Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
A

articulation (suite)

 R. Watson-Jones, Fractures and Joint Injuries (Londres, 1952 ; trad. fr. Fractures et lésions articulaires traumatiques (Delachaux et Niestlé, Neuchâtel, 1957). / S. de Sèze, A. Ryckewaert et M. Maître, l’Épaule en pratique rhumatologique (Masson, 1959). / J. A. Key et H. Earle Conwell, Management of Fractures, Dislocations and Sprains (Saint Louis, 1961). / H. von Rigst, Luxations Manuel. Spezielle Frakturen und Luxationslehre. Ein kurzes Handbuch in fünf Bänden (Stuttgart, 1964). / A. Ryckervaert, Os et articulations (Flammarion, 1971).

artifices

Objets renfermant une ou plusieurs compositions pyrotechniques, avec éventuellement une petite quantité d’explosif propulsif ou d’explosif détonant, dont la mise en œuvre produit un effet déterminé : sonore, lumineux, mécanique, thermique, chimique, etc.


Pendant longtemps, les artifices furent utilisés à des fins militaires ou pour des divertissements ; au xixe s. apparurent des artifices à emplois agricoles et industriels qui, depuis, se sont considérablement développés.


Artifices de réjouissances

Les pétards sont constitués par un étui en carton, rétreint à ses extrémités, dont l’une est pourvue d’une mèche pour l’allumage, et chargé avec de la poudre noire qui explose dès qu’elle est atteinte par la flamme ; le bruit sec qui se produit alors est dû à l’onde de choc lancée dans l’air par les gaz sous pression, issus de la poudre.

Les serpenteaux, analogues aux pétards, produisent un sifflement plus ou moins prolongé, parce que la poudre qu’ils renferment est moins vive que celle des pétards, et est moins confinée dans son enveloppe.

Les feux de Bengale se consument avec une flamme blanche ou colorée.

Les chandelles romaines sont des tubes garnis de poudre et de petits agglomérats de composition pyrotechnique appelés étoiles, qui sont projetés successivement au cours du fonctionnement de l’artifice.

Les cierges merveilleux sont constitués par une tige métallique enduite d’une composition facile à enflammer et dont la combustion projette des gerbes d’étincelles blanches.

Les lances sont des tubes en carton ou en bois remplis d’une composition pyrotechnique, et qui servent à constituer des artifices mobiles, tels que les pastilles, les soleils et les girandoles, ou des décors, sortes de grands dessins représentant un sujet donné.

Les fusées d’artifices, ou fusées volantes, sont des engins tubulaires autopropulsés par une charge de poudre comprimée ; leur partie supérieure, ou chapiteau, renferme une charge d’éclatement qui disperse soit des étoiles, soit d’autres petits artifices retombant en pluie ; les retards dans l’allumage des artifices secondaires sont obtenus au moyen de conduits spéciaux appelés espolettes ; pour assurer la régularité de la trajectoire, les fusées sont pourvues à l’arrière d’une baguette.

Les artifices de théâtre servent à imiter, sur la scène, l’éclair, le tonnerre ou les éruptions volcaniques.

Une famille d’artificiers : les Ruggieri

Les cinq frères Ruggieri : Pietro, Francesco, Antonio, Petronio, Gaetano, naquirent à Bologne au début du xviiie s. Élèves d’un des artificiers qui exerçait son art en Italie, ils vinrent à Paris en 1730. S’étant rendus célèbres, ils furent chargés par Louis XV, en 1739, d’organiser des divertissements pour « son bon peuple ». Petronio prit en main la direction de cette entreprise et imagina de monter dans les jardins de Tivoli des spectacles inspirés de la comédie italienne, avec opéra et ballets, se terminant la nuit tombée par un petit feu d’artifice. En 1766, Louis XV fit don aux frères Ruggieri du château des Porcherons, situé dans le quartier Saint-Georges, où se déroulaient des spectacles de haute qualité réservés à la noblesse et à la bourgeoisie.

Gaetano Ruggieri, qui avait quitté Paris pour Londres, fut artificier du roi George II et devint célèbre par le grand feu d’artifice tiré, en 1749, dans le parc de Saint James, au cours duquel une scène représentait l’embrasement d’un « grand palais classique » dessiné par Servandoni, tandis qu’un orchestre jouait la Fireworks Music composée par Händel.

Petronio, auquel Louis XV décerna des lettres de grande naturalisation et le titre de gentilhomme de la Chambre, mourut en 1794. Il eut quatre filles et deux fils : Michel, mort en 1849, et Claude, mort en 1841, qui furent tous deux artificiers de Napoléon Ier et de Louis XVIII ; Michel laissa un fils, François (1796-1862), qui fut artificier du vice-roi d’Égypte (1856). Le fils de Claude, Désiré-Eugène (1817-1885), fut artificier de Napoléon III et membre de la Commission scientifique de la Défense nationale. Il dirigea la manufacture qui porte son nom.

Constitution d’un feu d’artifice

Depuis le xvie s., il a été d’usage de tirer des artifices au cours des grandes fêtes ; un feu d’artifice classique commence par des tirs d’artifice sonores, qui forment l’annonce, continue par divers coups de feu avec des bombes d’artifice et des fusées, entrecoupés d’intermèdes divers ; à la fin, après un ou plusieurs bouquets, c’est-à-dire des tirs simultanés d’assez nombreuses bombes, on procède à l’embrasement d’un grand décor.


Artifices de signalisation

Ils produisent un effet lumineux ou un effet sonore.

Les torches de signalisation brûlent pendant une durée qui peut atteindre dix minutes, avec une flamme généralement rouge.

Les fusées de signaux sont la combinaison avec une fusée d’un engin analogue comportant une espolette qui allume le signal quand la fusée a atteint son point culminant ; certains signaux lancés par fusée sont ensuite largués, suspendus à un parachute.

Les feux Coston, employés par la Marine, transmettent un message simple selon un code approprié, en faisant brûler successivement deux ou trois feux colorés dans un ordre déterminé.

Les cartouches Very, tirées en l’air avec un pistolet spécial, brûlent dans la partie haute de leur trajectoire en émettant une traînée de fumée colorée (rousse, bleue, violette, etc.).

Les pétards pour signal d’arrêt des chemins de fer, toujours placés par deux à un certain intervalle, sont simplement posés sur le rail et émettent un bruit fort quand les roues d’un véhicule les écrasent.