Journal de l'année Édition 1987 1987Éd. 1987

Mouche : Reyes (Cuba) b. Griman (Vz), aux pts.

Coq : Moon Sung-Kil (CS) b. Breitbarth (RDA), aux pts.

Plume : Banks (USA) b. Sollet (Cuba), aux pts.

Légers : Horta (Cuba) b. Pedroza (Vz), aux pts.

Super-légers : Shishov (URSS) b. Grant (Can.), aux pts.

Welters : Gould (USA) b. Duvergel (Cuba), aux pts.

Super-Welters : Espinosa (Cuba) b. Richter (RDA), aux pts.

Moyens : Allen (USA) b. Maske (RDA), aux pts.

Mi-lourds : Romero (Cuba) b. Ross (USA), aux pts.

Lourds : Savon (Cuba) b. Van Der Lÿde (PB), aux pts.

Super-Lourds : Stevenson (Cuba) b. Garcia (USA), par arrêt de l'arbitre (2e round).

Cyclisme

Lemond-Hinault : un duel à couteaux tirés

Sur l'ensemble de la saison, l'Irlandais Sean Kelly se révèle le plus constant. À son tableau de chasse, figurent trois classiques (Milan-San Remo, Paris-Roubaix, Grand Prix des Nations). Cette moisson lui vaut de terminer en tête du trophée Super-Prestige, officieux championnat du monde par points, et de finir en tête au classement Vélo des professionnels. Ses deux principaux rivaux ont été le vainqueur du Tour des Flandres, le Néerlandais Van der Poel, et l'Italien Moreno Argentin, champion du monde sur route à Colorado Springs et premier de la célèbre course belge Liège-Bastogne-Liège. Se sont mis également en évidence Charly Mottet, souvent placé mais rarement victorieux, Jean-François Bernard, le successeur probable d'Hinault, le Breton Ronan Pensée surprenant sixième du Tour de France et l'Américain Andrew Hampsten, sans doute bientôt au niveau de son compatriote Greg Lemond. Quant à Laurent Fignon, encore mal remis de son opération aux tendons de la cheville, il alterne les bons résultats (1er de la Flèche wallonne) et les contre-performances (abandon dans le Tour de France).

Tour de France

La mondialisation du cyclisme était en route depuis quelques années déjà, mais nul doute que la victoire de Greg Lemond, premier coureur d'outre-Atlantique à vaincre dans le Tour de France, sera un fabuleux tremplin pour son développement futur. On ne saurait cependant parler de surprise. La valeur de l'Américain était reconnue par tous : il avait auparavant remporté le Tour de l'Avenir, le championnat du monde, indépendamment de sa deuxième place sur les Champs-Élysées la saison passée, derrière Bernard Hinault qui lui avait alors promis le maillot jaune pour 1986. L'ambiguïté de la rivalité fratricide entre les deux champions de la Vie claire contribua à l'attrait de l'épreuve et fit de cette soixante-treizième édition l'une des plus passionnantes de l'après-guerre. En dépit de sa jeunesse – il n'a que 25 ans –, Lemond surmonta les difficultés d'une course rendue extrêmement difficile par la volonté d'Hinault de pallier ses limites en haute montagne par un départ très rapide. Et, même s'il le dut à sa parfaite régularité, son succès ne fut pas dépourvu d'un certain panache. On se souviendra de sa victoire pyrénéenne à Superbagnères, et de sa chute malencontreuse dans le contre-la-montre à Saint-Étienne qui lui coûta certainement la plus haute marche du podium. De surcroît, il sut résister à la terrible pression psychologique qu'exerçait sur lui Hinault, désireux alors d'entamer ses ressources morales et nerveuses. Quoi qu'il en soit, Lemond et Hinault ont tous les deux gagné, l'un la Grande Boucle, l'autre une immense popularité.

Records de l'heure

S'appuyant sur une logistique technique et médicale d'avant-garde, l'Italien Francesco Moser améliore, au Vigorelli de Milan, son propre record du monde au niveau de la mer. En l'occurrence, il parcourt 49,801 km, performance exceptionnelle qui dépasse de 36 mètres celle réalisée en altitude par Eddy Merckx, à Mexico, il y a quatorze ans.

De son côté, Jeannie Longo, déjà championne du monde sur route et de poursuite à Colorado Springs, couvre 44,770 km, soit 1,688 km de mieux que l'ancien record détenu depuis 1972 par la néerlandaise Cornelia Van Oosten.

Adieu Blaireau

« Tout a une un, j'arrêterai à 32 ans », a souvent répété Bernard Hinault au cours de ces derniers mois. « J'ai tout donné au cyclisme et il m'a tout apporté. Dans la victoire comme dans la défaite, j'ai vécu des moments inoubliables. Maintenant, il est temps de tourner la page, de vivre près des miens. Je ne veux pas finir par la saison de trop ! » Ces propos, le champion breton les a de nouveau tenus le 9 novembre devant les caméras de la télévision et les 20 000 spectateurs qui s'étaient retrouvés à Quessoy pour lui rendre hommage à l'occasion de sa dernière course, un cycle cross. Une manière de quitter la scène en pédalant sur les routes de son pays, là où il effectua son apprentissage de coureur, au début des années 1970.