migraine

Scanner du cerveau
Scanner du cerveau

Cet article est extrait de l'ouvrage « Larousse Médical ».

Maladie caractérisée par des accès répétitifs de maux de tête.

Causes

La migraine, très fréquente, est de cause inconnue. Elle toucherait 20 % de la population, soit 11 millions de personnes en France, 3 à 4 fois plus souvent les femmes que les hommes. Les douleurs sont probablement provoquées par une dilatation des artères cérébrales et une réaction inflammatoire des vaisseaux et des méninges du cerveau ; en outre, il existe certainement un facteur héréditaire, car on observe souvent plusieurs cas de migraine dans une même famille. En 2011, cette piste a été confirmée par une équipe de l'Inserm qui a identifié trois gènes (TRPM8, LRP1 et PRDM16) liés à un risque accru de migraine. Par ailleurs, certains cas de migraine sont imputables à une maladie héréditaire rare, la migraine hémiplégique familiale ; le gène déficient a été localisé sur le chromosome 19. Enfin, les crises sont déclenchées par différents facteurs, mais souvent le même chez un malade donné : stress ou détente physique, aliment particulier ou jeûne, manque ou excès de sommeil, bruit ou odeur, proximité des règles chez la femme. La grossesse et la prise de la pilule contraceptive peuvent augmenter ou diminuer la fréquence des crises selon les femmes, de même que certaines périodes de la vie hormonale (puberté, ménopause).

Sans qu'aucun phénomène d'allergie ait pu être mis en cause, la consommation de certains aliments peut provoquer des crises de migraine. Il s'agit en particulier de l'alcool, du chocolat, des graisses cuites, des agrumes et de différents fromages. Sont également incriminées certaines habitudes alimentaires entraînant une hypoglycémie (baisse du taux de glucose dans le sang), telles que le jeûne, le fait de sauter des repas ou de prendre ceux-ci irrégulièrement.

Symptômes et signes

Une migraine peut prendre plusieurs aspects.

La migraine dite sans aura, la plus fréquente, comprend des crises de maux de tête qui s'installent progressivement, durent plusieurs heures, voire plusieurs jours, s'étendent à la moitié droite ou gauche du crâne (hémicrânie), au moins au début de la crise, et sont le plus souvent ressenties comme des pulsations. D'autres signes s'y associent : troubles digestifs (nausées, parfois vomissements), intolérance à la lumière (photophobie), intolérance au bruit, exacerbation des maux de tête lors d'un effort physique.

La migraine avec aura est une autre forme de migraine, dans laquelle les maux de tête sont précédés de signes neurologiques et/ou visuels : scotome scintillant (points lumineux, perceptibles d'abord au centre du champ visuel puis jusqu'à sa périphérie) ; hémianopsie latérale homonyme (impossibilité pour les deux yeux de voir à droite ou à gauche), ou de troubles neurologiques sévères : troubles du langage (aphasie, dysarthrie), vertiges, sensation diffuse de fourmillements , exceptionnellement hémiplégie.

Le diagnostic d'une migraine est purement clinique, mais la réalisation d'un scanner de la tête ou d'une imagerie par résonance magnétique (I.R.M.) est parfois nécessaire dans certaines migraines avec aura.

Les autres formes de migraine. Plus rares et moins typiques, elles peuvent nécessiter la prescription d'examens complémentaires, en particulier d'un scanner, pour que le diagnostic soit posé. Il s'agit, par exemple, de crises de migraine précédées d'auras atypiques ; d'une migraine s'associant à la paralysie d'un côté du corps (migraine hémiplégique familiale, forme dont l'origine génétique a pu être déterminée, et localisée sur le chromosome 19) ; ou encore d'une migraine associée à la paralysie d'un nerf des muscles de l'œil, ou migraine ophtalmoplégique.

La migraine chez l'enfant. 5 % des enfants sont concernés, les garçons autant que les filles. Leurs crises sont souvent plus courtes que celles des adultes, avec des maux de tête localisés au front et des troubles digestifs prédominants. Les auras visuelles prennent parfois une forme fantastique : inversion, morcellement, grossissement ou éloignement des choses vues, visions fantasmagoriques. Le plus souvent, la crise se termine par un sommeil réparateur. Chez certains enfants, des douleurs abdominales récidivantes, des vomissements, des vertiges, survenant par crises, constitueraient des formes particulières de migraine. Des examens appropriés sont, dans ce cas, nécessaires pour éliminer les autres causes possibles de ces troubles.

À ne pas confondre. Certains maux de tête, heureusement peu fréquents, ne doivent pas être confondus avec une migraine ; constituant un signal d'alarme, ils imposent une consultation médicale d'urgence : un mal de tête soudain, « comme quelque chose qui éclate dans la tête », traduit dans certains cas une hémorragie des méninges ; un mal de tête qui s'aggrave de jour en jour peut faire craindre une méningite, un abcès ou une tumeur du cerveau. Enfin, un mal de tête récent et inhabituel chez une personne de plus de 60 ans peut révéler une maladie inflammatoire des artères, appelée maladie de Horton, qui peut entraîner une cécité si un traitement rapide n'est pas mis en route.

Traitement

Il comprend deux volets, le traitement de la crise et le traitement de fond.

Le traitement de la crise doit être entrepris le plus tôt possible afin d'avoir une meilleure efficacité. Si les analgésiques usuels ne suffisent pas (aspirine, paracétamol, anti-inflammatoires), on emploie des dérivés de l'ergot de seigle tels que le tartrate d'ergotamine (incompatibles avec les antibiotiques du groupe des macrolides et contre-indiqués lors d'une grossesse). En cas d'échec des autres traitements, les triptans, dont le sumatriptan (le premier à avoir été utilisé), sont souvent efficaces.

Le traitement de fond est pris tous les jours afin de diminuer la fréquence des crises. Il n'est indiqué qu'en cas de crises fréquentes (plusieurs par mois) et/ou invalidantes. On utilise principalement les dérivés de l'ergot de seigle, les antisérotonines, les bêtabloquants, les inhibiteurs des canaux calciques , les antidépresseurs. En général, chez un patient donné, on trouve le médicament qui convient après en avoir essayé successivement plusieurs autres. On ne peut conclure à l'inefficacité de tel ou tel produit avant un délai d'au moins trois mois.

(Voir aussi antimigraineux)

Quelques gestes simples. L'état du migraineux s'améliore souvent grâce à une simple pression de la tempe du côté douloureux, ou par l'application sur la tête de compresses glacées ou bouillantes. Autres remèdes simples, le port de verres teintés, le fait de boire du café fort ou d'avaler un morceau de sucre. Par ailleurs, se coucher à l'abri du bruit et de la lumière soulage souvent le migraineux. Pour certaines migraines spécifiques, il existe un traitement particulier. C'est le cas des migraines ne survenant qu'au moment des règles, que l'on peut prévenir par application d'un gel d'œstrogène.

Reconnaître une migraine

Reconnaître une migraine



Une personne souffrant de maux de tête à répétition peut déterminer si elle est ou non atteinte de migraine en répondant à quelques questions qui se réfèrent à la classification établie par la Société internationale des céphalées. Première question : les maux de tête surviennent-ils par crises, qui durent de 4 à 72 heures, et entre lesquelles le malade ne souffre pas ? Si la réponse est non, le patient devra chercher ailleurs que dans la migraine la cause de ses maux de tête. Deuxième série de questions : pendant les crises, le mal de tête siège-t-il exclusivement d'un côté, ou y prédomine-t-il ? La douleur bat-elle au rythme du cœur ? Est-elle sévère au point d'entraver les activités quotidiennes ? Est-elle aggravée par l'effort physique ? Troisième série de questions : pendant les crises, le malade est-il nauséeux ? Vomit-il ? Le bruit et la lumière lui sont-ils pénibles ? Un patient est atteint de migraine commune (migraine sans aura) s'il a répondu par l'affirmative à au moins deux des quatre questions de la deuxième série et à au moins une question de la troisième série.

Scanner du cerveau
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