schème
Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la philosophie ».
Du latin schema, « esquisse ».
Philosophie Générale
Procédé ou moyen par lequel un concept pur devient effectif par subsomption d'une intuition.
Concepts et intuitions sont, par nature, hétérogènes. Les premiers sont des formes pures de l'entendement. Les secondes sont formées par l'activité de représentation et demeurent strictement adossées à l'expérience sensible dont elles procèdent. Comment, dès lors, est-il possible de juger, c'est-à-dire de faire en sorte qu'à chaque intuition corresponde bien un concept ? Cette opération se fait sans règle et n'est pas exempte d'erreur. Son mécanisme consiste dans la mise en rapport de l'entendement et de la sensibilité, dans un schème qui est comme un produit de l'imagination, n'est ni une pure image ni un pur concept. Un schème esquisse pour le sens interne la signification conceptuelle de ce qui fait actuellement impression sur nos sens. Chaque catégorie se voit associée à un schème, ce que l'on peut énoncer ainsi, en synthétisant les termes employés par Kant :
– le schème de la quantité (comme concept d'entendement) est le nombre.
– le schème pur de la réalité est sensation et renvoie à ce dont le concept implique une existence dans le temps.
– le schème de la substance est la permanence du réel dans le temps.
– le schème de la cause est la succession réglée.
– le schème de la communauté est la simultanéité réglée.
– le schème de la possibilité est l'accord de la synthèse des représentations avec les conditions du temps.
– le schème de la nécessité est l'existence en tous temps(1).
C'est donc bien dans et par le temps que se produit le concept sensible quasi indéfinissable qu'est le schème.
Fabien Chareix
Notes bibliographiques
- 1 ↑ Kant, E., Critique de la raison pure, Trad. Tremesaygues et Pacaud, PUF, Paris, 1968, Livre II « Analytique des principes », ch. I.
