Journal de l'année Édition 1971 1971Éd. 1971

Sports

Évolution durant les 10 dernières années

En examinant l'évolution du nombre de licenciés dans chaque discipline, durant la dernière décennie, peut-on conclure que les Français (et les Françaises) deviennent plus sportifs ?

Les progressions enregistrées ne sont certes pas négligeables ; elles accusent une tendance en faveur des activités de loisirs (ski, équitation, yachting, patinage et même judo), elles sont plus modestes pour les sports de compétition, surtout si on les rapporte à la progression démographique.

Un ralentissement est sensible pour certains sports populaires, épreuves de violence ou de souffrance (boxe, cyclisme, poids et haltères), ce qui s'explique dans le contexte social actuel.

La progression d'ensemble est-elle suffisante pour faire face à l'avenir ?

La pratique du sport n'a pas été en France assez encouragée ni facilitée ; elle est, en fait, freinée, car au cours des dix dernières années, même les réalisations des lois-programmes n'ont comblé qu'en partie notre retard en équipements sportifs.

L'adoption du tiers temps pédagogique et sportif, d'autre part, ouvre certes des perspectives, mais crée de nouveaux besoins.

Le sport devient une nécessité non seulement pour réaliser des performances, mais simplement pour aborder la vie courante en bonne condition physique.

Le professeur Anatoli Korobkov, directeur de l'Institut d'éducation physique de Moscou, dans un essai futuriste récent, démontrait en substance que l'insuffisance d'activités physiques, qu'on peut appeler le mal du siècle, car elle mène à de graves désordres dans l'organisme, risque de prendre dans les trente prochaines années des proportions considérables. Et il prédit pour l'an 2000 : « Le sport constitue l'unique moyen prophylactique sûr pour lutter contre ce mal. Il deviendra donc une nécessité aussi naturelle que, par exemple, le sommeil ».

Le directeur de l'UNESCO, René Maheu, en présence des présidents de Fédérations sportives, a lancé un appel dans le même sens : « Dans les pays industrialisés, le sport apparaît comme un antidote aux dangereuses ruptures d'équilibre qu'entraîne, en bien des cas, le progrès rapide et désordonné de la technologie. Rien de plus superficiel à cet égard que de ramener le rôle social du sport à la simple occupation des loisirs. Sa fonction éducative et culturelle est autrement large et profonde. C'est dans le cadre de l'éducation permanente qu'il faut la concevoir et son instauration est la plus grande tâche de notre époque. »

La France ne paraît pas s'être bien préparée à cette grande tâche. Elle s'intéresse sans doute plus aux événements sportifs qu'à la pratique des sports.

À l'approche des jeux Olympiques de Munich, on peut formuler certaines inquiétudes. Il apparaît notamment que, dans la politique actuelle, le sport en tant qu'élément de prestige national n'est plus un sujet de préoccupation comme il le fut vers 1961, quand on l'imposa parmi les options prioritaires de la politique gouvernementale.

Athlétisme

Championnats de France (Colombes, 14-16 juillet 1970)

Hommes

100 mètre : 1. Sarteur 10″ 3 ; 2. Fenouil 10″ 4 ; 3. Metz 10″ 5.

200 mètre : 1. Fenouil 20″ 6 ; 2. Nallet 20″ 6 ; 3. Bourne 21″ 1.

400 mètres : 1. Nallet 45″ 1 ; 2. Carette 45″ 9 ; 3. Bertould 46″.

800 mètres : 1. Sibon 1′ 48″ 2 ; 2. Danic 1′ 48″ 6 ; 3. Lurot 1′ 48″ 6.

1 500 mètres : 1. Wadoux 3′ 38″ ; 2. Blondel 3′ 41″ 5 ; 3. Leborgne 3′ 42″ 1.

5 000 mètres : 1. Jourdan 13′ 44″ 6 ; 2. Tijou 13′ 45″ 8 ; 3. Le Vaillant 13′ 46″ 6.

110 mètres haies : 1. Drut 13″ 6 ; 2. Schoebel 14″ ; 3. Brillant 14″.

400 mètres haies : 1. Montgermont 50″ 9 ; 2. Le Bolc'h 51″ ; 3. Pollet-Villard 51″ 5.

3 000 mètres steeple : 1. Villain 8′ 36″ 8 ; 2. Texereau 8′ 43″ ; 3. Martin 8′ 44″.

Hauteur : 1. Jeanneret 2,06 m ; 2. Lamy 2,06 m ; 3. Elliott 2,03 m.