Bulgarie : population

Sofia, cathédrale Alexandre-Nevski
Sofia, cathédrale Alexandre-Nevski

  • Population : 6 975 761 hab. (estimation pour 2019)

La Bulgarie a une densité moyenne relativement peu élevée (65 habitants par km2), et sa population s'est accrue de 20 % seulement depuis 1945. Aujourd'hui, la population de la Bulgarie a commencé à décroître. Ce manque de dynamisme démographique a une double cause. D'une part, l'accroissement naturel s'est trouvé considérablement ralenti, à partir des années 1960, par la baisse du taux de natalité (qui s'établit, aujourd'hui, autour de 8,7 ‰) au point de devenir négatif depuis 1990 (avec un taux estimé à − 0,6 % par an en 2007). D'autre part, l'émigration par vagues de la minorité turque, compensée jusque dans les années 1930 par l'arrivée de réfugiés bulgares de Grèce et de Macédoine, explique un déficit migratoire important dans les années 1980 et 1990.

La Bulgarie, qui comptait près de 30 % de Turcs au xixe s., est devenue plus homogène puisque 86 % de ses habitants étaient Bulgares en 1992. La minorité turque ne représente plus que 10 % de la population depuis les années 1940, son accroissement naturel étant annihilé par des vagues de migration successives. En dehors de cette importante minorité de confession musulmane (800 000 personnes), la Bulgarie compte également une minorité tsigane (entre 300 000 et 400 000 personnes, dont 60 % d'orthodoxes et 40 % de musulmans) et des petites communautés arménienne, russe et gagaouze (turcophones orthodoxes). Quant aux Pomaks (entre 150 000 et 200 000 individus), bulgarophones de confession musulmane, ils vivent dans le Rhodope et se déclarent parfois comme Turcs, parfois comme Bulgares.

Si les villes sont presque exclusivement bulgares (avec, toutefois, quelques quartiers tsiganes), certaines régions rurales sont peuplées en majorité de Turcs (Dobroudja, Rhodope oriental) ou de Pomaks (Rhodope occidental). Ces minorités ont un taux d'accroissement naturel nettement plus élevé que la population bulgare, ce qui explique que leurs régions de peuplement soient les seules régions rurales à connaître une croissance naturelle positive, tandis que les zones de peuplement bulgare – l'ouest de la plaine danubienne notamment – subissent un très net déclin démographique.

La population se concentre dans des bassins intérieurs (Sofia) et des plaines (partie méridionale de la vallée du Danube et vallée de la Marica), séparées par le mont Balkan.

Alors que la population urbaine ne constituait que 25 % de la population totale en 1945, elle en représentait 69 % en 1998. Cette urbanisation rapide a bénéficié à la capitale, Sofia, à Plovdiv, aux ports de Varna et de Burgas, et, plus généralement, aux régions les plus développées, à savoir le littoral de la mer Noire et la vallée de la Marica. Des villes nouvelles ont été créées pendant la période communiste autour de certains centres miniers (Pernik) ou de combinats industriels (Dimitrovgrad, Kremikovci), qui souffrent aujourd'hui des restructurations entraînées par les réformes économiques. La forte urbanisation de la Bulgarie se reflète dans le niveau de qualification de la population (94 % des habitants avaient fait des études secondaires et 40 % des études supérieures en 2000). Les Turcs et les Pomaks, peu scolarisés, vivent avant tout de l'agriculture, et les Tsiganes occupent les emplois les moins qualifiés, délaissés par les Bulgares.

Pour en savoir plus, voir les articles Géographie physique de la Bulgarie et Activités économiques de la Bulgarie.

Sofia, cathédrale Alexandre-Nevski
Sofia, cathédrale Alexandre-Nevski