aux ressortissants indiens et pakistanais de franchir la ligne de contrôle.

   Le 8 octobre 2005, un séisme de magnitude 7,6 frappe la région montagneuse du Cachemire dans le Nord-Est du Pakistan, faisant plus de 87 000 victimes et 3,5 millions de sans-abri : face à l'ampleur de la catastrophe et à la difficulté de l'organisation des secours, le Pakistan accepte l'aide proposée par l'Inde.

   Aux élections de novembre-décembre 2008, marquées par une participation de plus de 60 % des électeurs malgré les consignes de boycott des séparatistes, la Conférence nationale (28 sièges sur 87) retrouve le pouvoir sous la direction d'Omar Abdullah à la tête d'un gouvernement de coalition avec le parti du Congrès (17 sièges).

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